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… Sans doute des résultats appréciables ont été atteints. Notamment, dans les centres, on peut dire que le travail est libre. L'engageur et l'engagé sans doute ont recours à l'Administrateur pour sanctionner le contrat, mais il n’est pas rare de trouver des indigènes qui viennent spontanément offrir leur travail aux employeurs. Dans les régions du Centre le fait est beaucoup plus rare et on peut dire que livré à lui-même l'indigène ne travaillerait pas. Sa limite de travail est déterminée par la quotité de l'impôt à payer pour la collectivitédu village. L'impôt achevé de payer, il retourne à ses habitudes de paresse ancestrales. Là encore, les exploitations commerciales ont besoin du concours de l'Administration pour obtenir la main d'œuvre indispensable à l’évacualion des produits achetés.
Récemment, un Député de couleur, M. Boisneuf, au cours de débats parlementaires, a qualifié d’esclavage le fait, par l'Administration, de recruter de la main d'œuvre pour des Sociétés commerciales. Il faut avouer qu'une contrainte ou plutôt exactement une certaine pression morale est nécessaire pour obliger l'indigène à fournir la main d'œuvre nécessaire aux exploitations de l'intérieur, mais c'est par un étrange abus de mots, que l’on peut qualifier d'esclavage, le fait d'inviter au travail des individus qui souvent préfèrent se laisser mourir de faim ou aller dérober dans les plantations du village voisin les racines de manioc nécessaires à leur subsistance.
Selon une heureuse formule qui a été déjà employée, dire que le travail est libre pe veut pas dire que les individus sont libres de ne pas travailler. En Europe les lois ne punissent-elles pas le vagabondage et celui qui n'a pas de moyens d'existence n'est-il pas considéré comme passible des peines qui punissent cette infraction ? L'oisif n'a pas sa place dans la vie. moderne et c'est par un sentimentalisme outré ou en déformant et exagérant les faits qu'on peut arriver à jeter le
doute surles interventions de l'Administration qui n'est toujours animée que par le désir sincère de procurer aux individus inférieurs qu'elle a en tutelle quelque amélioration de leur sort.
D'ailleurs ces interventions administratives sont étroitement réglementées. Le prix de la journée de travail est relativement assez élevé au Cameroun et, à notre avis, exception faite du portage qui nécessite un gros effort, l'indigène est payé cher par rapport à sa bonne volonté et au rendement de son travail. Cependant les Européens se sont rendu compte qu'ils avaient intérêt à bien payer, à bien loger et à bien nourrir leurs travailleurs.
C'est encore en développant les œuvres d'assistance médicale pour améliorer l'état sanitaire de la race que la méconnaissance des plus élémentaires principes d'hygiène rend la proie des maladies épidémiques et endémiques, que nous continuerons à préserver et à accroître ce qui est le fondement de toute évolution économique : la main d'œuvre.
Il serait faux de croire que depuis la cessation des hostilités, le Cameroun ait pu obtenir un mouvement commercial aussi intense que celui qu’il a connu pendant l'occupation allemande.
D'ailleurs il faut tenir compte que le territoire laissé sous l'administration française est infiniment plus réduit que celui de 1912, 400.000 km’ au lieu de 770.000 km?. Il faut donc tenir compte de cette différence principalement en ce qui concerne la région laissée à l'Angleterre qui est des plus fertiles et où les plantations avaient été extrémement développées.
Depuis les deux dernières années, on peut dire d'une “manière générale qne l'effort de mise en valeur a porté