‹ Le calumet, poèmesChapitre 7 sur 47 · FRATERNITE · texte numérisé non relu

FRATERNITE

G'fist une rare fortune, mais de soulafjement inestinia'ble, d'avoir un honneste hommi', d'entendement ferme et de mœurs conformes aux vostres qui aime à vous suivre.

Montaigne (Livre III. Ghap. IX).

Nous rentrions très tard, mêlant Des vers purs à des chants obscènes Et l'on s'asseyait sur un banc Pour regarder rêver la Seine.

Sur Teau rien ne vivait encor ; Ainsi qu'une ouvrière lasse Pressant sur son' flanc ses fils morts, La Seine dormait dans sa crasse.

Nos cœurs d'ivrognes s'emplissaient

D'une bienfaisante latrie

Si le soleil levant dorait

Les marronniers des Tuileries.

Pour mieux évoquer d'anciens soirs^, Le plâtre et le vin des tavernes Egayaient nos vieux habits noirs Et nos plastrons d'hommes modernes.

Alors, ayant honte, vraiment, De nous connaître aussi lyriques, Nous offrions un coup de blanc Au balayeur mélancolique.

Vaine ruse ! et l'on découvrait Dans le balayeur un poète, Si bien que les verres tremblaient Sur le comptoir, autel de fête !

Et pour que le soir sans égal Fut perpétué, un pandore En dressait le procès-verbal Parsemé d'attendus sonores. "

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