LA TABLB DE PROPOSITION
l'agneau paschal, manger le sacriBce expiatoire, manger, et non pas simplement voir ou régarder; manger, toujours manger, voilà donc ce que nous montre le tabernacle du Seigneur, à chaque pas que nous y faisons ; 'c'est dans ce langage et sous cette forme qu'il nous dit et nous répète que la connaissance purement spéculative de Jésus ne nous mettra jamais en possession des fruits de sa mort ; et que celui-là seul a la vie demeurant en lui , qui se nourrit habituellement de te chair et du sang du Fils de Dieu. Jésus, et pour l'ordinaire Jésus crucifié, tel est l'aliment que Dieu nous propose incessamment sous les ombres de la loi. Nous disons Jésus crucifié plutôt que Jésus glorifié y comme le font ceux qui, d'habitude, au Christ humilié, substituent le Christ de gloire, contredisant ainsi Dieu sans le savoir, contrecarrant l'action de son Esprit. Oui, contrecarrant l'action de son Esprit; car, enfin, s'agit-il de nourrir notre âme, c'est la chair meurtrie de Jésus que le Consolateur replace devant nous dans la Bible, comme c'est au sang de Jésus qu'il nous adresse quand il s'agit de purifier notre conscience. Ici brille une sagesse toute céleste. En effet, c'est dans les souffrances propitiatoires du Sauveur principalement que se révèle à nous son incompréhensible charité; c'est dans la méditation sérieuse, assidue, approfondie, de son obéissance jusqu'à la mort de la croix , que se forment, se puis développent en nous les traits les plus beaux et les plus nobles du caractère chrétien , l'humilité, la haine pour le péché, la confiance en la miséricorde divine, l'esprit de sacrifice et de dévouement : c'est dans cette même méditation, que, sous la douce influence du Saint-Esprit, notre amour pour le Seigneur s'allume, se nourrit et s'accroît de jour en jour, au puissant contact de l'amour du Seigneur pour nous.
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Telles soDt les pensées que fait naître en nous la vue du pain couvrant la tabled'or ; et tel est aussi le rapport général que nous croyons apercevoir entre ce beau symbole et ceux qui nous ont précédemment occupés. Ajoutons maintenant que , entre le pain de la table d or et la chair des sacri6ces que nous venons de rappeler, il existe encore d'autres relations, plus spéciales, plus intimes; car, par exemple, le pain de la table d'or, comme la chair du sacrifice pacifique, appartient à Dieu qui s'en repaît en quelque sorte, et en fait part à la sacrificature spirituelle pour qu'elle s'en nourrisse avec Lui ; c'est-à-dire, que le pain de la table, comme la chair du sacrifice, exprime la pleine satisfaction que Dieu trouve éternellement en la contemplation de l'œuvre accomplie de son Bien-Aimé et qu'il nous invite à partager avec lui. Nous aimons à le répéter, c'est un repas auquel il nous convie ; il nous fait asseoir à sa table et nous admet à manger avec lui le même pain, à savourer la même chair ; c'est la communion la plus douce et la plus entière , la marque d'amilié, d'intimité, la plus grande, la plus parfaite qui se puisse imaginer. Par cela même, le symbole indique aussi la communion spirituelle que nous avons avec tous nos frères dans la m'anducation du céleste et mystique aliment, et rappelle naturellement tout ce qui a été dit là-dessus dans l'article du sacrifice pacifique.
Il existe une similarité non moins frappante entre le pain de la table d'or et la chair du sacrifice expiatoire. L'un et l'autre nous peignent Jésus-Christ en tant qu'il est tout à la fois la victime qui ôte nos péchés et l'aliment qui nourrit nos âmes. Mais entre les deux symboles, il y a peut-être cette différence , que le premier est plus général que le second. Tandis que manger la chair du sacrifice expiatoire, c'est plus spécialement se nourrir de la méditation des douleurs de