‹ Le Cameroun Depuis le Traité de VersaillesChapitre 22 sur 33 · EL TR · texte numérisé non relu

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Les bois. — Le Cameroun offre d'immenses ressources forestières encore inexploitées. Cette richesse doit être mise en valeur. Les Allemands avant la guerre avaient accaparé el dirigé sur Hambourg une forte partie des bois du Gabon et de la Côte d'Ivoire. Mais ils n'avaient pour ainsi dire qu'à peine ébauché l'exploitation de leurs peuplements forestiers. En 1943, ils n'exportaient encore que 11.290 tonnes d'une valeur de 870.000 francs alors que notre Gabon exportait 150.000 tonnes de bois. Deux scieries importantes fonctionnaient à Duala et à Bonabéri ; quatre autres étaient en voie d'installation dans l’intérieur.

Les essences forestières utilisables dans la zone sylvestre du Cameroun atteignent 63 0/0 depuis les bois précieux jus: qu'aux bois d'utilisation commune.

L'ébène est exporté sous forme de petites billes d'un mètre de long. L’acajou avec ses différentes variétés de Khaya et d'Okoumé sert pour l'ameublement ; l'azobé est employé pour les travaux d’appontements, pilotis, ete. ; le moabi et le nyabi, appelé noyer d'Afrique, sont utilisés comme bois dur et cependant facile à travailler, le bangi susceptible de remplacer le chêne, est déjà employé pour les traverses de chemin de fer et le palétuvier pour la fabrication des ponchons et des tonneaux.

Telles sont parmi tant d’autres les principales espèces utilisables dans la forêt du Cameroun.

Nos exploitants forestiers et nos industriels ont déjà commencé la mise en valeur de la forêt du Cameroun qui n'a d'autre limite que la rareté de la main d'œuvre.

Cependant les statistiques montreront les résultats déjà obtenus, indices certains d'une reprise économique.

19 7.294.274 kg. valant 388.187 marks

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L'exportation, arrètée par la guerre, reprend avec une extrème rapidité.

Premier semestre :

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Par comparaison ce chiffre est extrêmement faible mais il faut tenir compte du caractère restreint et précaire des exploitations dont la reprise reste conditionnée par les prix du fret.

Pendant ces deux années sur lesquelles a porté la stalistique il fut particulièrement élevé atteignant, en 4920, 450 fr. la tonne, pour le bois, produit encombrant.

Depuis cette époque, les marchandises ne payent plus que de 120 à 180 fr. par tonne, ce qui laisse entrevoir que les bois du Cameroun pourront concurrencer les bois du nord de l'Europe.

Il est à prévoir, de plus, que l'exploitation des bois ne sera plus dans l'avenir réduite aux bois de luxe mais s'étendra aux essences susceptibles de remplacer le bois d'œuvre qui manque à l'Europe. A l'exportation des acajous et des ébènes viendra s'ajouter celle des bois de charpentes et des bois lourds utilisables comme traverses.

Nul doute que les forèts du Cameroun ne soient appelées à un très bel avenir.

À l'heure actuelle une seule entreprise d'exploitation de bois existe à Duala. Il y a là un débouché précieux qu'il convient de signaler.

On évalue à 2.000.000.000 de mètres cubes la quantité de bois exploitables de la forêt du Cameroun qui couvre une superficie de 15.000.000 d'hectares environ.

Le tabac. — En ce qui concerne cette culture, les Allemands avaient atteint des résultats importants. Secondés

par les Hollandais ils avaient acclimaté une variété de Sumatra reconnue excellente pour l'enrobage des cigares.

Dès 1913, six plantations exportaient 1.600 balles de tabac de 80 kilog. soit 128 tonnes dont les qualités supérieures étaient cotées 18 fr. 75 le kilog. Ils avaient installé dans la région de Nyombé, d'immenses séchoirs en tôle pouvant contenir chacun 1.500.000 feuilles. Des voies de Decauville avaient été installées et des cases confortables construites pour le personnel des Sociétés ainsi que des locaux pour la fermentation, le triage et la préparation des feuilles.

Mais sur ces concessions immenses une main d'œuvre COnsidérable était nécessaire. Certaines employaient de 4.000 à 5.000 travailleurs qu'il fallait recruter dans toute l'étendue du territoire. Avec nos méthodes administratives et la faible densité de la population, il sera impossible de redonner aux exploitations de tabac, l'extension considérable qui leur avait été donnée par les Allemands. A titre d'exemple, la Cie Forestière Sangha Oubangui a obtenu du sequestre en location précaire la concession de la Taback-Pflanzunggesellschraît à Nyombé. Elle n'a jamais pu avoir plus de 300 travailleurs au lieu des 7.000 qu'employait l’organisation commerciale allemande.

En 1921, 5.786 kilog. de tabac d'une valeur de 86.790 fr. ont été exportés.

Le cacao. — Par suite du partage du Cameroun, entre la France et la Grande-Bretagne, il se trouve que les grandes plantations européennes de cacaoyers sont situées presque entièrement dans la zone anglaise, notamment sur le massif du Cameroun.

En 1913, 13.161 hectares étaient plantés en cacaoyers dans les concessions allemandes, mais le produit ne réussis sait pas à concurrencer les fèves de San Thomé et de Fer-

pando Po. On trouvait au cacao du Cameroun un certain goût acidulé,

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