J LA TABLE DE PROPOSITION
celui de la pléaitude, peut exprimer ici^ que ^ dans la maison du Père célesle , il y a du pain en abondance pour tous ses cliers eufants, et que Jésns sufBt parfaitement à tous leurs l)esoins. a De sa plénitude nous recevons grâce pour » grâce.
Il y avait toujours du pain sur la table d'or. II y a toujours en Christ de la nourriture pour nous: ii est notre path cmtinuel (Nomb. , IV) , comme il est aussi notre holocauste et notre gâteau continuel.
L'encens qui brûle sur les pains donne à cette oblation un caractère particulier. II marque, selon nous, le plaisir ineffable que Dieu trouve dans la personne et Toeiivre de son Fils, et dans la personne aussi de tous ceux qui vivent de Jésus, du pain céleste, agréé du Père comme un parfum de suave odeur. En même temps, il exprime avec quels sentiments de reconnaissance et d'adoration nous devons recevoir le pain de vie et nous en nourrir.
Mais pourquoi ce renouvellement hebdomadaire des pains de proposition ?... Apparemment pour indiquer le soin tendre et paternel que Dieu met à nous préparer en Christ une nourriture substantielle et continuellement renouvelée, comme aussi la fraîcheur, l'agrément et la force nutritive et restauratrice de l'aliment diviff qu'il replace incessamment devant nous, et dans lequel l'âme pieuse trouve toujours le même goût, la même saveur, les mêmes vertus.
Nous avons dit qu'il n'était permis qu'aux sacrificateurs, légalement nets, de manger du pain consacré. Nul n'a part à Jésus, à l'aliment qui est au-dessus de toute substance, s'il n'appartient à la sacrificature royiale et n'a le cœur purifié par la foi.
Enfin , le pain n'était pas contemplé seulement par les sacrificateurs, il était de plus mangé par eux. De même
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aussi Christ doit être mangé par nous^ si nous voulons être nourris de Lui (Jean, VI). Rappelons ici ce que nous disions plus haut à Toccasion du sacriBce expiatoire^ c'est qu'il exisle une difTérence énorme entre la connaissance purement spéculative et la foi. Tandis que la première r^arde le pain qui est sur la table du Seigneur sans le prendre ; on ne le prend que pour l'analyser; pendant qu'elle disserte tout au long sur sa valeur , son excellence, ses vertus nutritives, disant là^dessus de fort belles choses peut-être, la foi le prends die s'en nourrit, elle s'en restaure, et seule elle en connaît vraiment la saveur. Elle mange Christ, elle jouit, elle se rassasie de l'aliment qui sustente, vivifie, réconforte, et, au lien que la spéculation, la froide et stérile orthodoxie , languit, dépérit et se meurt devant la table sainte, la foi nourrie abondamment du pain du ciel, prospère, grandit , et seule elle comprend la parole de Jésus : Vençz à moi et votre âme vivra. Celui qui croit en moi ri aura jamais faim, et celui qui vient à moi n'aura jamais soif (Es. , LV, Jean , VI). Enfin, toujours plus dégoûtée de tout ce qui ne rassasie points elle n'aime, elle ne veut que l'aliment céleste; plus elle en mange, plus elle désire en manger, et elle dit à Jésus : Seigneur , donne-moi toujours de ce pain-là !
Mais où le trouvons-nous, ce pain qui seul nourrit?... Jésus nous le présente dans tous les moyens de grâce : dans la lecture et la méditation particulière, dans l'exposition publique de sa Parole, dans les exhortations mutuelles et les pieuses conversations de ses enfants, dans les saints exercices de la prière et très-particulièrement dans la cène. Ce que l'autel de l'holocauste et la table de proposition préfiguraient sous la loi , la table de Feucharistie le rappelle maintenant sous l'Evangile. Elle le retrace vivement à nos sens.