LA PÊCHE
Nous devons maintenant, reprenant en détail les éléments de la vie éccnomique du Cambodge, justifier à la fois Pimportance que nous leur avons attribuée et examiner l’avenir que le protectorat français doit leur préparer.
Dans cet esprit, il nous faut entreprendre d’abord l'étude de la pêche, qui, en même temps qu’elle se manifeste à l’occasion du plus grand phénomène physique du Cambodge, en est aussi la ressource, sinon la plus importante, du moins la plus activement mise en œuvre.
Les endroits où la pêche est surtout exploitée, au compte, avons-nous dit, principalement des riches
marchands Chinois, sont le Grand Lac, le Petit Lac, le Tonlé Sap, le Lenkdek et le Baphnom.
L'industrie de la pêche se divise en trois périodes : d'abord les préparatifs qui, nombreux el assez longs, provoquent un important mouvement économique dès le milieu de décembre, ensuite les opérations de la pêche elle-même, enfin la préparation des poissons.
Mouvement économique et procédés de la pêche. — C’est en décembre que les pêcheurs se rendent sur le bord des lacs où ils doivent pêcher, y choisissent leurs emplacements et commencent la construction des établissements qui leur permettront d’habiter pendant la saison de pêche et qui se composent d'une maison d'habitation, d’un magasin et d’un séchoir pour le poisson. Ces constructions fixes sont établies sur pilotis, en plein lac.
Ces cases en bambous sont d’un prix très élevé et atlestent ainsi du grand intérêt économique que la pêche offre pour les Chinois toujours plus nombreux qui s’y livrent, puisque les bambous qui, voilà quelques années, valaient o fr.25 pièce sont maintenant au prix de o fr. 5o et qu’il est impossible de construire la moindre case, destinée à l’exploitation qui nous Occupesans employer une moyenne de 3.000 bambous, dont beaucoup se détériorent rapidement.
A côté de ces cases fixes établies par les immigrants, se trouvent des villages bâtis sur radeaux flottants,