‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 25 sur 68 · LE SACRIFICE POUR LE PÉCHÉ · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE POUR LE PÉCHÉ

dont il devait ôter la souillure. D'abord l'imposition des mains. Celte cérémonie avait lieu dans toutes les oblations sanglantes, dans l'holocauste et le sacriBce de paix , comme dans le sacrifice pour le péché; car, ainsi qu'on l'a vu, toutes ces oblations avaient un caractère vicarial, mais plus particulièrement empreint, plus fortement accentué dans le sacrifice pour le péché , sacrifice purement et simplement expiatoire. Alors, surtout, l'imposition des mains exprimait la transmission de la coulpe , le transfert du péché du Juif à l'animal immolé en sa place (Lév«, IV et XVI). Le mot de l'original , rendu par imposer (les mains) , et qui est le même pour tous les sacrifices, signifie littéralement appuyer ^ poser en appuyant; il fait image: on voit la victime baissant, courbant , pour ainsi dire, la tête sous le faix du péché de TIsraélit^. C'est ainsi que Jésus devenu péché et malédiction pour nous, Jésus sur qui l'Eternel a fait venir toutes nos transgressions , a courbé la tête sous le poids de nos iniquités et des vengeances qu'elles appelaient sur nous.

La loi avait encore une autre manière de marquer l'identification de Christ et du pécheur, et d'exprimer l'effet du sacrifice de Jésus , à savoir la mauducation de la chair de la victime expiatoire par les sacrificateurs. En effet, le jour de leur consécration, ils mangeaient la chair de l'animal immolé pour le peuple. Cette chair, dit le Lévitique, était une chose très-sainte qui leur était donnée pour porter r iniquité de r Assemblée, afin de faire propitiation pouf elle devant Dieu (Lév., X , 17). Les sacrificateurs, en mangeant ce jour-là la victime chargée du péché d'autrui, s'identifiaient en quelque manière avec elle, si bien que le péché était comme absorbé, consumé par eux, qu'il se perdait et disparaissait en eux. Jésus a de même mangé, absorbé pour ainsi dire, le forfait de son peuple; nos péchés

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se sont comme perdus en lui notre grand Sacrificateur, et ont ainsi disparu pour jamais (Nomb., XXIII ^ 21. Jérém.^ L,20).

Nous avons dit que les sacrifices expiatoires , envisagés relativement à leur forme, se subdivisaient en deux sortes; les sacrifices dont la chair était mangée par les sacrifica* teurs, et ceux dont le corps était brûlé hors du camp et le sang porté dans le sanctuaire pour y faire propitiation. Eh bien, l'un et l'autre sacrifices, le mangé et le consumé , préfiguraient également la grande oblation de TEvaugile , mais ne la présentaient pas exactement sous le même aspect. Tandis que le sacrifice brûlé peint Jésus endurant la malédiction pour nous hors de Jérusalem et portant ensuite dans le sanctuaire céleste le sang qui crie grâce sur nous, le sacrifice mangé le préfigure en tant qu'il ^te nos offenses, puis nourrit et restaure nos âmes. Leur réunion donnait une idée suffisamment complète de l'expiation future du Messie et de ses bienheureuses conséquences, comme le fait maintenant la cène qui nous rappelle Celui qui est tout à la fois notre victime de propitiation et notre très-saint aliment.

Le sacrifice mangé mérite en particulier toute notre attention. Symbole complexe, il se rapporte en même temps, on le voit, à Christ et au chrétien : Christ mon sacrificateur a mangé mon péché; et moi-môme, devenu sacrificateur à Dieu par Jésus, je mange à mon tour Christ qui s'est fait péché pour moi. Les deux choses sont également vraies , notamment la seconde. Christ crucifié est notre aliment; il est la viande de la sacrificature évangélique; la nourriture substantielle que Dieu lui a préparée, et qu'elle mange dans le vrai tabernacle, comme la sacrificature lévitique mangeait la chair de la victime expiatoire dans le parvis du Seigneur. Heureuse sacrificature! que n'use-t-elle mieux de ses privi-

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