‹ Le camarade infidèleChapitre 74 sur 77 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

— Vos adieux ? s'écrie-t-elle.

— Pour aujourd'hui nous aurions de la peine à nous entretenir de choses indifférentes ; et la prouesse dont nous venons de nous donner le plaisir, nous ne la renouvellerions pas tous les dimanches.

Elle dit bouleversée :

— Mais je ne puis me passer de votre amitié I

— Non, non ! Voïis ne me forcerez pas à discuter. Je ne fais pas vœu de ne jamais plus vous revoir Dans six mois, un an, il se peut que je vous apporte des fleurs ou des fruits confits. J'obéirai, cela va sans dire, au moindre appel de votre part, mais tâchez que ce ne soit pas tout de suite. Maintenant dites-moi où se trouve la chambre d'Antoine.

Elle balbutie :

— Ne me laissez pas seule !

— Mon amie, je ne vous reconnais pas. Nous nous devons de la tenue et même une façon d'allégresse. Ne répondez qu'à la question que je vous pose : où se trouve le petit ?

— Puisque vous l'exigez... je vais vous y conduire. Dans sa terreur d'une scène attendrissante, il

réplique durement :

— Je veux y aller seul. Où est-ce ?

Mais elle court à la porte et l'ouvre :

LE CAMAHADE INFIDÈLE

— Antoine I Antoine I

— Je ne veux pas. Devant vous je ne saurais pas comment lui parler.

Elle continue d'appeler :

— Antoine ! Mon petit ! Vite ! Vite !

Il faut que l'accent de la voix lui ait paru bien inaccoutumé pour que l'enfant obéisse avec tant de promptitude. On l'entend qui glisse le long de la rampe, en reprenant élan à chaque palier. Vemois murmure :

— Qu'est-ce que vous avez fait, mon amie !... Antoine s'arrête sur la dernière marche, intimidé

par l'aspect des adultes. Le plus sûr serait de lui dire adieu, comme chaque dimanche, sans rien lui laisser deviner. Mais cela, Vemois n'en a pas le courage. Du moins veut-il être ferme et bref :

— Mon petit, ta mère t'a fait descendre parce qu'il faut que je te dise adieu. Je ne pourrai revenir la semaine prochaine, ni le mois prochain, ni peut-être avant très longtemps... Même s'il arrive que jamais tu ne me revoies, il ne faudra pas croire que je t'oublie... J'aurais bien voulu rester toujours près de toi, mais voilà que c'est impossible.

Un sourire gêné paraît sur le visage du petit. C'est comme si les mots ne l'atteignaient pas, au fond des

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