‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 4 sur 68 · BES TYPES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

BES TYPES EN GÉNÉRAL

lestes sous la forme du type. Leur sagesse à elles, juge à propos de signaler à la défiance des fidèles .cette voie d'instruction, de l'exclure, de la supprimer, comme inutile et même dangereuse. Il vaut mieux, dit-on, s'en tenir à la forme positive de l'enseignement scripturaire; c'est la simplicité chrétienne ! c'est la solidité évangélique ! mais ce qu'il nous plaît de décorer de, ces beaux noms, le Saint-Esprit a de tout autres qualifications pour le désigner. Il l'appelle, lui^ paresse (Toreille, enfance spirituelle (Hébr. V, grec). Je sais bien que ce qu'il dit à cet égard s'adresse tout spécialement aux Hébreux. Mais sommes-nous complètement à l'abri de ses reproches î Ah ! regrettons , regrettons d'avoir trop né^ gligé l'élude des sens symboliques de l'ancien Testament/ notamment de ceux du tabernacle, et que désormais ils deviennent l'objet de nos plus sérieuses investigations. D'un autre côté, tout eu sondant ces hiéroglyphes divins qui Dous ramènent constamment à Jésus, à Jésus, l'alpha et l'oméga de toutes les révélations (Jean, V, 39, 46. Rom., III, 21. 1 Pierre, I, 11. Apec, XIX, 10. 2Tim., III, 15, etc.), veillons scrupuleusement sur notre imagination mobile et capricieuse; de peur quelle ne nous fourvoie ^ attachonsnous strictement au critère donné plus haut; et, dans l'application de ce critère, dans l'appréciation de la valeur typique des symboles du tabernacle, soyons particulièrement sobres. On peut les ranger en trois classes, les certains, les probables et les douteux : recevons à genoux ceux que la Bible a revêtus de sa suprême sanction ; respectons, accueillons ceux que nous trouvons dans l'analogie de son enseignement général et de la science symbolique ; n'adoptons les autres qu'avec une extrême réserve ; et ce que nous ne pouvons accepter avec assurance comme type d'obligation divine ou tout au moins d'analogie, ne le prenons et ne le

doDuoDs que comme de pures images ou comparaisons^ comme de simples illustrations des vérités célestes.

L'étude du Lévi tique, poursuivie avec les précautions que nous venons d'indiquer, sous la direction bénie du Saint-Esprit, nous révélera toujours plus l'excellence de ce divin livre, de cet évangile anticipé, de cet évangile selon Lévi, comme on peut le nommer. On a dit du Lévilique, comparé aux livres suivants de la Bible, qu'il renfermait Christ dans les langes : c'est exprimer à la fois ce qu'il est et ce qu'il vaut Dieu ne pouvait nous faire un plus beau don. Nous voudrions assimiler ce livre admirable à une plante aromatique saturée de parfums : heureuse l'âme qui ne se contente pas de promener sur elle des regards distraits, mais qui, pénétrant dans le calice , ne se retire qu'après en avoir extrait les sucs délicieux I Le Lévitique nous apparaît encore comme un bel arbre fruitier croissant dans les vergers du Seigneur; derrière un épais feuillage, le fruit abonde, un fruit savoureux; heureuse la main qui, à travers les feuilles, s'avance pour le cueillir ! elle sera richement dédommagée de sa peine.

Maintenant bénissons Dieu, nous qui voyons clairement, sous la dispensation du Consolateur, ce que nos frères n'avaient fait qu'entrevoir sous celle du pédagogue. Tandis que le fidèle sous la loi disait en quelque sorte avec Balaam : Je le vois y mais non pas présentement; je le contemple y mais non pas de près (Nomb. , XXIV, 17), nous pouvons aujourd'hui nous écrier dans le langage du Sauveur : Heureux sont nos yeux, car ils voient; heureuses sont nos oi-eilles, car elles entendent 1 Nous pouvons répéter avec son Apôtre : Dieu a relui dans nos cœurs pour nous donner la lumière de la connaissance de sa gloire en la face de Christ, et nov^ contemplons comme en un miroir la gloire du Seigneur à face découverte (â Cor., m et IV).

LE TABERNACLE). If

m. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES SUR LE TABERNACLE.

Ces notions se rapportent naturellement aux trois chefs que nous avons précédemment indiqués: le tabernacle, les ministres chargés d'y officier, et les offrandes qu'ils devaient présenter à Dieu. Paul , après avoir sommairement rappelé la description du sanctuaire et de son culte (Hébr., IX, 1-5), écrivait aux Hébreux : Choses desquelles il n'est pas nécessaire que je vous parle maintenant en détail. C'est peut-être l'in^ verse qu'il conviendrait de dire à des lecteurs qui ne sont point familiarisés avec le rituel lévilique ; de là, la nécessité du court sommaire que nous allons tracer ici : c'est le catéchisme ou le manuel du sujet.

s 1. — LE TABERNACLE.

L'Eternel se choisit entre les nations une famille particulière pour en faire le troupeau de sa pâture. Il la fit descendre en Egypte et la plaça sous le joug des Pharaons. L'ayant ensuite délivrée par d'éclatants prodiges, il la conduisit dans le désert d'Arabie , marchant devant elle dans la nuée miraculeuse, symbole glorieux de sa présence au milieu d'IsraêL Avant de l'introduire dans le pays découlant de lait et de miel, il l'arrêta longtemps au pied de Sinaï, où, par l'organe de Moïse, il lui donna ses lois, ses statuts e| le modèle du tabernacle dans lequel il voulait être servi.

Le tabernacle devait être l'habitation provisoire de Dieu, sa résidence et le centre de ralliement de son peuple. Car, bien qu'il n'habite pas dans des tabernacles faits de la maiti des hommes (Actes, VII), quoique le ciel soit son trône et lai terre son marchepied, le Seigneur voulut néanmoins avoir^ sous l'économie légale, une demeure visible au sein de \â

nation qu'il avait adoptée. Ils me feront un sanctuaire ^ et f habiterai au milieu d'eux (Exode, XXV, 8). Celait le palais du roi Jéhovah. Ce palais, à la vérité, n'était qu'une tente ; mais on peut bien dire que jamais la terre n'avait rien vu d'aussi splendide.

Le tabernacle avait encore une autre destination, que nous avons également indiquée. 11 devait être un type de Jésus-Christ et de son Eglise , le symbole et l'ombre des biens à venir. L'Eternel, comme on l'a dit, en plaça devant Moïse le modèle qu'il expliqua lui-même au médiateur dans les mystérieux entretiens de Sinaï; puis, afin de l'ériger, il suscita des hommes qu'il doua richement de son Esprit de sagesse et d'intelligence ( Exode, XXXV). C'est une époque solennelle pour la nation. D'abord, elle se montre à nous sous un jour profondément triste : c'est le moment qu'elle choisit pour dresser le veau d'or. Mais bientôt après, et comme s'ils eussent pris à tâche de faire oublier à Dieu leur révolte, les Hébreux, à la voix de Moïse, s'empressèrent de concourir de leurs biens et de leur travail à l'érection du . sanctuaire : heureux de pouvoir consacrer à l'Eternel les riches trésors qu'ils possédaient, et que le Seigneur de toute la terre, en vue de la construction prochaine du tabernacle, leur avait commandé d'emporter avec eux d'Egypte. Telle fut, dans cette remarquable circonstance , la libéralité du peuple que Moïse crut devoir en arrêter les élans dans la courte et belle proclamation qui se lit au XXXVI* de l'Exode, vers. 6.

Le pavillon du Seigneur, avec tout ce qu'il contenait, fut achevé dans l'espace d'environ cinq mois et demi. Il fut dressé en un jour, le premier de la seconde année après la sortie d'Egyte (Exode, XL). A peine érigé et décoré de ses riches vaisseaux , la nuée, qui n'avait pas quitté le peuple

depuis son départ de la terre des Pharaons l'éclairant de nuit, l'ombrageant de jour ; la nuée qui avait couvert Sinaï pendant que l'Eternel y donnait ses instructions au médiateur (Exode, XXIV); la nuée miraculeuse descendit sur le sanctuaire et le remplit de la Gloire de Jéhovah (1). Aussitôt le Seigneur appela Moïse , et , lui parlant du tabernacle , il lui donna ses directions sur le culte qu'il voulait recevoir dans cette habitation de son choix (Exode, XL, 34, 35. Lév.,I, 1).

Telle fut l'origine du tabernacle. Quant à sa forme , le tabernacle proprement dit était, comme on le sait, une sorte de maison mobile et portative, faite de planches que recouvraient quatre enveloppes. Il se composait de deux compartiments : le lieu saint et le lieu très-saint; le premier contenant la table d'or, le chandelier d'or et l'autel d'or; le second , l'encensoir d'or et l'arche de l'alliance ombragée par les chérubins de gloire. Au-dessus de l'arche, trône de Jéhovah , resplendissait la nuée (2). Un voile fermait l'entrée du lieu saint; un autre voile, le second ou grand voile, le séparait du Saint des saints (Exode, XXVI; XXXVI. Hébr., IX).

{i) La Gloire de FEternel remplira de même le temple, qui sera plus tard la demeure du grand Roi. Puis , longtemps contristée par les iniquités et les abominations du peuple , elle finira par l'abandonner entièrement. Mais , aux derniers jours , elle doit revenir dans Jérusalem en miséricorde , et se reposer de nouveau dans le sanctuaire. Les apprêts du.rctrait de la Gloire, son départ, son retour, tel est le sujet de la prophétie d'Ezécbiel ( I , X, XI, comparé avec XLIIL Osée, VI. Zach., Il, 10. Jér. , m. Ps. XLVIII, etc. ).

(2) Ou la Gloire, appelée aussi schechinahy mol hébreu du Talmud, venant d'un mot de la Bible qui signifie habiter^ et désignant la présence, l'habitation glorieuse , la manifestation visible de l'invisible majesté de Dieu dans le lieu très-saint et sur le pavillon de l'Eternel. Cependant ia schechinah n'apparaissait pas sans interruption sur le tabernacle*

1t INTRODUCTION.

Moïse avait entouré le tabernacle d'une cour large et spacieuse, formée par une enceinte de rideaux de lin ou coton très-fin (Exode, XXVll), et renfermant Tautel de l'holocauste et la cuve d'airain. On la nommait le parvis des sacrificateurs, car c'est là que se tenaient les ministres du sanctuaire et qu'ils offraient à Dieu les oblations prescrites par la loi. Selon l'opinion la plus probable, les enfants d'Israël n'étaient point admis dans le vestibule, où leur présence eût embarrassé les sacrificateurs; mais la tenture qui lui servait de porte étant levée , ils pouvaient aisément de dehors voir tout ce qui se passait à l'autel. L'Israélite qui voulait offrir une victime à Dieu l'amenait à l'entrée du parvis (Lév. ,1,3; XIX, 21 , etc.), oh les fils d'Aaron venaient la recevoir de ses mains, et oii lui-même s'arrêtait jusqu'à la fin de la cérémonie.

Les lévites , aides des sacrificateurs , avaient l'entrée de la cour du tabernacle ; mais ils ne pouvaient toucher aux saints vaisseaux pendant les stations du peuple et les haltes de la nuée miraculeuse. Ils n'étaient point reçus dans le lieu saint Les sacrificateurs, à leur tour, n'étaient point admis dans le lieu très-saint , oii leur chef seul , le souverain pontife, entrait un seul jour de Tannée , celui des propitiations ( Nomb. , IV ; XVIII ,2,3, etc. )

Il est bon d'ajouter, que, en général, les vaisseaux du parvis étaient d'airain , ceux du sanctuaire , d'or ; et que Moïse sanctifia les vases sacrés, le tabernacle et les sacrificateurs, qu'il les consacra au service divin , par les mêmes cérémonies, c'est-à-dire par l'aspersion du sang des victimes et d'une huile aromatique préparée à cet effet (Exode, XXX; XL. Lév., VIII. Hébr., IX, 21).

On ne doit pas confondre le tabernacle de l'Eternel avec la tente, appelée aussi tabernacle d'assignation , que Moïse,

immédiatement après l'idolâtrie du veau d'or, et avant l'érection du tabernacle, avait momentanément fait dresser pour lui-même hors du camp (Exode, XXXIII, 7-9), et où le conducteur du peuple avait donné rendez-vous aux Israélites désireux de s'enquérir du Seigneur et de ses paroles.

Le tabernacle portait différents noms : on l'appelait le sanctuaive , le pavillon ; on l'appelait aussi le tabernacle de f Étemel pour le distinguer de ceux qui avaient abrité Israël au désert; le tabernacle du témoignage (2 Ghron., XXIV, 6), parce qu'il contenait l'arche et les tables du témoignage (les dix commandements, expression de la volonté du Seigneur envers son peuple), et parce qu'il était le symbole et le gage de la présence de l'Eternel au milieu des siens. On l'appelait encore le tabernacle d'assignation ou réunion , car c'était à sa porte que se formait, aux jours de sabbaths et autres solennités, la sainte congrégation d'Israël. Cette dernière expression, dans l'Ecriture, désigne quelquefois le tabernacle entier, cour et sanctuaire, quelquefois le sanctuaire, c'est-à-dire le lieu saint et le lieu très-saint, d'autres fois le lieu saint seulement, comme Lév. IV, 5; XVI, XXIV, 3, etc.; c'est le contexte qui détermine la signification locale du mot.

Telle était la demeure de l'Eternel au désert. Tout autour de son pavillon se déployaient au loin les tentes des enfants de Jacob, loges portatives , faites d'une toile forte et destinées à les garantir des injures de l'air. Les sacrificateurs et les lévites environnaient la maison de Dieu. Puis, à une certaine distance, campaient les tribus d'Israël, rangées sous quatre bannières principales : celles de Juda, deRuben , iraïm et de Dan.

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