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par exemple le centre de Kompong-Prac. Ce village se déplace au fur et à mesure que les eaux montent ou baissent ; les maisons, reliées entre elles par de solides câbles en rotin servent à la fois d’habitalion, d’étabie, de grenier et de magasin, pour correspondre aux différentes périodes de l’année,aux divers besoins des habitants, qui sont tantôt à terre ct tantôt sur l’eau ou au bord du lac.
Les disposilions des cases de ces bourgs sont invariables, et Iles rues sont sillonnées par des barques de pêche.
Certaines de ces agglomérations suivent des déplacements réguliers chaque année ct même certains d’entre cux, comme Shoc Tron, changent de rive.
La pêche elle-même commence au moment où les eaux baissent sensiblement, c’est-à-dire vers le mois de février : elles ont alors 1 m. 80 ou 2 mètres de hauteur.
Le moyen le plus employé pour y procéder est le suivant : on plante dans le fond des eaux un grand nombre de petits piquets de bois, qui arrêtent les détritus et atlirent ainsi le poisson.
Tout autour sont disposées des claies de bambous que l'on déploie simultanément. avec précaution de manière à former autour de la case un parc où sont prisonniers les poissons qu’on n’a plus qu’à retirer aisément avec des filets à main.
Certains pêcheurs déploient de grands filets main-
pre
tenus verticalement au moyen de bambous plantés en terre; on barre ainsi parfois presque le fleuve ou le lac,en ne laissant au centre qu’un assez large passage pour la batellerie extrêmement active à ce moment del année.
Le système du barrage est très employé, au moment du retrait rapide des eaux dans les preks (cours d’eau plus importants que les stungs). De celte manière le poisson, voulant suivre le courant, est arrêté et se butte en nombre énorme contre les barrages.
Les pêcheurs emploient ce procédé non seulement pour retirer le poisson de l’eau immédiatement, mais aussi pour le maintenir dans les lacs ou mares qui subsistent après le retrait des eaux.
Il faul ajouter que tous les procédés de pêche autres que ceux que nous venons de décrire et qui permetlent aux vastes entreprises de prendre rapidement un très grand nombre de poissons sont employés par les petits pêcheurs, soit pour la consommation sur place, soit pour la vente aux gros industriels chinois. Ces engins grossièrement construits, sont la nasse, la senne ou l'épervicr ; le harpon, les filets, qui appartiennent souvent à de petites sociétés de pécne.
Aussitôt retiré de l'eau, le poisson est décapité, ouvert et découpé en tranches. On le vide avec soin, on le sale, et on le transporte dans les sécheries qui
ontété aménagées à l'avance, soit sur la rive, soit à côté de la case. On l’expose aux ardeurs du soleil pendant cinq à sept jours, le recouvrant avec des nattes pendant la nuit pour le soustraire à l’action de l'humidité.
Une certaine partie de ce poisson est consommée sur place, particulièrement autour des lacs intérieurs, à cause du manque de communication soit pour l'aller vendre, soit pour se procurer en échange un autre produit d'alimentation.
Une autre partie du poisson, la plus importante, est expédiée sur Phnôm-Penh, Saïgon et Cholon par les marchands chinois qui l’achètent quand il ne provient pas de leur entreprise particulière et qui en effectuent la revente.
Parfois même, ils l’emportent vivant dans des bateaux spécialement aménagés et qui sont d’immenses viviers flottants. Cette disposition, très onéreuse, leur permet ainsi de transporter le poisson frais et vivant jusqu’en Chine.
Différentes espèces de poissons. — Il faut, maintenant que nous avons décrit les procédés de pêche employés au Cambodge, que nous fassions connaître quels sont les poissons qui sont ainsi recueillis.
Un phénomène singulier est à signaler tout d’abord, c’est qu'il y a dansles viviers naturels formés par les lacs ou les mares nombre d'espèces de poissons de mer qui se sont acclimatés à l’eau douce.