‹ Le calumet, poèmesChapitre 4 sur 47 · LE VIEUX PATRE · texte numérisé non relu

LE VIEUX PATRE

A Vincent Muselli.

Ils ont vendu la laine et dévoré la viande, Rends ta flûte, ce peuple est triste et méditant, Ce n'est pas d'un pipeau que sa peine est friande, Toi-même que sais-tu des clairs refrains d'antan ?

Où t'en vas-tu, berger chassé de ta cabane,

Avec tes gestes fous dans ton manteau percé

Dont les longs pans jetés aux vents durs accompagnent

Ton bâton inscrivant des signes insensés ?

Sur l'écran d'un azur plus morne que la glace Qui ne réfléchit plus les rêves d'autrefois, Déjà la nuit sournoise et douloureuse efïace Le symbole vengeur que te dictait la foi.

Pour abriter ton âme avec ta chair frileuse

Il te reste l'exil et les bois frissonnants

Où le loup, tourmenteur des bergeries heureuses,

Jaloux de ta caresse inhumaine t'attend.

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