OBLATIONS SANGLANTES COMPARÉES
la nécessité d'une éclatante réparation faite à sa majesté glorieuse outragée par le péché. Par-dessus tout, elles publient Tamour infini, les compassions éternelles du Père qui nous a donné son Fils, l'incompréhensible charité du Fils qui s'est livré lui-même pour nous. C'est à la croix oii nous le voyons attaché, que nous apprenons à connaître tout ce qu'il est pour les siens. Ah I puisse le Saint-Esprit le por traire à nos yeux comme s'il eût été crucifié parmi nous (Gai., III)! puisse-t-il nous montrer sa tête courbée sous le poids de notre malédiction, s'inclinant comme pour baiser notre âme, ses bras attachés à la croix s'étendant comme pour l'embrasser, et son flanc percé nous ouvrant le chemin qui mène à son cœur ! Alors nous l'aimerons à notre tour et nous mettrons notre bonheur à lui obéir.
Voilà donc les grandes vérités qui respirent, en quelque manière, et prennent un corps sous nos yeux dans le drame imposant du parvis.
Toutes les oblations sanglantes de la loi préfiguraient l'oblation du Christ, la substitution de la Victime sans tare au pécheur qu'elle a sauvé. Mais toutes ne la présentaient pas exactement sous le même point de vue. Ainsi, par exemple, tandis que l'holocauste, s'élevant en suave odeur devant l'Eternel, montrait plutôt le sacrifice de Christ comme l'oblation de bonne senteur qui devait rendre notre personne et notre culte parfaitement agréables à Dieu dans la communion de son Fils; la victime pour le péché, tout au contraire, particulièrement celle brûlée hors du camp et souillant tous ceux qui prenaient part à son immolation ou à sa combustion, tellement qu'ils ne pouvaient rentrer au camp avant de s'être entièrement lavés; la victime pour le péché le montrait plutôt comme l'offrande expiatoire qui devait ôter nos iniquités et notre malédiction. En d'autres termes : au lieu
OBLATIONS SANGLANTES COMPARÉES. iisn
qu'à Tâutel , je contemple Jésus dont Foblation volontaire est parfaitement agréable au Père et me rend moi-même en lui parfaitement . agréable à ses yeux, hors du camp je contemple Jésus chargé tout à la fois de la réprobation du ciel et des imprécations de la terre , subissant à ma place l'étemelle condamnation que j'avais méritée.
Ce sont , comme on le voit, deux aspects bien différents du même sacrifice. Ces deux aspects, je les ai trouvés dans le type (Lév. , I et IV) et naturellement je dois m'attendre à les retrouver dans Fantitype , puisqu'enfin c'est en vue de celui-ci que celui-là les présente; aussi les retrouvé-je , en réalité, dans l'enseignement positif de l'Evangile, comme sous les ombres de la loi. Christ , dit Paul aux Ephésiens (V, 2), nous a aimés et s'est livré lui-même pour nous en offrande et sacrifice à Dieu , en odeur de bonne senteur; tel est le point de vue holocaustique, dirais-je, du sacrifice du Messie; et voici maintenant le point de vue purement expiatoire : Christ^ dit saint Paul aux Galates (III, 13), nous a rachetés de la malédiction de la loij ayant été fait malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit soit quiconque est pendu au bois.
Admirons la variété des sacrifices lévitiques et reconnaissons ièi la sagesse et la bonté de Dieu. Il en est des types sacrificiels comme des types personnels : chacun d'eux, pris séparément , n'eût donné qu'une idée trop incomplète de la personne et de l'œuvre de Christ; le Seigneur a donc trouvé bon de les multiplier afin que, dans leur ensemble, ils nous montrassent la mort du Rédempteur sous ses divers aspects, autant du moins que des symboles le pouvaient faire.
Nous avons remarqué précédemment que, dans l'institution, c'est l'holocauste qui vient le premier; mais que, dans l'application, c'est, en général, le sacrifice pour le péché; et