‹ Le calumet, poèmesChapitre 16 sur 47 · OMBRES · texte numérisé non relu

OMBRES

Gardienne des pâtis qu'abrégèrent nos rêves, Avec ta gorge ouverte ou saigne mon baiser, \'iens étouffer mes cris si je me suis grisé De ces vins oubliés que le mendiant achève.

Sainte ! je t'ai trop vue en divers appareils Consacrer ma douleur sans entr'ouvrir les lèvres Et je n'attends de toi pour expliquer mes fièvres Que tes rouges valets sonnant de noirs réveils.

Nourrice de mon verbe, ô Maîtresse, ù Servante, Rends à sa destinée un monde virginal Qu'enchante le remords d'une ivresse écumantc !

Mais tu fuis ayant i^eur de notre nuit, fanal, Et voici que la garce au rire qui tenaille Roule, la pipe au bec, l'ombre d'une futaille.

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