‹ Le camp de Conlie et l'armée de BretagneChapitre 6 sur 45 · LA DIVISION DE MARCHE · texte numérisé non relu

LA DIVISION DE MARCHE

Qd en était là le 21 novembre : les mobilisés bretons continuaient d'attendre un armement toujours promis , toujours remis d*un paquebot à Tautre et jamais réalisé , — quand tout à coup se produisit, dans les destinées de Tarmée de Bretagne, une péripétie brusque et imprévue. Le 21 novembre au soir, M. de Kératry reçut du ministre de la Guerre cette dépêche :

« Tours, 21 novembre, 8 h. 35 soir. — Intérieur « et Guerre à général Kératry, Cotdie,

« Concertez-vous avec Jaurès pour couvrir Alen- (c çon avec toutes les forces dont vous devez pouvoir tt disposer, v

Et le lendemain, coup sur coup, arrivèrent les trois suivantes :

a Tours, 22 novembre. — Guerre à général en « chef armée de Bretagne, Conlie.

tt L'ennemi parait vouloir nous pousser assez vitt vement dans la direction du l^ans. Je vous con-^ (jijure d'oublier que vous êtes Breton, pour ne tt vous souvenir que de votre qualité de Français, ce et de vous concerter avec le général Jaurès pour

PRElilÈBE PARTIE. CHAPITRE III. 35

a opposer à Finvasion votre naissante mais vaillante tt armée ; c'est Foccasion de lui donner le baptême a de feu. D

a Tours, 22 novembre, 1 h. 5 soir. — Guerre à a Kératry, Conlie, — Urgent,

tt Je pars pour le Mans avec renforts. Je vous a manderai aussitôt arrivé. Jusque-là, travaillez et tt préparez-vous à mettre en ligne les plus grandes tt forces que vous pourrez.

tt LÉON Gambetta. »

tt Le Mans, 22 novembre , 4 b. 25 soir. — A gétt néral Kératry, Conlie.

tt Je suis au Mans ; venez, je vous prie. 11 faut tt nous concerter pour agir et sauver la ligne du tt Mans, que des incapables ont compromise.

tt LÉON Gambetta. »

On sait ce qui s'était passé. Le corps d'armée du grand-duc de Mecklembourg, parti de Chartres et de Houdan, s'était depuis le 17 novembre avancé vers l'Ouest, occupant successivement Dreux, Cbâteauneuf, Digny et la Loupe (le 20), poussant devant lui les troupes peu nombreuses , sans cohésion et sans organisation , mises sous les ordres du général Fiéreck. Le 21., ces forces ayant été battues à Bretoncelles et à la Fourche, les Allemands avaient occupé Nogent-le-Rotrou et la ligne de Belléme , la Ferté-Bernard , Authon, prêts à descendre vers Vi-

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braye et Sahit-^Ialais, d^Ofù ils menaçai éul élément le Mans^ et Toors.

De là, à Tours, grand émoi : on avait eommencé , comme toujours , par accuser A'inc(^acité le général — très-vigoureux pourtant — à qui Ton n'avait donné que de très-insuffisants moyens de résistance ; on Tavait destitué et remplacé. On cherchait maintenant à mettre dans la main de son successeur (le capitaine de vaisseau Jaurès) des moyens d'action plus énergiques, qu'on tirait à grand'peine de tous les côtés. Dans cette précipitation un peu effarée, le Gouvernement s'était souvenu de l'armée de Bretagne et l'appelait au secours à grands cris.

Quoi qu'en pût penser et dire le ministre dans une des dépêchés qu'on vient de citer, leS' Bretons, quand il s'agît de défendre la France, ti'brtt pas he»soin d'oublier le nom de leur province * îb n'ont an contraire qu'à s'en souvenir.

M. de Kératry ayant transmis à ses troupes l'appel du Gouvernement sans dissimule;f to gravité' de la situation et en déclarant vouloir n'emmener avec lui que des hommes de bonne volonté, toutle-monde s'offrit à partir ; il put former aussitôt une pi*ennère division de marche de 12,000 hommes qui, renfort cée de plusieurs détachements de li^ne appelés «n toute hâte de divers dépôts de Br^tagtie,' monta au chiffre de 15,000 hommes environ *,

1 Voir Annexes y y, il5, col. â (3<^ dbéposjlLon de M. de Kératry). — Voir aussi, à V Appendice du présent volume, ce que nous disons de celte division de marche. '

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