‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 3 sur 68 · DES TYPES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES TYPES EN GÉNÉRAL

un modèle, un exemple, une image (PhiL, III, 47. 1 Thés., I, 7. Actes, VII, 43; XXIII, 25). Type est encore, dans l'ancien Testament, le patron, le signe, d'un objet qui devait se réaliser sous le nouveau : Adam était le type de Celui qui devait venir (Rom., V, 14) ; c'est le sens que nous atta^ chons au mot dans cet écrit. L'an li type est la vérité qui correspond au type (1).

Ombre signifie la même chose que type, soit qu'on prenne ce mot dans son acception naturelle et première, comme lorsqu'il est dit (Col., II, 17) que les ordonnances lévitiques étaient l'ombre des choses à venir et que le corps est Christ; soit qu'on entende par là l'esquisse, le premier crayon d'un objet par opposition à son portrait achevé, comme c'est le cas Héb. , X, 1. Le peuple de Dieu a d'abord contemplé le Christ et la rédemption dans les types, crayons imparfaits, esquisses grossières dont il a maintenant Vimage mime dans l'Evangile.

Enfin , le mot symbole signifie littéralement un signe destiné à représenter une vérité particulière, et il exprime en général la même idée que type, ombre ou figure. Symbole se rapporterait plutôt aux choses, type plutôt aux personnes.

L'esprit humain se donnant aisément carrière dans le sujet des types, il importe, avant d'aller outre, d'établir un critère sûr, incontestable et facile, à l'aide duquel on puisse immédiatement distinguer les vrais types de ceux qui sont imaginaires et purement conventionnels. Or, ce critère infaillible , le voici : nul type ne doit être reçu que sur l'autorité de la Parole de Dieu ; tout symbole qu'elle ne sanc-

(1) Cest le sens usuel du mot 5 mais, dans le grec , anlitype se rapporte maifTéremment à la figure et à la vérité (Héb., IX , 24. 1 Pierre , III, 21).

e INTRODUCTION.

tionDe pas doit être rejeté ; tout symbole qu'elle admet doit être reçu avec une entière soumission de foi : ainsi, par exemple, celui du tabernaoîle.

Le tabernacle, avec tout ce qu'il renferme, est, en effet,, un type, ou pour mieux dire, un ensemble de types. Indépendamment de toute autre donnée, une seule circonstance le ferait déjà pressentir. Le tabernacle (et le temple qui n'en est que la reproduction) est la seule construction terrestre dont le Seigneur ail lui-même donné le patron (Hébr.y VIII, B, 6) ; nous disons le patron, non la simple description ; car, ainsi qu'on le lit dans l'Exode, Dieu plaça devant Moïse le modèle du sanctuaire, lui prescrivant de le dresser exactement conforme à ce modèle (Ex., XXV, 40; XXVI ^ 30) ; de telle sorte que le tabernacle érigé par Moïse fut la représentation fidèle, le fac-similé de ce qu'il avait eu sous les yeux durant les quarante jours passés sur la montagne de Sinaï.

Une autre circonstance rend toujours plus probable la signification mystique du tabernacle. Dieu, qui avait mis six jours à créer le monde, en mit quarante à donner et à développer le patron du sanctuaire, de ses vaisseaux, de son ministère et de son culte. Et, tandis que sa Parole ne consacre qu'un seul chapitre à narrer la première création , la création terrestre , elle en emploie six à donner le plan du tabernacle et six autres à en retracer l'exécution, en tout iibuze chapitres, ce qui ne s'explique aisément, selon nous, qu'en admettant que le sanctuaire terrestre était bien réellement le modèle de la nouvelle création.

Mais sur un point de cette importance nous n'en sommes pas réduits à des conjectures. Le Saint-Esprit déclare expressément que le sanctuaire d'icî-bas avait, en effet, une haute portée symbolique ; que le tabernacle (et conséquemmeat

DES TYPBS EN GÉNÉRAL. y

le temple qui n'en fut, avons-nous dit, que la reproduction sur des proportions agrandies), que le tabernacle était un type du Christ et de FEglise (Jean, II. Eph. , II) (1), l'image et l'ombre des choses célestes (Hébr., Vlll, 5, 6; IX, 23, etc.). Or, comme il y a trois points à considérer dans l'ombre : le sanctuaire, les sacrificateurs et le culte, il y a pareillement trois points à considérer dans la réalité, ceux-là même que nous venons d'énumérer ; et c'est à ces trois choses que revient au fond tout notre travail.

La connaissance dçs types, de ceux du Lévitique en par* ticulier, est de la plus haute importance» Le culte du tabernacle, magnifique dans ses pompes , plus sublime encore dans sa signification, exprime les choses profondes de Dieu, les mystères de son royaume; il renferme, tous les trésors de la sagesse et de la science divines. C'est pourquoi nous regrettons sincèrement que l'étude en soit négligée. Malheureusement la typomanie a souvent mis en mauvais renom la typologie; la crainte de l'abus a fait plus d'une fois renoncer à l'usage ; d'un extrême on s'est jeté dans un autre ; ainsi est fait l'esprit humain.

Toutefois, il est peu d'étude qui soit plus utile que celle du tab^nacle envisagé spirituellement. En faisant ressortir

(1) Le tabernacle préfigurait le Christ dans ses relations avec rEglise dont il est la Tête et VEpoux ) mais nous sommes également porté à croire qu'il le préfigurait aussi dans ses relations futures avec Israël dont il doit être le Libérateur et le Roi , comme il le sera du monde universel ; ainsi , par exemple, nous pensons que le service journalier de l'autel d'or, la solennité des propitiations , etc. , se rapportaient tout à la fois à Isrà^ dt à l'Eglise , et spécialement à leurs relations en Christ dans le siède à venir. Toutefois, comme c'est principalement quant à l'Eglise que Paul^ Pinterprète divin des mystères du tabernacle, envisage rinstitution lévitique , c'est naturellement sous ce même aspect que nous devons l'envisager aussi nous*mème. -

à nos yeux la merveilleuse corrélation qui existe entre le type et Tantitype, entre la prophétie en symbole et son accomplissement, elle affermit singulièrement notre foi. En ramenant sans cesse nos regards sur Celui dont Moïse a rendu témoignage, en replaçant continuellement devant nous son image bénie, elle devient pour nous la source des plus douces jouissances. Il y a plus : le mutuel témoignage que se rendent l'ancien et le nouveau Testaments^ la parfaite correspondance du Lévitique et de l'épître aux Hébreux, par exemple, nous fournit un précieux moyen de convaincre les incrédules, chrétiens ou juifs de nom, et de leur signaler une haute sagesse là oii jusqu'ici peut-être leur œil charnel n'avait su voir que folie ; elle nous offre pour eux un argument analogue à celui que nous puisons dans la prophétie déclarative.

Sous un autre rapport, l'étude du tabernacle témoigne hautement de la sagesse et de la bonté du Seigneur envers nous. Il a voulu nous proposer la vérité salutaire sous toutes les formes possibles, sous celles du type, de la parabole ou de l'allégorie, comme sous celle de l'enseignement doctrinaire ; il a voulu l'adresser tour-à-tour aux diverses facultés de notre âme, à notre imagination comme a nos affections, comme à notre entendement ou à notre conscience, et nous la rendre ainsi toujours plus claire, toujours plus impressive et plus attrayante, en la revêtant d'un corps, en la faisant respirer, en quelque sorte, vivre et se mouvoir devant nous, dans le drame imposant et sublime du tabernacle.

Mais, au lieu de reconnaître et d'adorer la bonté du Seigneur, combien de personnes, d'ailleurs pieuses, font, hélas ! sans qu'elles s'en doutent , la critique de son œuvre ! La sagesse divine a trouvé bon de présenter les vérités ce-

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