‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 26 sur 68 · LB SACRIFICE POUR LE PÉCHÉ · texte numérisé non relu

LB SACRIFICE POUR LE PÉCHÉ

léges ! Pendant que le monde, autour d'elle, courant après les vanités mensongères, languit' dans les tortures de la faim, tout en rêvant qu'il mange ( Es. , XXIX), elle peut se rassasier à plein de l'aliment qui seul nourrit, de la chair et du sang du Fils de Dieu. C'est le pain des enfants, la manne que l'Esprit saint replace devant eux continuellement, c'est leur viande, leur pâture journalière. Ce vrai pain du ciel, le fidèle le mange dans toutes les circonstances de sa vie, seul avec son Dieu , ou réuni à ses frères , et notamment quand, dans la cène , il en reçoit avec eux les précieux symboles ( Jean , VI ) (1). Son cœur en est restauré. Voilà ce que l'intelligence humaine ne comprend point, voilà ce dont la foi jouit. Oh! Seigneur, nourris-nous toujours de ce painlà 1 L'homme naturel le dédaigne; l'orthodoxe disserte sur ses vertus nutritives sans se l'approprier ; l'âme éclairée par le Consolateur le mange, et seule elle en connaît la saveur ; elle vit de la foi au sacrifice de Jésus , de la méditation de tout ce qu'il souffrit pour notre salut: elle trouve son bonheur à lire et à relire, de la Genèse à l'Apocalypse, tout ce que les saintes pages, sous des formes constamment variées, nous retracent des humiliations, des travaux et des souffrances de l'Homme de douleur. Le Lévitique en particulier a pour l'âme spirituelle un irrésistible attrait. Mais, sous ce rapport, aucun livre de l'Ecriture ne l'intéresse autant peut-être que celui des Psaumes, qui nous fait assister aux terreurs mystérieuses de Gethsémané , aux humiliations du prétoire, à la sombre agonie de Golgotha; où nous entendons le Seigneur Jésus se plaindre et gémir sous la main cruelle de Satan et de ses suppôts, dans l'abandon de ses proches et de ses fa-

(1) 11 s'agit, en effet, dans ce chapitre , d'un aliment que je dois pouvoir manger de nuit comme de jour , seul comme avec mes frères, puisque mon salut y est attaché.

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miliers amis, surtout sous le poids de la colère de Dieu; où lui-même enfin nous initie à toutes ses peines, à toutes ses alarmes, à toutes ses tortures physiques et morales, et jusqu'aux moindres particularités de ses douleurs.

Plus qu'un mot. Jésus est donc notre offrande expiatoire. Eh bien, tournons avec confiance nos regards vers la trèssainte Victime qui courba volontairement la tête sous le faix de nos iniquités; reposons-nous avec une pleine sécurité sur son parfait sacrifice; mangeons sa chair, buvons son sang, nourrissons-nous journellement de sa grâce; alors nous aurons sa vie demeurant en nous, nous serons forts de sa force, et les joies de son paradis auront commencé pour nous sur la terre (1).

ARTICLE 4. — Oblations sanglantes comparées.

Telles sont les oblations sanglantes, bases du culte lévitique, symboles de la propitiation de Christ. Si l'on eût demandé à un Juif par quel moyen le pécheur pouvait se réconcilier avec Dieu , il eût à l'instant même indiqué les sacrifices ; adressez la même question à des milliers de chrétiens de nom, ils vous indiqueront tout excepté le seul moyen de rentrer en grâce avec la Divinité : tant il est vrai que la première notion du culte et de la religion selon Dieu leur manque.

Les oblations que nous venons de passer en revue proclament l'humanité réelle de Christ et de fait aussi sa divinité. Elles proclament sa nationalité juive , sa parfaite innocence, la réalité et la grandeur de ses souffrances vicariales , en même temps que la sainteté et la justice de Dieu ,

(1) Le sacrifice pour le délit a la oièrae signification spirituelle que le sacrifice pour le péché ( Sacrifice mangé ).

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