LA TABLE DE PROPOSITION
Christ, de toutes les circonstances ^ de tous les détails de son amère passion , ne cherchant le pardon, la paix , la sanctifi*^ cation que dans ses meurtrissures, manger le pain de la table, c'est vivre plus généralement de la méditation de tout ce qu'il est et de tout ce qu'il a fait pour nous. Car , en ce bien-aimé Sauveur, tout nous est aliment. La pensée habituelle de sa Divinité soutient , fortifie, ranime notre courage, au sein des adversités et des périls de la vie ; celle de son Humanité nous rassure, et nous protège efBcacement contre toutes les impressions de crainte naissant du sentiment de nos infirmités. Nous trouvons également notre pâture dans l'élude assidue de sa vie entière, dans la contemplation soutenue de tout ce qu'il a fait et souffert pour nous. Notre âme se nourrit de ses divins exemples. A son école, elle apprend le dévouement à Dieu, la charité, l'humilité, la débonnaireté, la patience dans les afflictions, la persévérance dans loraison, le support, la longanimité, l'oubli des injures, la confiance au Père qui est dans les cieux. Dans la mort du Sauveur, elle trouve la rémission complète de ses péchés; dans la résurrection de Jésus, sa pleine justification ; dans l'ascension , dans la séance du Chef de TEglise à la droite du Père , sa pleine acceptation devant Dieu , son admission dans les lieux célestes ; enfin , dans le retour prochain du Rédempteur glorifié, le bonheur , l'héritage et le triomphe éternels. En un mot , il n'est pas un des noms de Jésus, pas un de ses titres, pas un de ses caractères, pas un de ses états, pas une de ses charges, il n'est aucun point de ses discours , aucune particularité de sa naissance , de sa vie et de sa mort, de son abaissement et de son exaltation, qui ne renferme pour nous un aUment substantiel , une réelle et intime bénédiction.
Terminons ce qui regarde la table de proposition^ ombre
2J6 LE CUAM)ELl£a DOa.
terrienne, comme celle de l'holocauste, d'une autre table toujours dressée dans la maison du Père, toujours richement servie et constamment accessible à tous ceux qui croient. Oh ! puissé-je m'en approcher plus souvent et avec plus de liberté! mais on néglige de prendre l'aliment vivifiant et toujours frais qu'elle présente, le seul qui restaure l'âme affamée. Et quelle en est l'inévitable conséquence ? On languit , on se plaint, on gémit; on trouve le joug du Seigneur pénible, la vie laborieuse, la lutte difficile. Approchons-nous donc journellement de la table divine ; allons-y prendre chacun la part de nourriture qui nous est réservée, cl y renouveler incessamment nos forces pour le service de Dieu; alors, soutenus, rafraîchis d'heure en heure, au lieu de dire peut-être: Maigreur j maigreur sur moi ! nous dirons plutôt : L Eternel est mon Berger^ je n'ai point de disette ; alors, nous endurerons avec constance les travaux de notre sainte vocation , supportant avec courage la chaleur et le faix du jour, et combattant vaillamment jusqu'à la fin le bon combat de la foi.
ÂETiCLfi 2. — Le Chandelier d'or.
Le chandelier est placé vis-à-vis de la table sur laquelle il projette ses clartés (1). Il est d'or pur étendu au marteau et d'une seule pièce. De sa tige sortent six branches latérales , trois d'un côté, trois de l'autre, s'élevant à la hauteur de la tige elle-même. Chaque branche porte à son sommet une lampe dont le bec est tourné du côté de la table (1) et a pour ornements, de distance en distance, de petits plats en forme d amandes servant en même temps à recevoir ce
(1) C'est ainsi que nous comprenons Exode , XXY, 37 et Nomb. , >1U,2.