‹ Le calumet, poèmesChapitre 8 sur 47 · L'AUBE RUE SAINT-VINCENT · texte numérisé non relu

L'AUBE RUE SAINT-VINCENT

L'homme matériel aspirait au bouquet de roses qui devait le régénérer par les mains de la belle Isis, la déesse éternellement jeune et pure nous apparaissait dans les nuits et nous faisait honte de nos heures de jour perdues.

Gérard de Nerval.

Le jour doré s'accroche à l'aile D'un moulin qui ne tourne plus Et l'on sent bouillonner le zèle De Paris, moi je suis perclus.

Voici, beautés d'apothéose,

Merveilles du soleil levant,

Traînés par une jument rose

Des choux bleus et des coucous blancs.

La fontaine laborieuse Redit, inutile leçon, Une chanson d'esclave heureuse Au ruisseau libre et vagabond.

On ouvre et l'on ferme des portes Et des mains lèvent des miroirs Lourds de lumière, que m'importe Si je suis parfumé de soir ?

La lune a bu toutes mes larmes ; Partageant mon vin, des filous M'ont laissé caresser leurs armes ; Ma nuit fut belle. Couchons-nous.

5 heures du matiu. Moulmarlre 1908.

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