‹ Le camp de Conlie et l'armée de BretagneChapitre 8 sur 45 · DÉMISSION DU GÉNÉRAL EN CHEF · texte numérisé non relu

DÉMISSION DU GÉNÉRAL EN CHEF

On se rappelle cette dépêche du 21 novembre au matin, où M. Gambetta reprochait à M. de Kératry de ne point considérer le cri de Vive la République ! comme un titre suffisant à Tobtention de fusils perfectionnés. On a remarqué aussi le changement de ton, soudain et complet, des dépêches suivantes, pleines de caresses et d'éloges pour la a naissante mais vaillante n armée de Bretagne et pour son a valeureux » chef. •

Sous la pression du péril qui menaçait Tours et le Mans, le langage avait changé, mais non le fond des sentiments et des systèmes. Il y avait là, en efiet, deux systèmes en présence : Tun, mettant la République partout et au-dessus de tout, quoi qu'il en pût advenir pour la défense nationale ; l'autre , laissant de côté la politique pour ne songer qu'à une chose : le salut du pays.

' Le péril, sinon écarté , du moins en grande partie conjuré par la concentration de forces imposantes sous les ordres du général Jaurès, on vît renaître aussitôt la défaveur de l'armée de Bretagne , soigneusement entretenue dans l'esprit du ministre par les exaltés qui l'entouraient et clairement mani-

PIEIIIÈRE PAITIE. CHAPITRE IV. 45

fesfée d*ailleurs par le triste avortement de tontes les promesses d'armement faites depuis un mois. Ce sentiment se manifesta, le 24 novembre, par un acte difficile à expliquer.

Le 23 au matin , on s*en souvient , M. Gambetta télégraphiait à M. de Kératry : u Venez, nous combattrons ensemble , nous arrêterons la marche des Prussiens. » Ce même jour, il s'impatientait contre le retard de quelques heures (si justifié pourtant)» apporté dans le mouvement qui devait mettre en face de Tennemi le chef de Tarmée de Bretagne. Le 24, à 2 h. 15 du matin, il disait par dépêche à celui-ci : u La Compagnie est prête à transporter vos troupes à Tinstant, veuillez vous tenir prêt. » £t moins de deux heures après , s'adressant au directeur d'artillerie de Rennes, — près duquel était alors M. Kerisouêt pour tâcher d'en obtenir une partie des ressources nécessaires à l'armement des mobilisés, — M. Gambetta expédiait le télégramme suivant :

tt Le Mans, 24 novembre 1870, 4 h. 5 matin. — tt Ministre Guerre à Directeur artillerie. Rennes.

tt Je vous donne l'ordre formel de ne rien délitt vrer, ni en matériel ni en munitions, à M. de tt Kératry ou à ses lieutenants, sans une autorisation tt explicite de ma part ou de mon délégué à Tours, tt Suspendez donc d'urgence toutes livraisons de tt cartouches, batteries, mitrailleuses et autre ma- V, tériel. — Avez-vous expédié 50,000 cartouches k

ft M. de Kératry? Si non, gardez-vous de lui expé-r a dier ces cartouches, envoyez-les au Mans.

(c Lio!g Gaiibett A * . i>

Ainsi , d'une main on poussait les Bretons au combat^ de Tautre on leur refusait les moyens de combattre.

Cependant le ministre de la Guerre , une fois au Mans , voulut voir par lui-même cette armée de Bretagne dont il entendait parler si diversement ; car dans son entourage on ne se gênait pas pour décrier cette entreprise, pour dire qu'on n'en tirerait pas seulement 5,000 hommes à mettre en ligne.

M. Gambetta se rendit à Conlie le 24 novembre dans Taprès-midi, pendant que M. de Kératry était au Mans, occupé à diriger sur Ivre les bataillons successifs de sa division de marche. A défaut du général en chef, il fut reçu par le commandant du camp , le général Le Bouëdec, par le zélé directeur de rartillerie , le colonel JuIIien , par l'actif et intelligent chef du génie , le colonel Rousseau. Il y vit une concentration militaire de 25,000 hommes opérée en moins d'un mois, dans des conditions, à cette époque au moins, uniques en France ; il y vit des travaux d'art et de défense considérables et habilement menés , auxquels il ne put refuser

1 Voir Télégr, offic, 2« série. ii«»57 et 64, vax Annexes , p, (95 et 196.

Féloge. Mais il y a quelque chose qu'il n'y vit pas, — Tesprit républicain. Il y avait là des républicains, sans doute, et aux premiers postes, car M. de Kératry avait provoqué , accueilli , sans nulle acception de parti , tous les concours et tous les mérites ; mais on trouvait auprès d'eux, et en grand nombre, des hommes et des noms appartenant à des opinions tout autres. Tous vivaient et agissaient de concert, en parfaite intelligence, n'ayant qu'un but, qu'un désir : défendre la France.

On l'a dit avec raison : l'armée de Bretagne n'était point une armée politique. Là, les amis du régime improvisé le A septembre ne songeaient point à triompher, pas. plus que ses adversaires à récriminer. Tous admettaient que la volonté nationale pouvait seule, après la guerre, statuer sur la forme définitive des institutions; tous étaient convaincus que le devoir commandait d'ajourner ce débat, de n'y même pas songer, d'iinir sans arrière-pensée tous les cœurs, tous les bras pour une même tâche : combattre l'invasion. L'armée de Bretagne était une armée essentiellement française et patriotique, ni républicaine ni royaliste.

M. Gambetta — on le sait * — prétendait tirer de la guerre de 1870 et des douloureuses épreuves de la patrie la consécration définitive de la république

^ Voir discours de M. Gambetta à Grenoble, dans le recueil de ses Allocutions, p, 102. (Paris, Polo, éditeur, 1872.) — M. Gambetta avoue dans ce discours qu'il a « toujours confondu V I4 cause de la France avec la cause de la République.

du 4 septembre. A ce point de vue Téducation de Tarmée de Bretagne lui sembla mal faite ; ce fut sans doute pour y remédier que, ce même jour (24 novembre), revenu au Mans après cette visite à Conlie, il rédigea une proclamation où a Tordre, la discipline , la sobriété et la bravoure n sont qualifiées de « vertus républicaines »^ et dont voici un extrait :

tt RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.

tt Liberté — Égalité — Fraternité,

tt Soldat^.,, votre vie est rude, pleine de hasards tt et de sacrifices ; mais songez que vous vous battez tt pour sauver à la fois la France et la République^ a désormais indissolubleinent liées dans la bonne tt comme dans la mauvaise fortuné,.. Prêtez-vous tt donc serment les uns aux autres,. comme nos pères, tt de marcher tous d*un pas égal à la délivrance de tt Paris, afin qu*il soit dit de vous comme de vos tt aînés : Ils ont bien mérité de la patrie et de la tt République,

tt Vive la France ! Vive la République une et in-^ tt divisible !

tt LÉON GaMBETTA * . 1)

En envoyant ce document à M. de Kératry, le ministre eut' soin d^y joindre ce mot :

1 Voir le texte complet dç cette procli^natioo f^ux Annexes^ p. il9.

t Le Mans, 84 novembre 1870.

ce Mon cher général, je vous adresse copie A^une

a proclamation à V armée de Bretagne, Celte pro-

u clamation sera imprimée pour être lue à trois

a appels consécutifs. Je pars pt)ur Tours où je suis

» réclamé. Bien à vous.

tt LÉON Gaiibetta. »

Non-seulement c'était là la contradiction, la condamnation formelle du système de M. de Kératry, qui s*était toujours attaché, avec tant de soin et de raison, à exclure la politique de son camp; mais plus on y réfléchit, moins on comprend le résultat utile et patriotique que le ministre pouvait avoir en vue en lançant cette adjuration républicaine à la face d'une province où, de notoriété publique, la république ne comptait qu'un bien petit nombre de partisans. Mais le ministre n*en était plus aux ménagements, ni envers l'armée de Bretagne, ni envers son chef. Avant même de promulguer sa proclamation, il venait d'avoir avec celui-ci une entrevue orageuse, dont il est indispensable de parler.

Elle eut lieu le 24 novembre, de huit à dix heures du soir, à la préfecture du Mans et dans le cabinet du préfet, où M. de Kératry, mandé parle ministre, se rendit accompagné de son chef d'état-major, le colonel de Vauguion , et où il trouva M. Gambetta et M. le capitaine de vaisseau Jaurès, promu depuis quelques jours au généralat et chargé du commandement du 21' corps.

Après quelques mots d'éloge sur le camp de Conlie, M. Gambetta demanda à M. Jaurès de développer sur une carte son plan de campagne, et cet exposé fait , le ministre qui approuvait se retournant vers M. de Kératry : « Vous avez entendu, lui dit-il; êtes-vous prêt à marcher dans ces conditions? î)

M. de Kératry répondit que, d'après cet exposé même, la situation lui semblait très-modifîée. Le 21 et le 22 novembre , quand le ministre avait fait aux Bretons ce pressant appel* les troupes du général Fiéreck fuyaient débandées; l'armée de Bretagne était , dans cette région , le seul élément de résistance que l'on pût immédiatement opposer à l'ennemi pour donner le temps de réunir des forces suffisantes et plus solidement organisées; c'était ainsi que l'intervention de cette armée avait été entendue , le 22 , entre son chef et le ministre dé la Guerre. Or, maintenant, grâce aux renforts venus depuis deux jours , aux troupes que l'on avait pu rallier, ces forces suffisantes semblaient constituées sous les ordres du général Jaurès , et dès lors l'armée de Bretagne , dont l'intervention convenue n'était que temporaire, devait naturellement être rendue à sa destination primitive et tout d'abord au travail indispensable pour achever son organisation. On pouvait toutefois maintenir à Ivré-l'Évéque la division qu'on venait d'y installer; M. de Kératry irait au camp en organiser et en armer une seconde (si le Gouvernepient |ui en donnait Jes moyens),

PREMliaE PARTIE. CHAPITRE IV. 51

puis une troisième , et alors avec toutes ses forces réunies il se trouverait en état d'aider aussi utilement que possible & la défense nationale. Que s*il s'agissait» au contraire, d'engager immédiatement Tarmée de Bretagne dans une série d'opérations militaires plus ou moins bien combinées , mais en tout cas d'une durée indéfinie, il y voyait de graves inconvénients, dont le premier était l'état de préparation insuffisante de la division d'Ivré elle-même.

a Mes troupes, disait M. de Kératry, sont mal a exercées , armées d'hier ! Je leur ai distribué ce a matin leurs cartouches ; je n'ai point de cavalerie, a sauf un demi-escadron de lanciers ; je n'ai que a deux batteries attelées , faute de harnais ; votre a ministère n'a tenu aucune des promesses que vous a m'aviez faites. Je n'ai reçu aucun fusil perfeca lionne , sauf 1 ,400 chassepots sans nécessaires a d'armes, qui m'ont été livrés avant-hier, y

Ici le ministre interrompit le général :

a J*ai tout fait pour vous ! Je vous ai donné tout a ce que vous m'avez demandé ! D'ailleurs , des fua sils à piston suffisent à des mobilisés *. »

C'était justement le mot prononcé huit jours plus tôt dans la Commission d'armement , contre lequel le ministre avait alors protesté en demandant pour les Bretons 30,000 armes perfectionnées, et qui

^ Ou, avec une légère variante : « D'ailleurs, vos mobilisés c peuvent bien se contenter de fusils à piston ; ils suffisent ft bien aux antres mobilisés. « Déposition do général de VlMi^nion , aux Annexes àa rapport , p. 68.

98 LE GâMP DE OOSLIB.

mainteDant, adopté par Ini , tirait de cette adkésioa une gravité tont exceptionnelle.

K Pnisqne vons le prenez ainsi , Monsieur le mi- K nistre , répondit M. de Kératry, je vous déclare c qne je considère la vie dn moindre de mes soldats K comme anssi précieuse que celle de n*importe quel

• antre» et je pense qn^il est absolument de votre de-* a voir et du mien de leur donner les mêmes moyens ft de résistance en les exposant aox mêmes dangers.

• J*ai pris à leur égard , avec votre assentiment , ft des engagements que je dois tenir vis-à-vis de la ft Bretagne. Et dans Fétat de préparation incomplète a de mes hommes , je refuse de les exposer à une « perte certaine, sauf le cas de nécessité absolue...

— a Alors , vous ne voulez pas marcher?

— a Monsienrle ministre, je vonsai fiiit les obsertt vatioDs que mon devoir et ma conscience m^oblia geaient de vons faire. Vous êtes ministre et je a suis soldat, prêt à obéir, — mais je vous prie de a me donner des ordres écrits.

— a Bien , je vous en donnerai. »

Et le ministre reprit alors avec M. Jaurès Tétude des plans de celui-ci, puisse retournant encore vers M. de Kératry, resté muet pendant cette dissertation :

tt Eh bien , vous avez entendu , je pense que nous tt sommes d*accord.

— a Je n'ai rien à ajouter, Monsieur le ministre ; tt je suis soldat et prêt à exécuter vos ordres écrits. -

^- fi C'e?t bien ^ je vous les ferai connaître, »

Et Ton se sépara ' .

Au dire d'un témoin, le ton du ministre, qui tourna à Taigre dans la dernière partie de l'entretien , était dès le principe empreint d'une froideur tellement marquée , que même avant le mot lâché sur les fusils à piston , M. de Kératry ne put s'empêcher de lui dire : a Pourquoi cette froideur entre a nous ? Il y a de vôtre part trop' de préventions ce politiques vis-à-vis de la Bretagne*. »

Mais le point important de cet entretien , c'est la parole du ministre niant le droit des mobilisés bretons à un armement perfectionné. Par là tombaient à la fois les promesses faites à l'armée de Bretagne, les engagements pris envers son chef, et l'une des conditions essentielles, nécessaires au succès de l'entreprise ; ce coup en annonçait un autre , plus grave encore , qui ne pouvait tarder.

Cependant, le 25 novembre, de Tours où il était revenu dans la nuit, M. Gambetta donna l'ordre d'arrêter et de traduire en cour martiale un journaliste du Mans, M. Le Nordez, de V Union de la

Sarûie, coupable d'avoir imprimé que le ministre de la Guerre a n'était nullement satisfait du camp de Conlie » . Pour déjouer de suite cette a calomnie,

1 Nous n'avons fait que reproduire les principaux traits de cette entrevue , dont on trouvera la relation complète dans la 2» déposition de M. de Kératry, aux Annexes, p. 117, 118.

2 Voir aux Annexes (p. 67, 68) la déposition de M. de Vauguion, qui confirme et complète sur certains points celle de M. de Kératry.

54 LE CâyP DE COXUE.

cette manœuTre odiease * , il lança au Mans un télégramme destiné à la publicité , où il déclarait au contraire a avoir eu le plaisir de féliciter lui-même le général Kératry, le général Le Bouêdec, les colonels Rousseau et JuUien, sur rexcellente organisation du camp de Conlie et Tétat des fortifications ' » • Mais en même temps , sans respect pour cette a excellente organisation « , il abrogeait Facte d*oii elle était sortie, le décret du 22 octobre qui avait créé Tarméede Bretagne etle commandementspécial de H. de Kératry ; il ramenait le camp de Conlie au commun régime des onze camps d*instruction institués ce jour même, 25 novembre, dans des conditions tout autres que celles du décret du 22 octobre *. Le lendemain, il brisait l'autonomie de Tarmée de Bretagne en la soumettant, elle et son chef, au com>mandement supérieur du général Jaurès ' ; et, pour compléter cette exécution , il prenait soin , le 27, d*en faire informer H. de Kératry par un télégramme ainsi conçu :

tt Tours, 27 novembre , 2 h. 35 soir. — Délégué^ Guerre à général Kératry.

a Le ministre de Flntérieur et de la Guerre a tt décidé hier que, pour établir Tunité dans le com-

^ Voir aux Annexes (p. 209 à 211) les documents relatifs à Tarrestation de M. Le Nordez.

^ Décret du 25 novembre 1870 sur les camps d'instmctîon. Bulletin des Lois, 12® série, p. 201.

3 Arrêté da ministre de la Guerre dn 26 novembre 1870, aux Annexes du rapport, p. 200.

a mandement des troupes destinées à opérer dans a rOuest, le général Jaurès aurait le commandement tt supérieur de toutes ces forces , y compris celles a placées sous votre autorité directe. Le ministre K me charge de vous en informer. Je vous prie en a conséquence de vous conformer aux instructions a que vous donnera Jaurès sur toutes les opérations a militaires. — Le Gouvernement avait espéré que ce vous feriez une marche plus rapide en avant ^ au a lieu de restera Ivré-rÉvêque, faubourg du Mans, a — Je compte toujours sur votre vaillant concours.

tt C. HE Freycinet. »

M. de Kératry reçut cette dépêche à Conlie, vers quatre heures après midi. A cinq heures, il répondait par sa démission , en chargeant énergiquement ceux qui avaient porté le coup de s*étre, envers le pays, rendus coupable de la ruine de Tarmée de Bretagne ^

Cette démission, après cette dépêche, était inévitable.

M. de Kératry avait accepté, dans des conditions spéciales et avec un commandement indépendant, la mission de former promptement une armée de mobilises bretons. On supprimait son commandement, on changeait les conditions stipulées, on

^ Voir cette réponse de M. de Kératry, la réplique de M. de Freycinet, l'uue et Tautre du 27 novembre, aux Annexes du rapport, p. 5 et 6, et aussi à X Appendice du présent volume.

5a U5 CAMP DE CONLIE.

révoquait les promesses les pins formelles , en un mot on sapait Fœuvre par la base. Comment eût-îl

pu la continuer?

Il avait désapprouvé le plan de campagne dn général Jaurès et soutenu Timpossibilité , pour ses troupes, d'y concourir activement. Et maintenant on le soumettait aux ordres de ce général pour toutes les opérations militaires.

Enfin, à l'heure même où, dans une reconnaissance hardie, il venait de pousser ses jeunes soldats sur un poste occupé par les Prussiens, on blâmait son inaction , sa mollesse , et pour rendre le reproche plus sanglant, on y joignait une louange ironique à l'adresse de son « vaillant concours » .

Quelle dignité, quelle autorité morale serait-îl restée à un général capable d'accepter un pareil blâme et une pareille situation ?

Quant au refus de concourir, du moins sur-lechamp, aux opérations projetées par M. Jaurès, ce qui en démontre le bien fondé, c'est que le premier acte du général Gougeard, substitué à M. de Kératry dans le commandement de la division de marche , fut de déclarer au ministre l'impossibilité où il était de se mettre en mouvement avant d'avoir complété la préparation de ses troupes '; et de fait il ne put

^ Voir, dans la déposition du général Gougeard , sa corres'pondance par lettres et télégrammes , du 28 et du 29 novembre 1870, avec le ministre de la Guerre et le général Jaurès, aux Annexes du rapport, pages 81, 89, 90; cf. dépêche de M. Jaurès au ministre de la Guerre , du 27 novembre , dans la deuxième déposition de M. de Kératry (^Annexes, p. 123), et

quitter Ivre que le 4 décembre, délai sensiblement analogue à celui réclamé comme nécessaire par M. de Kératry.

Mais pourquoi les troupes de Conlie n*étaientelles pas, le 24 novembre, prêtes à faire campagne?

D*abord, parce que dix-huit jours (du 6 au 24 novembre 1870) sont un délai un peu court pour instruire et mettre sur pied une armée. Mais il convient d'aller au fond de cette question, qui mène à examiner, avant de passer outre , les conditions et les circonstances dans lesquelles s* était produite l'entreprise de M. de Kératry. Ces conditions peuvent se classer sous trois chefs :

1" Les qualités et les défauts de l'élément mobi^ lise pris en lui-même ;

2"* Le camp, ses inconvénients, ses avantages ; c 3* Le concours promis, donné ou retiré parle Gouvernement.

anssi deui téIé<{Faimiies ïe M. Gougeard à M. Jaurès , du 6 décembre, aux Annexes, p. 199. Dans une des dépêches de M. Gougeard ^ il y a ce joli mot : « Mon corps d'armée manfe par accident, v — Nous donnons à V Appendice une partie de ces pièces. *

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