‹ Le camp de Conlie et l'armée de BretagneChapitre 3 sur 45 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

i/aRMEMENT jusqu'au. 24f NOVEMBRE 1870.

Le B novembre, ' cinq» jôtirs' après son «passage à R[antes, le cîieî dé l^arnîéé de Bretagne campatt h Conlie aVec plus de six mille tromnies; le 15, il y en avait déjà plus de 18,000 (Ï3,5l3), et, le 23, plus de 25,500'.

L'habillbmént et équipement' de ces hommes, reçu par eux,' ctt partie tïans leurs dépfartèments (sous le cont^ftlè dés préfets et des conrmîssions départementales)', en partie au camp, laissait sans doute beaucoup à rffeîrer; mais, en égard à la précipitation nécessitée par les circonstances, au but que Ton poursuivait de se mettre le plus tôt possible en campagne, îl poiiviaii être., proVisoiremeiit du moins, réputé suffisant.

L'armement, c'était autre chose.' A la date cidessus marquée (23 novembre) , trois bataillons de la Loire-Inférieure et un bataillon de Brest (faisant

^ Ces chiffres sont pris sur les situations journalières dressées par Tadministration des vivres. — Du 23 novembre an 27 inclusivement, le camp reçut encore dix nouveaux bataillons mobilisés faisant ensemble plus de 9,000 hommes, ce qui, en y ajoutant les officiers, donne un total de plus de 35,000 hommes entrés au camp , du 6 au 27 novembre , sous le commandement 4e M. de Kératry.

PREMIÈRE PiUlTIE. CHAPITRE II. 17

ensemble un peu plus de: deux, mille boiqiiias) étaient venus au camp avec des fusils Sda^der fpornâ^ par les villes de Brest et de iV^iM^e^.. Quant mx au^ très , — comme on compts^iir sar.1^3 arip^^à tir rar pide promises par le Gouvertiemapt et ferionelleinjent annoncées dans la proclamation de îf». Kératry,..-:ils arrivèrent ou compJié|;6ment dé^^m^s ou ^« mes de médiocres fusils à percussionflo dix '^aif>à^lfi^ ou calibres diflférents, la plupart en très-mauvais état et d'un usage impossible, cédés par les compagnies de pompiers ou les gardes nationales sédentaires, et dont les préfets en outre réclamaient trèsinstamment le retour, aussitôt faite la distribution des fusils perfecfionkés. • . »

L'armement, on ^peut le^dire^, était d»nc nuL Aussi est-ce à rarmement que le chef de Tarméode Bretagne dut côndfcrei* se^ premiers «t ses plus constants efforts. ^ . ...

En parcourant rOuest , M. de Kératry avait noté au passage les ressources que pouvaient offrir, pour l'armement de ses troupes et de son camp, les arsenaux soit de la Guerre, soit de la Marine. Ainsi, le 28 octobre, dans la matinée, il télégraphiait de Brest au ministre de la Guerre pour obtenir, par son entremise, du ministre de la Marine Tautorisation de se faire remettre par le préfet maritime (avec qui il s'était entendu) « vingt pièces de 16 a rayé de siège avise afiîits de siège et projectiles, tt deux pièces de 1^ rayé, de- campagne avec affûts tt et caissQii!^;,^, cinquante jcanonniers brevetés; le

18 LE CAlfP DE CONLIE.

tt tout disponible. » Et il ajoutait plus spécialement à l'adresse du ministre de la Guerre : a Je n'ai pas tt de fusils ; ici Tarsenal de la guerre a de disponible tt 3y200 chassepots. Je vous conjure de me les dontt ner; cela remontera le moral des troupes qui ditt sent n'avoir aucune confiance dans les fusils orditt naires. Il y a intérêt sérieux à donner cette preuve tt de sollicitude, n

Trois jours après, cette demande pressante était encore sans réponse ; mais , sur de nouvelles instances, M. de Kératry, au cours de sa visite à Lorient , recevait le télégramme ci-dessous :

« Tours, 31 octobre, 10 b. 45 du matin. — /ntt térieur et Guerre à général Kératry, Lorient.

tt Que demandez-vous d'une manière précise? Et tt je vous réponds sur-le-champ. Mais n'exagérez tt pas vos demandes. »

Sur le vu de ce télégramme, d'où on pouvait induire que le ministre n'avait pas encore pris connaissance de la dépêche expédiée de Brest le 28, M. de Kératry répéta les demandes très^écises déjà formulées par lui , et le comité de défense de Lorient notifia au ministre de la Guerre cette résolution comminatoire dont on a parlé plus haut. — Le soir même (31 octobre) , première réponse :

Intérieur à Kératry.

tt Vu l'extrême gravité des circonstances, je vous tt autorise à vous emparer, après communications

Page 1