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Notice de la circonscription de Kompong-Cham

fermés où il macère pendant quatre jours. Au bout de ce délai, par fraction de 4 kilogrammes de riz cru, on ajoute 5 ou 6 litres d’eau. On laisse le tout découvert pendant un jouret le jour suivant on distille dans des alambics.

Dans les distilleries, l'appareil courant est ainsi constitué : c’est un fourneau ordinaire ; on emploie une marmite en fonte fermée de forme conique. La partie inférieure de cette marmite est en bois. Au-dessus,se trouve un dôme en fer auquel est adapté un tube adducteur en bambou de 3 mètres de long environ. Ce tube aboutit à une jarre réfrigérante en plomb plongée dans l’eau.

La distillation dure environ deux heures. On recueille, pour 16 kilogrammes de riz, o $ 20, mais on peut réaliser un gain supérieur en opérant sur de grandes quantités.

Bien entendu, tous ces procédés, fort primitifs en somme, sont très perfectionnés dans les distilleries importantes établies par les Européens ou les Chinois.

$3.—/ndustrie de la Soie.— L'industrie de la soie, comme nous l’avons dit, est en décroissance au Cambodge. Elle était jusqu'ici familiaie, chaque femme élevant le vers à soie tout en s’occupant du ménage et en filant les effels de soie nécessaires à la famille, des sampots particulièrement. Cette indus-

trie pouvait, en se développant, prend une impor-

P. Dreyfus 6

tance économique importante, en fournissant à la métropole, Lyon en particulier, les soies grèges que cette région se procure acluellement à l'étranger. C'est ce qu'ont pensé les diverses commissions qui ont éludié cette question et particulièrement la mission lyonnaise qui, il y a quelque dix ans, a été envoyée en Indo-Chine par Ia Chambre de commerce de Lyon, et qui concluait à l'avantage certain qu'il y aurait pour les maisons métropolitaines à fonder dans la colonie des succursales destinées à les alimenter, car il est reconnu que la soie du Cambodge est de premier ordre. |

Malheureusement, d’une part,les indigènes n apportent aucun fini à leur produit, leurs moyens et leurs oulils sont insuflisants ; d'autre part,dans l’état acluel de la production, ce n’est, nous venons de le dire, presque pas un sujet de commerce.

Une des raisons pour lesquelles la soie disparait du Cambodge, c'est l'extrême bon marché des soics vendues par des chinois de Korat où d'Oubone et des cotonnades de fabrication française. |

Il faut former les indigènes à l'application des procédés de Pasteur pour la sélection des graines. C’est ce qu'un essai de M. Doumer n’a malhcureusement pu réussir. Mais depuis, les indigènes ont obtenu avec ces graines saines un rendement quadruple des graines en cocon. ÂAussilôt celui des magnanerics

dirigées par les Européens at-il été décuplé.

On commence à répandre à des prix bon marché des petites bassines à feu nu, et les soies grèges qui en sont résultées ont été cotées de 32 à 33 francs le kilo sur le marché de Lyon.

Ces encouragements el d’autres moins importants, joints à l'exontraltion des plantations nouvelles, peuvent donner un essor heureux à la production séricole du Cambodge.

On exporte un peu de soie au Laos au prix de » ou 6 piastres la livre indigène de 600 grammes.

Les indigènes teignent leurs soies avec des teintures végétales à base de gomme laque, d'indigo et d’écorces d'arbres. Le dessin est très simple et presque

toujours le même indéfiniment répété.

Les fils sont tissés sur des métiers en pièces de soie brute de 15 mètres de longueur sur o m. 90 à 1 M. 10 de largeur.

Le sampot est vendu de 5 à 15 piastres suivant la couleur et la qualité. Le tissu indigène, malgré son peu de fini, est très résistant.

L'industrie de la soie a pour principaux centres Kassaurong el! Kassutin, dans la province de Koimpong-Cham, où se fabriquent des sampots très estimés, pour la consommation locale dans les résidences de Krat el de Kratié. Les soies de Lovea-Em (Preyweng) ont été primées au concours agricole de 1904. Les plantations sur les chamcars dans les

ton

provinces de Kas-Thom et de Lœnk-Dek sont appelées à un grand avenir.

K 4. — Teintureries. — Dans toutes les régions où nous venons de voir qu’on tisse la soie, se trouvent out naturellement de petites teintureries. Le rouge est produit pac la graine de champu ou rocouger, c bois et les racines du sbeng, le bois de sang-ké (arbre à laque) ; le jaune, parle khlem-lhle (sorte de liane), le khlem-khnor et le sambac prahut; le noir, par le khlen. +

$ 5. — Chaufourneries, briqueteries, fonderies. — Signalons à Phnôm-Caulang (Kampot)unetrès importante chaufournerie, susceptible d’agrandissements et d'améliorations. Il est regrettable qu’elle se trouve sur le canal intermittent de Vinh-Té.

Les terrains argileux de la province de Kompong- Chnang sont utilisés pour faire des briques, des marmites et des poteries très estimées et qu'on exporte en Cochinchine, en Bas-Laos et dans tout le Cambodge.

On a établi cinq briqueteries dans la résidence de Kandal.

Rappelons l’industrie du fer qui sert à fabriquer des armes et des instruments divers dans la province de Phnôm-Dêk.

$ 6.-- /ndustries des sous-produits de la pêche : huile et graisse de poissons. — I ne faudrait pas omettre de rappeler que les sous-produits de la

pêche sont matière à une industrie actuellement en croissance; les huiles et graisses de poissons, les colles de poisson, dont on distingue jusqu’à quatre sortes.

C'est ici qu’on peut regretter qu’on n’établisse pas sur le bord du Grand-Lac une ou plusieurs usines pour traiter les déchets du poisson, qui sont très employés comme engrais au Japon, ainsi que nous l'avons dit.

Comme industrie accessoire de la pêche, rappelons la fabrication des engins et des barques.

K 7. — Préparation des peaux et cornes. — Conserves alimentaires.— Enfin citons une industrie qui peut surprendre de la part des Cambodgiens si apathiques : dans la résidence sigiboyeuse de Pursat, les indigènes pratiquent sans compter la vente des peaux etdes cornes, la fabrication et la préparation de conserves et de venaisons, dont ils retirent un bénéfice important.

$ 8. — Orféorerie. — Les bijoux et les travaux d’orfèvrerie du Cambodge sont finement ciselés.

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