LE PARVIS ET LES SACRIFICATEURS
l'« 0BCTIOW. - VUE GÉNÉRALE DU PARVIS ET DU SANCTUAIRE.
Laissons le lépreux guéri daas la pleine possession de son bonhear et poursuivons notre revue du tabernacle. Nous sommes devant la porte du parvis. Avant de la franchir, jetons un coup-d'œil général sur le sanctuaire et son enceinte.
La cour, ou vestibule du tabernacle proprement dit, est un vaste rectangle de cent coudées (environ 175 pieds) de long sur cinquante coudées de large (1), fermé par une tapisserie ou tenture de byssus, lin ou coton très-fin, suspendue à soixante pilastres d'airain , de cinq coudées de hauteur. Les soubassements des pilastres sont d'airain ; les
(1) La coudée hébraïque est d'environ 2i pouces.
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agrafes et les anneaux qui retiennent la tapisserie sont d'argent. Le parvis n'a d'ailleurs qu'une seule entrée, en face de celle du sanctuaire, et cette entrée a pour clôture un voile de lin brodé de bleu céleste, de pourpre et d'écarlate, soutenu par quatre pilastres, et ayant vingt coudées de largeur (Exode, XXVIl, 9-19; XXXVIII).
Tel est le parvis du tabernacle. C'est au milieu de cette vaste enceinte que Moïse a placé l'autel et la cuve d'airain, et qu'il a fait dresser le sanctuaire dont on a tourné l'entrée vers l'Orient. Il l'a fait exactement selon le modèle qui lui avait été montré sur la montagne (Exode, XXVI, 30). Les ais ou planches qui en forment la diarpente sont de bois de fiitiim (1) revêtu de lames d'or. Quatre couvertures l'enveloppent; la première, à l'intérieur, servant de plafond au sanctuaire, est encore de lin , brodé de bleu, de pourpre et d'écarlate, conforme au voile du parvis, mais semée de chérubins ; la quatrième, à l'extérieur, faite de . peaux de blaireaux (2) , garantit la maison de l'Eternel des injures de l'air. Il se compose de deux compartiments : le lieu saint, contenant la table d'or, le chandelier d'or et l'autel d'or ; et le lieu très*saint, renfermant l'arche de l'alliance recouverte de sa table d'or, appelée le propitiatoire. Le lieu saint se ferme au moyen d'un voile pareil à celui qui pend à l'entrée du parvis ; le lieu très-saint est clos d'un autre voile de la même étoffe et des mêmes couleurs, mais semé de chérubins comme l'enveloppe intérieure du tabernacle. C'est le voile
(1) L'acacia noir, à ce qu'on suppose ; il croît en abondance dans là presqu'île de Sioaï ; son bois ressemble à l'ébène ; uni , beau , dur, incorruptible, il servit à faire la charpente du tabernacle et les principaux instruments sacrés.
(2) Le sens du mot hébreu est incertain. On le rend souvent par blaireau ( voir la version anglaise ).
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par excellence, le grand voile. Enfin, sur le tabernacle re^ pose la nuée miraculeuse qui rensplit aussi le lieu très-saint (Exode, XXVI, XXXVI, XL, etc.).
Pris dans son ensemble, le tabernacle avait une haute portée symbolique. Il préfigurait le Seigneur Jésus-Christ. Gomme il y avait deux choses à considéi^r dans le labernacie, savoir la maison même et celui qui la remplissait de sa présence, il y a pareillement deux choses à considérer en Christ, la nature divine et Ja nature humaine, la première résidant dans la seconde, non plus en symbole, mais en réalité. La Parole a été faite chair et elle a habité parmi Yum$ {grec y elle a dressé son tabernacle au milieu de nous), jptetne de grâce et de vérité. Le corps de Christ est le temple de Dieu, car en lui toute la plénitude de la Divinité a bien voulu habiter corporellement^ et c'est tout particulièrement au sanctuaire de son humanité que s'applique la parole dite au sujet du temple : Mon Nom est là (Jean, I, 14; II, 19. Col., I, 19; II, 9. 1 Rois, VIII, 29).
L'Eternel habitait au milieu d'Israël par le moyen du ta* bemacle. Il habite maintenant dans l'Eglise en la personne de Jésus-Christ.
Le tabernacle, recouvert de ses enveloppes extérieures, avait une fort modeste apparence , mais intérieurement if resplendissait de la gloire de Jéhovah : tandis qu'au dehors tout n'était qu airain, au-dedans brillait partout l'or le plus pur. Ainsi en est-il de Jésus. 11 n'y a rien en lui à le voir qui^fasse que nous le désirions; mais si, par la foi, nous entrons dans la communion d'Emmanuel, alors nous trouvons que la grâce est répandue sur ses lèvres et qu'il est plus beau que pas un des fils des hommes (Esaïe, LUI. Ps. XLV, etc.).
Le tabernacle avait été consacré, mis à part, pour le service de Dieu par la double aspersion du sang des victi-
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mes et tfaoe huile aromatique préparée à cet effet (Exode, XXX, 22. Hébr., IX, 21, etc.). Christ a de même été consacré Sauveur par le baptême du Saint-Esprit et par Faspersion du sang qu'il a versé pour nous.
Enfin , comme c'était dans le tabernacle qu Israël recherchait FEternel et sa face, qu'il lui offrait ses oblations, ses vœux et ses louanges , et que le Seigneur acceptait le culte de son peuple, c'est en Jésus-Christ que nous rencontrons maintenant le Père, et c'est en lui seul qu'il agrée nos prières, nos actions de grâce et nos adorations.
Mais en même temps qu'Emmanuel, Dieu manifesté en chair, le symbole nous montre l'Eglise qui est son Corps. Dieu n'a plus d'autre tabernacle sur la terre. Edifice spirituel, composé d'ais animés. Dieu la remplit maintenant de sa présence en grâce, en attendant qu'il la remplisse un jour de sa présence en gloire. Chaque membre de l'Eglise de Jésus est individuellement un tabernacle de Dieu en esprit; il est un temple, un sanctuaire où l'Esprit saint réside, où le Seigneur veut être servi, honoré, adoré; où doit resplendir la lumière de sa grâce, d'où doit s'élever à lui le parfum continuel de la prière et de l'oraison (Eph.^ IL 1 Cor., III. 2 Cor., VI, etc.).
Le tabernacle vu de dehors n'avait, disions-nous, rien d'imposant, et sa beauté, sa richesse étaient tout intérieures; l'Eglise n'a rien non plus extérieurement qui fasse qu'on l'apprécie et qu'on la recherche ; mais au-dedans elle est toute pleine de gloire, car en elle habite le Dieu trois fois saint (1 Cor., I. Eph., II. Jean, XIV, etc.).
Le tabernacle avait été consacré par la double aspersion du sang et de l'huile. L'Eglise a de même été consacrée à Dieu , sanctifiée, par la double aspersion du sang et de l'Esprit de Christ.
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Enfin, comme c'était dans le tabernacle que Dieu manifestait sa présence, rendait ses oracles, et recevait le culte qui lui est d&, c'est aussi dans TEglise qu'il se fait maintenant connaître et qu'il reçoit le culte en esprit qui lui appartient; c'est de là que sa Parole retentit dans le monde, et c'est là que le Père a ordonné la bénédiction et la vie à jamais : hors de Christ et de l'Eglise, qui est son Corps, il n'y a poar Tâme humaine, ni lumière, ni vérité^ ni vrai culte, ni saint (Eph., II. Apoc, II, etc.).
Les divers compartiments du tabernacle, comme le tabernacle pris dans son ensemble, ont également leur signification mystique. Le parvis où nous allons trouver l'autel et la cuve d'airain, symboles de l'expiation et de la régénération, le parvis représente la terre oii Jésus s'est immolé pour nous, où la sacrificature apparente, l'Eglise dans son état actuel de mélange, sert Diea dans la profession publique de la rédemption par le sang et l'Esprit de Christ. Le lieu saint oii nous trouverons ensuite la table des pains de proposition, le chandelier d'or et l'autel des parfums, figure encore la terre et l'Eglise sur la terre, mais la vraie Eglise ( Dieu seul la connaît) , la sacrificature royale, déjà lavée dans le sang et dans l'eau , se nourrissant maintenant chaque jour du pain de vie placé pour elle sur la table du Seigneur, marchant devant sa face à la douce et pure clarté du chandelier de sa Parole , et lui offrant dans la communion de Christ l'encens quotidien de la louange et de l'adoration.
Enfin, le lieu très-saint représente le ciel, le vrai sanctuaire , ou Jésus comparaît pour nous devant le trône de grâce, auguste et sublime antitype de l'arche de l'alliance (Hébr., IV, IX, etc.); il figure aussi TEglise dans son état futur ou état de gloire, comme le lieu saint nous la montre ,