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dans son état actuel ou état de grâce. Le liea saint et le tîea très-saint sont adéquats, et tout ce que celui-là renferme doit entrer un jour dans celui-ci (Hébr. et Apec).
Telle est la signification du tabernacle ; préfiguration symbolique de Christ et de l'Eglise. Il proclame leur unité : un seul et même Père anime et remplit de son Esprit Je Corps de Christ, comme un seul et même Jéhovah remplissait le tabernacle (Eph. , IV). Il proclame aussi le vrai principe de la communion des saints : ce qui constitue celte communion bénie ^ ce n'est pas, en effet, d'appartenir à la même dénomination religieuse, de concevoir de la même manière les points secondaires de doctrine, de pratique ou de marche chrétienne , c'est d'appartenir au même tabernacle en esprit. Les enfants de Dieu doivent se supporter, se recevoir, s'aimer les uns les autres, parce que le même sanctuaire (maintenant le lieu saint, bientôt le lieu très-saint), le même sanctuaire les réunit, le même Esprit les anime, le même sang les a lavés, la même grâce les a renouvelés, le même pain les alimente, le même chandelier les éclaire, le même feu brûle leur encens, le même autel sanctifie leur parfum , le même souverain sacrificateur, enfin, dirige et purifie leur culte et le présente au même Père parfaitement digne dû son acceptation (Eph. , IV).
Se sBcnOM. - LA PORTE DU PARVIS ET LA CONGRÉGATION D'ISRAËL.
La porte du vestibule est le rendez-vous général de la nation; c'est là que, tous les sabbaths, se forme la sainte congrégation d'Israël. Les moments les plus solennels de la journée sont ceux où l'on offre l'holocauste du matin et celai du soir. Mais jamais Ton ne se réunit en si grand nombre aux
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abords da parvis que pendant les solennités de ia Pâque, de la Pentecôte et des Tabernacles. Alors, au son clair et argentin des Ironapettes sacerdotales, laissant toute œuvre servile, le peuple en foule accourt au tabernacle de toutes les parties du camp (Nombr., X, 2, etc. ). Chacun apporte à Dieu ses dons ou ses sacriGces, et les remet aux ministres du sanctuaire qui les présentent devant l'autel, car la loi ne permet pas à l'Israélite de paraître alors devant le Seigneur les mains vides (Ex., XXIII, 15; XXXIV, 20. Deut., XVI, 16, etc;).
Je remarque que les Hébreux , assemblés à la porte du tabernacle, ont le visage tourné vers le sanctuaire et vers la Gloire, et par conséquent le dos tourné au soleil levant. Cette attitude est précisément l'inverse de celle que prendront dans le temple ces sacrificateurs infidèles qu'un prophète (Ez., VIII, 16) y verra plus tard adorant le soleil au mépris de Celui qui l'a fait. C'est apparemment une dramatique et solennelle protestation contre l'idolâtrie orientale, laquelle consistait essentiellement à se prosterner devant l'astre du jour au moment oii il apparaissait sur l'horizon. Elle disait de fait à l'Israélite : Tu n'auras point d'autre dieu devant la face de Jéhovah. Elle dit au chrétien : Tourne le visage à ton Père, et le dos aux vaines idoles qui lui disputent la possession de ton cœur.
Mais il est une classe d'enfants d'Israël qui n'ont point la liberté de se rendre aux abords du parvis ; ce sont justement ceux que nous avons. rencontrés à la porte du camp. Dure privation pour eux! pour les lépreux surtout, repoussés de la communion de leurs frères et de leur Dieu, et «'écriant dans l'amertume de leur âme : Tes autels, â Eternel des armées f mon Roi et mon Dieu! oh quand enirerai-je et me présenterai-je devant ta face! (Ps. LXXXIVet XLII). Leur
souillure cérémonielle nous rappelle de nouveau noire impureté morale; leur exclusion temporaire du camp nous remet en mémoire les paroles de TApôtre : Ne communiquez point au.v œuvrez infructueuses des ténèbres , mais plutôt reprenezles; étez le méchant du milieu de vous (Eph., V. 1 Cor., V, etc.). Elle nous dit encore que rien d'impur ni de souillé n'entrera dans la cité de Dieu , mais que dehors seront jetés les chiens j les empoisonneurs, les fornicateurs , les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et commet la fausseté (Apoc. , XXI, XXII). Enfin, les purifications quils ont à subir avant de pouvoir rentrer au camp nous pressent de recourir sans relâche à Celui qui est assis pour nettoyer les fils de Lévi (MqI., III). On naura pas entièrement oublié ce qui concerne Teau de séparation ( p. 61 ). La provision n'en tarissait point en Israël. La source ouverte pour le péché dans l'Eglise tarit bien moins encore, et jamais non plus l'eau qu'elle contient ne perd de sa vertu purificatrice. Enfin, de même qu'en Israël il y avait toujours quelqu'un, sacrificateur ou autre, pour verser l'eau lustrale sur celui qui devait en être aspergé , il y a de même dans TEglise un souverain sacrificateur toujours prêt à faire à notre âme l'application du sang précieux qui nettoie de toute impureté.
Maintenant examinons de plus près la porte du parvis avant de la franchir. C'est donc une belle et riche tenture de lin (p. 87) brodée aux trois couleurs, bleue, pourpre €t écarlate, et suspendue à quatre colonnes de bois de sittim. Ordinairement soulevée, elle permet aux sacrificateurs et aux lévites, campés immédiatement autour du tabernacle, d'entrer et de circuler librement dans le vestibule, et aux Israélites assemblés vers la porte , de voir les cérémonies qui s'y pratiquent. De la place oii nous sommes, c'est-à-dire de la porte du pcrvis, tous les voiles du tabernacle, ser-