DINER SE FÊTE
lèrres et les yeox animés : — Faites donc taire ces crapauds-là!
Et Balbine, appelant les eniants, levir Eut goâter les sauces, pendant que le grand-pôre provoque des galopades dans la cliambre.
Quand le relieur arrÎTa, le dernier, la soupe filmait sur la table. Balbine avait allumé la lampe; la conversation tomba. Schweizer ruminait une demande qui l'embarrassait dans sa forme. Louis, encore secoué par une scène de ménage, mangeait du bout des dents, digérant mal. Et les deux, jeunes femmes, d'un bout à l'autre de la table, s'envoyaient des banalités, des remarques bètes sur des amis communs, sur les toilettes de telle et telle.
Le père Gervais causait, lui. U racontait des choses. Il avait lu ce fait dans le journal, et cette nouvelle qui l'étonnait. Etait-ce vrai? On parlait d'un nouveau crime. Et ce crime lui rappelait vingt causes célèbres. Il avait vil Trôppmann, en allant livrer une commande, quand il était dans les affaires. Il avait bien une tête d'assassin, ce Troppmann !
Les deux hommes écoutaient, muets, ennuyés. Alors, le bonhonmie parla politique.
Girardin dînait souvent dans la maison que lui, Oervus, habitait. Puis sans raison, à kavers mille coq-&-r&ne, il donna son opinion sur
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les tram vays à vapeur. Da coup, Balbîoe l'approuva. On avait bien fait do supprimer ces machines-là. £Ule n'osait plus sortir. Et lliistoire des vieilles femmes et des petits enfants renversés revenait fatalement. Glaire et Simonne monosyllabaient des approbations, mais ces fables de commère leur mettaient du plomb dans la tète, du sable dans les yeux.
Au dessert, Fritz et Louis allumèrent des cigares, les trois femmes entourèrent les enfents, parlant pour parler, pour vaincre une lourdeur de somme qui se manifestait par des Kooiteurs aux pommettes et des picotements à la racine des cils.
Pendant que Scbweizer, préoccupé, fumait gravement, Louis, assis, les jambes croisées en tacd de son père, racontait d'étemelles histoires de bureau. Et c'était une kyrielle de lieux communs, débités d'une voix molle avec cette amertume mouillée des pauvres employés s'apitoyant sur leur sort de nègres.
Lcuis afiectionnait ce sujet, le traitait sans cesse, lui donnant l'appui de sa parole râlante de poitrinaire, de ses bras veuîes qui menaçaient de foutre des leçons aux che&. Ce fiévreux, sans initiative, cette poire molle, disait Schwëizer, pétrie par sa femme, ce malingre qui se faisait petit et se secouait sous
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les scènes comme na chien mouillé, parlait de t'indépendance qu'il s'était créée dans les bureaux où ses collègues étaient menés au doigt et à l'œil. Ses colères grondaient, le ramenaient & des rages froides d'impuissant oontre ceux qui pelotaient les chefe, quôtant des augmentations, aumônant des indemnités !
Un tas de lèclie-pieds et de jésuites ! Des expectorations de glaires l'arrêtaient, époumonné, la gorge sifflante.
Soudainement il se leva, prit nn bougeoir sur la cheminée, décrocha une def qui pendait au mur, et disparut en froissant un papier dans sa poche.
Alors Scbweizer se leva, jeta son dgare, et, brusquement, à Toix basse :
— Père Gerrais, j'ai deux mots à vous dire; si nous passions un moment dans la chambre ?
Il en ouvrit la porte, qu'ilreferma aprèsavoir fait entrer son beau-père.
Cependant Louis reparut, en soufflant la bougie.
Simonne l'entraîna dans l'embrasure de la fenêtre : — Tu sais, il lui emprunte encore de l'argent ! C'est révoltant, à la fin ! Elle lança un r^ard fielleux à Claire. — Ça a des porte-bonheur et pas le sou; tu comprends, ils