LE FORÇAT
C'est dans un blanc pays baigné d'un sel d'azur, Le forçat dévorant en cachette un fruit rouge Sourit au caïman invisible qui bouge Parmi les lys marins et les lichens impurs.
Moisson de pavots noirs la sainte Délivrance Fleurit sa chaîne et le calice des poings creux De l'obstiné foulant l'herbe livide où danse Un insecte blessé parodiant son vœu.
Mais voici, précédé de galériens sans lèvres,
Un prince adolescent jouant du parasol
Sur un char de poussière et sur un lit de lièvre.
Heureux, candide, il saute et, fléchissant le col, Baise, tremblant d'amour, la main où git le crime Au bois proche des paons volent de cime en cime