‹ Le calumet, poèmesChapitre 9 sur 47 · LE NOCTURNE BIENFAIT · texte numérisé non relu

LE NOCTURNE BIENFAIT

Dans le cadre d'une fenêtre Resplendit la lune de mai Sur un nuage de salpêtre, Rose d'azur faux qui promet

Des songes plus beaux qu'un poème D'Omar-Kayham ou de Saadi, Flambeau plus pur que le jour-même, Nocturne azur d'ambre attiédi.

Je suis nu, seul et sans lumière, Aucune femme ne viendra Joindre une fureur étrang>ère A ma paresse, hors des draps.

Le souffle embrasé de la ville N'est plus que le parfum trop lourd D'une kermesse dont s'exilent Des spectres en habits de cour.

Est-ce l'oiseau des nuits persanes Oui chante ou bien le violon A demi brisé d'un tzigane > L'air se meurt ou renait selon

Que mon cœur se gonfle ou s'allège.

Le chant, la rose et mon amour Tout n'est qu'un même sortilège Qui doit finir avec le jour.

Puisse ce soir emplir ma vie Et racheter d'affreux matins En soûlant mon âme ravie De l'orgueil d'un dieu clandestin,

Mes compagnons les plus fidèles l'euvent crier sous mon balcon, Leurs voix mêlées en vain m'appellent, A peine sais-je encor mon nom !

Et sur la mer du clair de lune Mes remords s'envolent joyeux, Comme les voiles de fortune D'un bâtiment miraculeux.

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