‹ Le calvaire d'Héloïse PajadouChapitre 7 sur 15 · W LE CALVAIRE · texte numérisé non relu

W LE CALVAIRE

naïveté perçait quand même sous toutes lus souillures!

La bougie s'étei{;rnait et, soudain, la chambre devint noire...

Reine sanglotait toujours dans ses draps.

Une grosse peur la prit quand la nuit se fat faite autour d'elle. Elle crut que sa patronne allait, à la faveur de l'obscurité, lui sauter à la gorge, l'étrangler, la piétiner rageusement ! Et elle sentait qu'elle n'aurait pas même la force de crier !

Mais Héloïse restait immobile, assise au pied du lit, les coudes sur les genoux et le menton dans les mains.

Maintenant des draps très grands qui séchaient, au fond de la chambre, semblaient des murs très hauts de prison. La corde où ces draps étaient accrochés figurait la crête du mur, et, par-dessus, des ombres passaient, grimaçantes!... Puis des portes s'ouvraient...

Un coup de vent poussa la croisée mal

fermée; alors les draps frissonnèrent; et les

murs, comme des murs de théâtre glissant dans

des rainures, se déplacèrent. La danse du linge

- étendu recommença!

Reine, afîolée, ne voulait point s*endormir.

. Héloïse, pensait-elle, attendait ce moment pour

l'étouffer! Mais un souffle du dehors la glaga...

D-HÉLOISB PAJADOU «

Elle se Uottit sons les couvertures, glissa au sommeil lentement et finit par s'y abandonner, accablée et lasse de lutter, ayant fait le sacrifice de sa Tie !

Tonte la nuit Héloïse veilla sur l'enfant, somnolent, sans songer à fermer la fenêtre par où du vent s'engouffrait.

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