‹ Le calvaire d'Héloïse PajadouChapitre 5 sur 15 · M LE CALVAIRE · texte numérisé non relu

M LE CALVAIRE

pour elle... Elle n'était pas exigeaate. Qu'on la laiss&t accoucher tranquillement, dans un lit d'hôtel n'importe où, c'est là tout ce qu'elle demandait. Sinon, dame ! la première marche de la porte d'entrée lui servirait de traversin ! Héloïse, frappée, protesta néanmoins :

— Allons donc ! mon mari...

Alors la fille, qui ne s'était pas prononcée catégoriquement, affirma nettement la paternité de Pajadou. On pouvait le questionner. H ferait beau voir qu'il niât ! Elle ajouta :

— Ce qui est passé est passé ! seulement je ne peux pas accoucher comme une chienne, sur la route, pas vrai ? Je netravaille plus depuis trois jours et je n'ai pas le sou. Si je ne donne pas d'acompte on me flanque dehors. Ah ! j's'rai forcée d'venir vous demander un lit !

Héloïse était démontée, elle voyait la fille s'installant chez eux, et elle la savait capable de traîner son enfant dans.tout le pays en proclamant les liens de parenté qui l'unissaient à Pajadou.

Léontine attendait immobile, sans confusion, avec un aplomb de garce roublarde. Elle était le chat qui retourne froidement la souris ; elle n'avut pas fait eSort pour voir le patron ; mais si Héloïse voulait l'appeler, elle était Ubrel

La fillâ ne devait pas mentir. Elle poussait devant elle un ventre énorme, et elle avait une figure ravagée, les traits tirés, la peau jaune.

— Combien tous faut-i! ! demanda Héloïse.

Léontine répondit : — M'faudrait cinquante

francs.

Un mioche c'est des frais! pas vrai! et puis une personne naturelle n'acoouche pas comme une béte !

Héloïse dit : Attendez. Elle disparut et revint l'instant d'après avec un billet de banque qu'elle donna à la Slle ; mais comme celle-ci tournait les talons sans dire adieu, ni merci, la blanchisseuse inquiôte la rappela et, sans se douter qu'elle se livrât, lui fit jurer le secret.

— Tiens! c'te bêtise ! ricana l'ouvrière.

En sortant, elle se croisa avec Pajadou et fit mine de ne l'avoir point vu. Elle rejoignit, dans l'avenue de Cachau, un homme, son amant, qui l'attendait. C'était un nommé Pavanne, un gaillard de trente-cinq ans, laid, grêlé, la moustache en brosse, le nez camard, les yeux vitreux, les cheveux, rares sur le front, ramenés vers les tempes, plats et luisants. Le type du camelot, du mariol, voyou, agile comme tm clown, retors comme un policier, avec son rire de singe montrant ses dents gâtées, son boniment de saltimbanque, une dexté-

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