‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 5 sur 68 · LES MINISTRES DU TABERNACLE · texte numérisé non relu

LES MINISTRES DU TABERNACLE

Le sacerdoce commence avec le genre humain. II appartient d'abord à chaque famille ; et ^ tout prince j tout père, ou premier-né, Fexerce de droit au foyer domestique. Les patriarches étaient sacrificateurs dans leurs maisons. Cet ordre de choses subsista jusqu'à Moïse. Alors le Seigneur renferma le sacerdoce dans la famille d'Aaron. Admirez, à celte occasion, le désintéressement et la foi de Moïse; ses descendants n'exerceront point la sacrificalure ; ils demeureront simples lévites : cependant, Moïse ne réclame rien pour eux, non pas même dans le cas, humainement possible, de l'extinction de la famille de son frère; ce cas, il ne le règle point d'avance, parce qu'il sait bien qu'il ne se réalisera pas, la maison dépositaire du premier sacerdoce ne pouvant s'éteindre avant l'introduction du sacerdoce éternel du Christ (1) : preuve nouvelle de la divinité de la religion mosaïque.

Le Seigneur institua donc la sacrificature dans la tribu de-Lévi et la famille d'Aaron. Dans ce choix éclatait la souveraineté de son élection , en même temps que s'accomplissait la parole oraculaire de Jacob ; et, tout en exécutant l'arrêt prononcé contre le père (2), Dieu bénissait les enfants et préparait le bien spirituel de la nation. Lévi eut trois fils : Guersom , Kéhath et Mérari. Kéhath engendra Hamram; Hararam engendra Moïse et Aaron (Exode, VL Nomb., III, XXVI. 1 Chron., VI). L'Eternel établit ce dernier chef du sacerdoce lévilique , et lui donna ses fils pour

(1) Elle ne s'éteindra jamais : nous la retrouvons dans TEconomie prochaine ( Zach. , XII , 13. Ezéch. , XL , 46 ; XL VIII , 31. Mal. , lU , 3 ).

(2) Jb le disperserai en Israël (Gen. , XLIX, 7).

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assistants. Sous lé nom de lévites > tous les autres enranls mâles de la tribu, âgés de vingt-cinq ans et au-dessus^ furent à leur tour donnés plus tard comme aides- aux sacri* ficateurs (Nomb. , VIII , 24).

Le nom qu'Âaron et ses fils portent dans nos versiond françaises de la Bible , est celui que nous venons d'écrire» Leur nom , dans l'original , désigne en général un homme annonçant l'avenir , et s'occupant des choses saintes et du service de Dieti. Les sacrificateurs (1) constituaient, au sein d^Israël , une caste à part : c'est un des traits caractéristiques de la dispensalion légale. Ils commençaient leur ministre actif à trente ans , et le terminaient à cinquante (Nomb. ^ IV, 3), donnant à l'Eternel les prémices de leur vigueur. Pour éti'e admis à remplir les fonctions sacerdotales, les fils d'Âaron devaient être exempts de tout défaut corporel , de toute infirmité physique (Lé v., XXI). Une fois installés dans leur charge, ils ne pouvaient participer aux cérémonies funèbres, à moins que ce ne fût pour un père ^ une mère, un enfant, un frère ou une sœur morte vierge; leur chef ne pouvait y assister en aucun cas. Il leur était expressément défendu d'épouser une femme de mauvaise vie ou seulement d'une réputation équivoque. Enfin , ils devaient s'abstenir de vin et de tout breuvage enivrant, quand c'était leur tour de servir au tabernacle.

Leur consécration avait lien dans le parvis, devant l'autel de l'holocauste^ et s'accomplissait de la manière la plus solennelle, comme on le voit par les chap. XXIX^ de l'Exode et VHP du Lévitique.

Quant à leurs fonctions, elles consistaient essentiellement

(1) Nous ne disons pas prêtres , le prêtre {presbyteros , jyresbytér) étani Tancien ou adminL<traleur de la communauté chrétienne (1 Tim., III et V)«

i« INTIiODUCTION.

à instruire le peuple (Lév. , X, 11. Deut., XXXIII, 10), * à le bénir d'après la formule donnée (Nomb., VI, 23. Deut., XXI,. B, etc.), à discerner le pur de l'impur (Lév., X ; XV), à juger des diverses souillures cérémonielles , etc. (Lév., XIII; XIV, etc. ); les causes difficiles leur étaient déférées et ils remplissaient en Israël la charge importante déjuges (Déut.,XVII).

Mais leurs fonctions principales étaient celles dont ils avaient à s'acquitter dans le tabernacle. D'abord, dans le parvis , o\x , secondés des lévites, ils immolaient les victimes et les offraient à Dieu (c'est de cette fonction, la plus apparente de leur ministère, qu'ils ont reçu dans notre langue le nom de sacrificateurs); puis, dans le lieu saint, oii, chaque soir, ils allumaient les lampes du chandelier d'or (Lév., XXIV, 2, etc.); oii, tous les sabbalhs, ils renouvelaient les pains sur la table d'or (vers. 5); où, tous les matins et tous les soirs, ils faisaient le parfum devant Dieu sur l'autel d'or (Exode, XXX, 7).

Il y avait plusieurs sacrificateurs; car un seul n'eût pu suffire à tous les besoins du service. Leur chef, le souverain pontife, portait le nom de sacrificateur-oint, à cause de l'onction sainte qu'il avait reçue à son entrée en charge et qui le séparait des autres sacrificateurs (Exode, XXIX, 7. Lév., VIII, 12). Il avait des fonctions communes avec eux, et il en avait aussi de particulières. C'est à lui proprement qu'était confié, dans le lieu saint, le service que nous venons de décrire; mais ses frères le partageaient avec lui. A lui seul, en revanche, appartenait l'appel et la consécration dès ministres du sanctuaire, l'oblation du sacrifice annuel des propitiations, et l'honneur insigne d'en aller porter le sang devant Dieu, dans le lieu très-saint. A l'exception de ce grand jour, où il n'avait qu'une simple tunique

de lio y le soaverain pontife était magnifiquement vêtu. Les insignes de sa charge étaient Fépbod , le pectoral , le rochet. Une tiare de fin lin, ornée d'une sorte de demi-diadême bleusur lequel était placée une lame d'or avec Tiuscription : Sainrteté à rEtemelt ceignait le front du prince du sacerdoce lévitique y et rehaussait la majesté de sa personne et l'éclat de ses habits sacerdotaux (Exode, XXVIII).

s 3. — OBLÂTIONS LÉVITIQUBS.

Aussitôt le tabernacle érigé, l'Eternel en prend solennellement possession, et, comme on Ta vu, donne à Moïse ses iostructions sur le culte qu'il veut y recevoir par l'organe des ministres qu'il vient d'établir (Exode, XL. Lév., I). Cest le sujet du Lévitique. Les oblations qu'il prescrit sont au fond de deux sortes : les oblations sanglantes ou sacrifices projH^ement dits, et les oblatious non sanglantes; en d'autres termes, les sacrifices et les dons (Hébr., V, 1; VIII, 3;IX, 9)(1).

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