‹ Le cambiste universel; ou, Traité complet des changes, monnaies, poids et mesures, de toutes les nations commerçantes et de leurs colonies; avec un exposé de leurs banques, fonds publics et papiersmonnaies. Traduit et calculé aux unités françaises sur la seconde éditionChapitre 8 sur 234 · DES MONNAIES RÉELLES · texte numérisé non relu

DES MONNAIES RÉELLES

Les monnaies réelles sont en général des pièces de monnaies plates et circulaires sur lesquelles sont empreints certains caractères destinésàleur donner une valeur légale et courante, comme à garantir leur poids et leur titre.

L'or et l'argent sont les principaux métawx dont se fabriquent les monnaies réelles : leur qualité, leur rareté, les rendent très-propres à cet usage.

Le cuivre et le billon servent aussi, mais pour des monnaies inférieures.

rsTRODUCTION. ' xix

I-"or est le plus précieux des métaux et le plus difficile à imiter. C'est le moins susceptible de se rouiller et de se détériorer par le feu. Il est parfaitement malléable, et si ductile qu'une feuille peut se réduire à -j— rrr t'^ pouce, et la dorure à -rrrrrrrrr-

L'argent vient ensuite pour la valeur et les autres qualités dont il est question. Une feuille d'argent peut être réduite k -■, „'„ „ „ de pouce. Sa divisibilité est à celle de l'or comme 170 : 300. La densité de ces métaux est à peu près dans le même rapport, puisqu'elle donne celui de 105 à 193.

La valeur proportionnelle de l'or et de l'argent est cependant variable, car quoique ces métaux soient généralement regardés comme l'équivalent de toute autre propriété, et comme mesure étalon du prix auquel se vendent, s'achètent, s'estiment les objets, néanmoins ils sont eux-mêmes des objets commerciaux et exposés à une fluctuation de prix continuelle, soit entre eux, soit pap rapport aux autres articles '.

L'or et l'argent purs sont ide.ntiques quelles que soient les mines qui les produisent : mais alors ils sont trop flexibles et ne peuvent servir au iiiounavage : on est obligé de les alliera quelque autre métal afin de leur donner de la dureté. C'est ce qu'on appelle alliage.

Dans tous les gouvernemens réguliers il y a un étalon légal pour les monnaies réelles , c'est-à-dire un certain rapport entre le métal pm- et son alliage. En Angleterre c'est pour l'or les ^4 ou^, c'est-à-dire 11 parties de métal pur et 1 d'alliage.

Le titre de l'or s'exprime ordinairement en carats. Le poids intégral se divise en 24 parties égales ou carats. 22 sont de métal pur, et 2 d'alliage.

' Le rapport de la valeur de l'or et de l'argent a considérablement varié , suivant les époques et même suivant les lieux. Voici un tableau qu'on peut envisager comme une moyenne de ces fluctualions :

Argent. Or.

Dans l'ancienne Grèce, la valeur proportionnelle était entre 15 et 10 à 1.

A. Rome (ancienne) 12 et 7 a 1.

En Angleterre, depuis les Saxons jusqu'à la découverte de l'Amérique. . . 12 et 10 à 1.

Depuis cetle époque la proportion s'est maintenue partout entre 17 et 14 à 1.

On doit observer que ces moyennes ont subi des variations momentanée» considérables. Ainsi à quelques époques 1 livre d'or en valait 40 d'argent. En Angleterre, sous le règne d'Edouard VI, la proportion était de 1 à 5. Ces fluctuations extraordinaires tenaient à des mouvemens politiques. Dans les temps ordinaires le rapport est basé sur le produit des mines, qui donnent, terme moyen, 52 liv. d'argent pour I d'or. Voyez la note de l'article Mexico , Vol. I.

XX INTRODUCTION

On (lit en conséquence que l'étalon d'or anglais est à 22 carats de fin. Le carat se divise eu 4 parties qu'eu appelle grains. Mais ces proportions différent suivant les pays.

L'étalon d'argent anglais est ^4^ ou ^, c'est-à-dire 11 onces 2 deniers d'argent pur, et 18 deniers d'alliage qui font ensemble 1 liv. troy.

L'alliage de l'argent est ordinairement du cuivre; celui de l'or, de l'argent et du cuivre. Mais, dans l'évaluatiou des monnaies réelles, on ne lient pas compte de l'alliage.

Outre les étalons pour la finesse des monnaies réelles, il y a un poids légal fixé d'après les règlemens de la Monnaie ou la taille de chaque pays. Ainsi en Angleterre une livre troy d'or étalon donne une taille de 141 guinées, et une livre d'argent étalon eu fournit une de G6 shillings. Le prix de la ]Monnaie pour l'or étalon est en conséquence de£317slO|d. par once, et celui de l'argent étalon de 66 d. par once. Avant 1816 l'argent était monnayé à la taille de 62 d. l'once, et ce taux est encore celui dont on fait usage dans l'évaluation des pièces d'argent étrangères.

D'après les règlemens des IMonuaies de presque tous les pays, il y a une tolérance pour les déviations du poids et de la finesse légale. C'est ce qu'on appelle remède de la monnaie. Dans quelques lieux le remède est en poids, dans d'autres il est en finesse. Mais il est plus généralement accordé en poids et en finesse. Ou le passe comme une tolérance qu'exige l'imperfection du travail. Dans quelques JMonnaies, cependant, c'est une source de bénéfices. Quand un gouvernement émet des espèces au-dessus de leur valeur intrinsèque ou du prix du métal, le bénéfice qui en résulte s'appelle seigneuriage , et les charges pour les dépenses de la monnaie prennent le nom de brassage.

Entrons dans plus de détails au sujet des principes et de la pratique du monnayage et de l'état actuel du système monétaire anglais.

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