‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 19 sur 68 · LES SACRIFICATEURS U · texte numérisé non relu

LES SACRIFICATEURS U

d'aulant mieux la parfaite sainteté du Christ; c'est dans ce même but qu ils pratiquent de continuelles ablutions dans le parvis.

Us s'abstiennent de vin et de tout breuvage enivrant pendant qu'ils officient au tabernacle ( Lév. , X), ce qu'ils font, non-seulement pour se préserver de tout écart dans le service de la maison de l'Eternel, mais de plus, selon l'intention divine, pour donner à comprendre combien serait sobre et vigilant le Sacrificateur des biens à venir, dont la nourriture et le breuvage seraient d'accomplir la volonté de son Père.

Il leur est interdit de prendre une femme répudiée ou dune réputation équivoque, et le souverain pontife ne peut même épouser qu'une vierge. Jésus est l'Epoux de l'Eglise qu'il s'est indissolublement unie et éternellement appropriée comme une vierge chaste , après l'avoir purifiée par le lavage d'eau dans la Parole (2 Cor., XI. Eph., V).

Enfin, c'est à l'âge de trente ans que les ministres du sanctuaire entrent dans leur charge (Nomb., IV). C'est à rage de trente ans , âge requis par la loi , que le Christ devait entrer dans la sienne (Luc, lil), et cela par le baptême et l'onction du Saint-Esprit, réalité des choses dont les premiers ne recevaient que Ijb signe (A).

Les sacrificateurs lévitiques ne préfigurent pas Jésus- Christ dans leur élection et leurs qualifications seulement; ils le représentent aussi dans leur consécration; en effet, ce n'est pas de leur propre mouvement qu'ils sont entrés dans le sacerdoce, mais Dieu lui-même les y a solennellement installés par l'organe de Moïse. Voici, d'après Lév., VIII (avec Ex., XXIX), quel a été le cérémonial de leur investiture.

D'abord , une ablution complète de leur corps à l'entrée du tabernacle : ils n'auront plus ensuite qu'à se laver les

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mains el les pieds, dans le service journalier de la maison de Dieu. Pais , le revêtement des habits sacerdotaux y en commençant par Aaron, et l'effusion de l'huile aromatique (Lév., XXIV) sur la tête du souverain sacrificateur. De là, répétons- le, le nom de sacrificateur-oint qui lui sera désormais donné. Les fils d'Aaron n'ont pas été oints, car il n'y a proprement qu'un sacrificateur, les autres n'étant envisagés que comme ses aides.

Après cela , viennent trois sortes de sacrifices : 1** oû veau pour le péché, dont le sang est mis par Moïse sur les cornes de l'autel, et le corps tiré et consumé hors du camp; 2^ un bélier pour l'holocauste; 3® un autre bélier, appelé le bélier de la consécration ou installation. Ce dernier sacrifice, qui n'est au fond que le sacrifice de prospérité, est le principal de la cérémonie. L'original nomme Fanimal immolé^ bélier de la plénitude ou remplissement (I) , c'est-à-dire bélier dont les graisses intérieures et l'épaule droite, avec les gâteaux et les beignets offerts en ce même jour, devaient remplir les mains des sacrificateurs (Ex., XXIX, 29) el leur conférer ainsi l'investiture ou droit d'exercer leur ministère.

Ensuite, le sang du bélier de la plénitude a été mis sur le bout de l'oreille droite des sacrificateurs , sur le pouce de leur main droite , et celui de leur pied droit; puis, répandu, comme l'huile sainte, sur leur personne entière et leurs vêlements ( Lév., VIII, 30), toujours en commençant par

(1) La version des Septante dit : Bélier de la perfection ou consommai tion. Consacrer un sacrificateur, c'est, en hébreu, remplir ses mains ^ en grec, le perfectionner^ le consommer (Hébr. , II, etc.). Au reste, Aaron el ses fils, comme on le voit, ont été consacrés par les trois sacrifices (péché, holocauste, prospérilé.) qu'ils devaient offrir journellement ô raulcl(Lév. ,1— IV).

le chef de la famille. Eq même temps, les graisses du bélier et son épaule droite y avec uo des pains sans levain , un des gâteaux pétris à Fhuile, et un des beignets oints d'huile, tous faits de fleur de farine , préparés d'avance et mis dans une corbeille dès le commencement de la cérémonie, ont été placés sur les paumes des mains d'Aaron et de ses fils^ tournés devant Dieu , puis offerts de leur part sûr Tholocauste en suave odeur : cela feiil> la poitrine du bélier, réservée à Moïse , a de même été tournoyée, et ce qui reste de sa chair, bouilli, puis mangé par les sacrificateurs avec du pain de la corbeille , à l'entrée du tabernacle d'assignation. La cérémonie de l'investiture des sacrificateurs a duré dept jours. Bile avait sûrement un sens moral : ainsi , par exemple, Fapplicatioti du sang sur les trois parties de leur corps , purifiées et consacrées au nom et en la place de toutes les autres , exprimait sans nul doute que leur service et leur personne , que leur intelligence , leur force , leur activité , que toutes leurs facultés et tout leur être devaient être consacrés à Dieu sans réserve, et pour cela préalablement purifiés. Mais, par-dessus tout, la cérémonie avait une intention symbolique. Jésus-Ghrist ne s'est pas ingéré de lui-même dans le sacerdoce; celui-là l'a fait souverain sacrificateur qui lui a dit avec serment : Tu es Sacrificaleur éternellement telon Vordre de Melchi'sédec (Héhr.y V). Parfaitement saint, il a reçu l'onction de l'Esprit sans mesure pour nous la communiquer (Es., LXl. 1 Jean, II) : de là le nom de Christ (oint) qu'il porte et qu'il nous donne (chrétiens). Il a souffert; il a été comme arrosé du sang qu'il a répandu pour nous ^t qui lui a ouvert, et à nous en lui et par lui, la tombe d'abord, puis le ciel, où il l'a porté devant Dieu (Hébr., XII, XIII). Consommé par les souffrances, il est devenu l'auteur du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent

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(Hélir., V). Maintcnaat, ses mains ne sont point vides devant TElernei; elles sont pleines , tout au contraire, pleines de ce qu'il y a de plus excellent au monde, de la chair du mystique bélier de la plénitude , laquelle il offre à Dieu pour nous. Sacrificateur désormais accompli , il nous a consacré nousmêmes sacrificateurs à Dieu son Père. Privilège glorieux que le nôtre! Baptisés de son Esprit, lavés dans son sang {Tile, III), dépouillés de la robe souillée de notre justice per-^ sonnelle et revêtus par la foi de sa justice comme de notre robe sacerdotale, oints enfin de Thuile de sa grâce q«e lui seul a reçue, selon le type (Ex., XXIX, 7. Lév., VIII, 12), mais pour la répandre sur tous les membres de son Corps mystique, nous possédons en lui le droit de servir le Père en esprit dans le vrai tabernacle , en même temps que les grâces nécessaires pour le faire avec joie et avec fidélité. Investis de la royale sacrificature, offrons donc journellement à Dieu, par la foi, des oblations spirituelles qui lui soient agréables : avant toutes les autres, la très-sainte Victime qui s'immola pour nous et de laquelle, suivant le symbole, il a lui-même rempli nos mains (Ps. GXXXIII. Eph., IV. Tite, III. 1 Pierre, IL 1 Jean, II).

Le lecteur aura sans doute remarqué la frappante analogie qui existe entre la consécration des sacrificateurs et la purification des lépreux (Lév., VIII et XIV); ce sont en général les mêmes sacrifices , les mêmes aspersions de sang et dhuile , sur les mêmes parties du corps, etc. Humiliant et salutaire rapprochement! Tout pauvre pécheur, lépreux de sa nature, qui croit en Jésus, devient donc un sacrificateur spirituel; comme aussi d'autre part tout sacrificateur spirituel , le Christ seul excepté , n'est en lui-même qu'un pauvre pécheur souillé , qu'un lépreux , qui , pour être mis en état de servir le Père, a eu préalablement be-

sotû d'être lavé dans le sang du Sauveur et sanctifié par son Esprit.

Il faudrait un volume pour développer le symbole. Ainsi, par exemple, le sang mis sur les parties du corps que nous venons de nommer, avait sûrement une signification typique. L'oreille, cet organe par lequel nous recevons la comm4inication de la volonté du Seigneur à notre égard y Toreilie est le symbole de l'intelligence; les mains et les pieds, instruments à Taide desquels nous exécutons ce que nous savonsde ses intentions, figurent (p. 81 ) la force, le service et l'activité de l'homme. Eh bien, tout cela, répétons- le, intelligence, force, activité, tout cela, chez nous, a besoin d'être lavé, continuellement lavé dans la grâce de Jésus, pour que nous soyons rendus capables d'écouter les saintes paroles, de toucher aux choses saintes et de marcher daus. les saints parvis du Seigneur, puis maintenus dans ce bienheureux état.

Article 2. — Le Souverain Sacrificateur (Ex., XXVIII et XXXIX. Deut., XXXIH, 8).

Entre les hommes qui exercent la sacrificature lévitîque, il en est un surtout qui nous frappe par la majesté de son port, par l'air de dignité i:épandu sur toute sa personne et les vêlements dont il est paré. C'est un octogénaire, le frère de Moïse. Sur le fond blanc d'une longue tunique de lin , semblable à celle de ses fils, se détache une robe du plus beau bleu céleste , au bas de laquelle pendent des grenades tricolores entremêlées de clochettes d'or. Cette robe est le rochet ou surplis. Sur le rochet repose l'éphod et sur l'éphod resplendissent les diamants du pectoral. Une tiare magnifique, entourée d'une lame d'or, avec ces mots : Sainteté à

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r Eternel! ceint le front du souverain pootife. C'est lui qui, sous la loi, nous offre le type le plus éminent de notre G rand-Sàcrificateur. ^

Âaron le préfigurait dans son unité : comme il n'y avait, sous la première dispensalion , qu'un seul souverain sacrificateur, il n'y en a qu'un non plus sous la nouvelle, Jésus-Christ notre Seigneur , toujours vivant pour intercéder en faveur de ceuœ qui s'approchent de Dieu par lui (Hébr., VU, IX).

Il le préfigurait dans sa dignité : c'est lui qui consacrait les sacrificateurs^ qui instruisait le peuple et lui faisait connaître les volontés de l'Eternel. Jésus-Christ appelle de même ses disciples et les établit sacrificateurs; il les guide en leurs voies, les conseille, les éclaire et les conduit dans toute la vérité.

Il le représentait dans sa qualité de médiateur ; car, bien que cette qualité fût spécialement attribuée à Moïse, Âaron la partageait néanmoins avec lui : par le premier, l'Eternel avait fait une alliance avec Israël ; par le second , il réconciliait journellement avec lui-même Israël violateur de cette alliance; entre eux deux, ils représentaient la double médiation de Christ : en effet, c'est par Jésus, médiateur à la façon de Moïse, que la nouvelle alliance a été traitée, et c'est par Jésus , médiateur à la manière d'Aaron, que sont ^urnellement effacées les transgressions commises contre cette alliance et que nous est maintenue la jouissance de ses riches bénédictions.

Il 1^ préfigurait, enfin, par la nature et la beauté de ses vêtements pontificaux : pâles et terrestres reflets des splendeurs divines de notre Grand-Sacrificateur. Nous allons les reprendre l'un après l'autre dans l'ordre où les présente le XXV11I« chapitre de l'Exode. Mais remarquons aupa-

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ravant que la sacrifîcature du Seigneur sWre à nous sous deux aspects différents : sous le type d'Aaron et sous celui »de Melchisédec. Envisagée sous l'un de ces symboles, elle est une sacrificature de propitiation ; sous l'autre^ une sacriiieature de bénédiction et de royauté. La première, Jésus Texerce à cette heure; il exercera la seconde dans le siècle à venir (Gen. , XIV. Zach., VI. Apoc). Le XXVIII* chapitre de l'Exode se rapporte essentiellement à la sacrificature propitiatoire du Rédempteur; mais^ par plus d'un trait, plus d'un détail des insignes du souverain Pontife, il fait également pressentir le sacerdoce royal de Jésus* Christ (B).

Uéphody tunique raccourcie, de fin lin retors, brodée de bleu, de pourpre et d'écarlate, comme les voiles du tabernacle, couvrait la partie supérieure du corps d'Aaron, auquel il se rattachait par une ceinture d'or (1). Deux pierres d'onyx (la plus belle espèce d'agathe), enchâssées dans de l'or, le liaient aux épaules ; et sur ces deux pierres brillaient les noms des douze patriarches gravés selon l'ordre de leurs naissances, six sur l'une des épaulettes de l'éphod et six sur l'autre. C'est ainsi qu'Aaron portait devant Dieu les enfants d'Israël. Quand donc il paraissait en sa présence dans le sanctuaire, c'était la nation qui paraissait devant lui ; Dieu la voyait comme sur les épaules du représentant qu'il lui avait donné; il l'aimait en lui et la bénissait à cause de lui. Jésus porte de même l'Eglise sur ses épaules, et, maintenant en la personne adorable du Médiateur, elle est continuellement présente devant le Père dans le sanctuaire étemel. Dieu la voit comme sur les épaules de son glorieux

(i) Les sacrificateurs ordinaires avaient aussi Téphod ; mais il n'y avait d'or qu'à celui du souverain sacrificateur (1 Sam. , II , i8 ; XXII , 18 , etc.).

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représentant ; il Faime en lui d'un amour parfait et la bénit à cause de lui de toute l'abondance de ses plus riches bénédictions.

Voilà ce que dit le beau type de la loi. 11 dit de plus que Jésus porte ici-bas l'Eglise, qu'il la porte dans tous ses combats^ dans toutes ses douleurs, dans tous ses travaux, et la soutient de la plénitude de son pouvoir. Admirez à cette occasion l'opposition que présente le XLVl" chapitre d'Esaïe, Tandis que les faux dieux des nations sont portés sur les épaules de leurs adorateurs succombant sous ce lourd fardeau, Jésus, au contraire, porte sur les siennes tous ceux qui le servent et les porte jusque dans leur vieillesse toute blanche. Ses épaules ne fléchissent point sous le faix. Il porte ma personne , il porte mes peines , tout le poids de mes circonstances terrestres ; oh ! pourquoi donc voudrais-je toujours les porter moi-même 1 Mais d'autre part , imitateur de la charité de Jésus, puissé-je, à ma manière et selon la mesure de force qu'il me donne , porter aussi , moi , les charges de mes frères et accomplir ainsi la loi de Christ (Gai. , VI)!

Sur l'éphod reposait le pectoral de même tissu que liii , brodé aux mêmes couleurs, portant, sur quatre rangées, douze joyaux pareillement enchâssés dans de l'or avec les noms des patriarches, et se rattachant aux épaules par deux chsdnettes d'or, à la ceinture par deux cordons bleus ; de telle sorte que, selon l'expresse recommandation du Seigneur, il ne bougeait point de dessus le cœur du souverain pontife (Vers. 28, 29, XXXIX, 21). De cette manière, Aaron portait continuellement la nation devant Dieu sur son cœur, comme il la portait aussi sur ses épaules. Je ne connais rien dans tous les types du tabernacle qui donne une plus douce, une plus vive et plus touchante idée de l'unité de Christ et de son Corps mystique et de l'amour de Jésus

pour son Eglise. Il la porte sur son cœur en môme temps que sur ses épaules; il la porte devant Dieu continuellement dans le vrai tabernacle, et la présente à la tendresse du Père, comme l'épouse de son choix, comme sa colombe, son unique. L'Eglise, selon le magnifique symbole , ne bouge point de dessus le cœur de son glorieux Répondant. Dieu la voit en Jésus, il la voit parfaite en beauté, et quand le fleuve de ses affections s'épanche de ses entrailles paternelles sur le Fils de sa dileçtion, il rencontre en son Gours l'Eglise et inonde des mêmes grâces la bien-aimée et son Epoux divin. Jésus la porte comme le berger ses agneaux, comme la mère ses tendres nourrissons. // l'a mise y dit le Cantique, comme un cachet sur son cœur, il fa mise comme un cachet sur son bras. Dans toutes ses tribulations, dans toutes ses luttes, il la soutient à la fois de la plénitude de son pouvoir et de la plénitude de ses compassions. Qui la séparerait de sa charité? (Esaïe, XL. Cantiq. , VIII,

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