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La politique économique de l'Allemagne au Cameroun autant qu'il est permis d'en juger par les faits semble avoir été influencée par les circonstances. Les événements n'auraient pas manqué, par la suite, d'y faire apporter des modifications importantes.
Primitivement, seules les entreprises européennes étaient appelées à participer à la mise en valeur du pays et à en tirer profit, l'indigène n'était que l'instrument de travail. Le gros effort des Allemands s'est porté principalement sur les cultures les plus riches : caoutchouc, café, cacao, tabac, plantes médicinales et à parfums.
Ils avaient concédé de larges espaces et notamment la Société des Chemins de fer du Nord, s'était vu accorder le droit de concéder, à son tour, en pleine propriété, sous certaines réserves, de vastes étendues de terre.
Leur effort se manifesta particulièrement dans la région côtière et sur les pentes du mont Cameroum et du Manengouba dont la situation géographique et la constitution géologique étaient extrèmement favorables.
Plus tard, leur activité s'orienta vers des produits moins riches (amandes de palme) et les Allemands cherchèrent à mettre également en valeur certaines régions de l'intérieur. C'est de cette époque que date leur programme de construction de routes et de chemin de fer.
Pour réaliser leur but, ils ne ménagèrent point leurs efforts : création de fermes modèles, amélioration du cheptel par l'introduction de reproducteurs, développement de la culture familiale du cacao par l'indigène.
La vie économique du pays s'arrêta brutalement avec la guerre qui jeta sur le pays le cortège des maux qui l'accompagnent. Les plantations furent délaissées, le cheptel décimé par les réquisitions nécessaires à la subsistance des troupes en opérations. Enfin l'outillage fut abandonné, si ce n'est déli-
bérément détruit ou pillé.
Après la cessation des opérations militaires au Cameroun, le pays renaît à la vie économique. La métropole a besoin d'oléagineux tels qu'amandes de palme, ricin. D'abord, con- ‘duite sous la direction de l'Administration, cette entreprise ne tarde pas à être laissée au commerce privé. Très peu nombreux au début, les commerçants se multiplient avec une rapidité incroyable. Des fortunes s’édifient rapidement dans le cours des années 1917 et 1918 et l'ère de prospérité atteint son apogée en 1920. La capacité d'achat des indigènes est infiniment accrue, les produits leur étant payés un prix plus élevé. Aussi le commerce importe et stocke un nombre considérable de marchandises, particulièrement des tissus dont l’indigène est grand amateur.
Fin 1920 et dans les premiers mois de 1921 un arrêt des affaires survient brusquement.
I yaeu excès de stockage des marchandises importées Presque toutes de provenance anglais ou américaine, payées au cours de la livre sterling qui atteignit et dépassa même 60 francs, ces marchandises devinrentinvendables dès que le cours du change s’améliora et qu'il y eut surproduction.
D'autre part les maisons anglaises de l'Afrique représentées à Duala, extrêmement puissantes réalisèrent un consortium et jetèrent sur le marché des marchandises moitié moins cher que celles vendues précédemment (La pièce d étoffe tomba de 60 francs à 30 francs).
Pendant ce temps les cours des produits coloniaux s’effondraient. Le caoutchouc devenait invendable et les stocks s’'accumulaient dans les ports étrangers par suite de la con. currence des caoutchoucs de plantation.
Il en était de même pour le cacao, enfin la consommation des oléagineux devenait infiniment plus restreinte du fait de la cessation de la guerre. Une moins grande quantité de matières grasses était dévenue nécessaire. Enfin le frêt restait à un prix plus élevé,