‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 57 sur 68 · ASPERSION DEVANT LE TCHUL · texte numérisé non relu

ASPERSION DEVANT LE TCHUL

la propiUatioo ; c'est réqaivalent de ce qui se fait dans lé lieu très-saint devant Farche en la solennité des expiations, à laquelle nous allons assister tout à l'heure (Lév., IV et XVI >

A Toccasion des vêtements du souverain sacrifieateur, nous avons dit (p. 104) que, dans le service journalier du lieu saint , Aaron portait devant Dieu les nonfê des douze tribus gravés sur les brillants cki pectoral^ et que Celui qui siège entre les chérubins derrière la voile lisiHt, pour .ain» dire , les noms des enfants dlsraël sur le cœur de leur représentant y car, pour le Seigneur, il n'y a point de voilée Disons maintenant que, dans le service exceptionnel dont il s'agit, il les voyait aussi dans le sang, réfléchis dans le sang dont le souverain sacrificateur avait rempli le vaisseau qu'il tenait en sa main. Il en est encore de môme quant à Christ. Dieu voit les noms de ceux qui croient sur le coeur de leur glorieux Représentant ; il les voit comme réfléchis dans le sang que Jésus a répandu sur la terre et qu'il a porté dans les cieux ; aussi peut-il les supporter dans leurs misères, leur pardonner, les bénir, et verser à pleins flots sur eux les trésors de ses gratuités. Ah 1 Seigneur , regarde-moi toujours en Jésus, toujours dans le sang, comme à travers le sang de Jésus ; alors, me voyant en lui seulement et me voyant sans nulle tache, tu pourras donner continuellement un libre essor à ton amour envers moi.

Il est bon de rappeler aussi que c'est auprès du grand voile que le souverain sacrificateur vient se placer pour recevoir les révélations de l'Eternel assis entre les chéruMus ; c'est là que, revêtu de l'épbod et du pectoral, il le consulte pour les enfants de Jacob et reçoit les réponses qu'il doîfr leur transmettre de sa part (Exode, XXV, 22. Nomb., VII ^ 89. 1 Sam., XXIII ^ XXX, etc.).,.,.. vive image, en cette

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imposante fonction de son l:ninistère^ du Seigneur Jésas- Christ assistant poar nous devant la face du Père ^ revêtu du mystique éphod et du mystique pectoral, et par qui nous pouvons toujours le consulter en toule chose, avec la douce certitude d'obtenir, par sa Parole et son Esprit , une miséricordieuse réponse à nos prières et à nos supplications (p. 107).

i» •■CWO«. — VUE RÉTROSPECTIVE DU UEU SAINT ET I» PARVIS.

L'autel de Tbolocauste est donc le symbole de Texpiation des péchés par le sang de Christ; la cuve, celui de la r^é* nération et de la sanctification par son Esprit. La table , le chandelier et Taulel d'or nous rappellent de même Celui qui est notre aliment journalier, notre lumière, notre Interces^ seur et notre Représentant auprès de Dieu. Maintenant ajoutons que les positions respectives des saints vaisseaux que nous venons de nommer peuvent servir, en quelque manière , à caractériser les phases successives de notre développement spirituel. En effet, ce qui s'offre à nous tout d'abord quand nous nous approchons de Dieu, c'est l'autel de l'holocauste, puis la cuve; ensuite, la table, le chandelier, puis l'autel d'or. C'est-à-dire que , après avoir premièrement trouvé en Jésus la justification, puis le renouvellement de notre âme, nous trouvons en lui notre pâture spirituelle, là pure lumière éclairant nos pas au chemin du salut, et le souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle qui nous représente auprès de Dieu. Telles sont les phases principales de la vie chrétienne. Après les avoir parcourues, recommençons-les tout de nouveau, allant ainsi chaque jour de l'autel d'airain à l'autel d'or, pour retourner du second au premieny en nous arrêtant devant tous les vaisseaux compris

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entre ces deux pôles de notre course sacerdotale : c'est dans cet heureux cercle que doit s'accomplir notre éducation pour le ciel.

Mais voilà ce qui n'a guère lieu. On s'arrête de préférence devant tel ou tel symbole, de manière à y faire une balte, une station qui dure quelquefois autant que la vie. Tandis que celui-ci se fixe , pour ainsi dire, auprès de l'autel des sacrifices, ne voyant, ne voulant voir, que l'expiation, répétant, sans le comprendre le mot de l'Apôtre (1 Con, II) : Je ne veux savoir autre chose que Jéaus-Christ et Jésus-Christ crucifié (i), et négligeant de croître dans la grâce et la connaissance du Sauveur, celui-là se fixe auprès de la cuve et ne voit que la régénération. Un troisième stationnant devant l'autel de la louange, et ayant la face tournée vers le propitiatoire, ne parle que de Jésus notre représentant devantle Père, que de la gloire de notre vocation céleste, oubliant peut-être ses péchés et le sang qui les lave, oubliant l'Esprit qui sanctifie et seul peut le rendre habile à hériter le royaume de Dieu.

De là naturellement des groupes, des écoles, des dénominations diverses dans l'Eglise. De là des refroidissements, des divisions, quelquefois, hélas! des repoussements mutuels, des schismes. — On ne s'édifie, on ne se trouve à l'aise, on ne sympathise pleinement qu'avec les enfants de Dieu de sa couleur, de sa catégorie; à ceux-là notre approbation, notre confiance, notre affection; aux autres^ trop souvent no§t froideurs et nos blâmes. Les chrétiens de Fautel des immola-

(1) Le Juif ne connaît que \9i justice de rhomme, le Grec, que sa sa» gesse ; Paul ne veut connaître que la justice et la sagesse de Christ , que Christ lui-même qui nous a été fait de la part de Dieu , sagesse et justice. Au reste , dans la même épître , il développe au long tout ce qui regarde le salut en Jésus , ce salut dont Christ crucifié est la pierre angulaire.

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tioDs jugent ceux dq Fautel des eacensements. Ces derniers ^ à leur tour, prennent en pitié les autres, pauvres commençants à leurs yeux, petits enfants en Christ. Et tous ensemble blessent le cœur de Jésus, les derniers surtout : à eux s'adresse ce précieux avis d'un fidèle serviteur de Dieu : (( N'a vonB-nous rien à dire aux chrétiens qui, négligeant de s'humilier de leurs péchés et de ceux de leurs frères, ne veulent que jouir du parfum de Christ et le flairer (Ex., XXX, 38) î C'est l'abus d'une excellente chose , dit Auguste Rochat, mais c'est un abus. La jouissance chrétienne n'est jamais en dehors de la i^pentance et de la vraie humiliation. Séparer èes deux choses, c'est s'exposer beaucoup; car on sépare ce que Dieu a joint, puisqu'il ne fait jamais grâce qu'aux humbles et qu'il n'élève que ceux qui s'abaissent. »

Un mot aussi pour ceux qui, se fixant auprès du chandelier d'or, négligent trop peut-être la table de proposition , cultivant la science au détriment de la vie. Le vrai progrès spirituel, leur dirons-nous, est régulier, harmonique; le fidèle est appelé à croître, non pas en une chose, mais en toutes choses y dans Celui qui est la Tête du Corps (Eph., IV); à croître dans la vie comme dans la connaissance. Puis, ne nous lassons pas de le répéter, celui-là seul connaît vraiment Jésus , qui le connaît comme le pain de son âme aussi bien que sa lumière. Christ n'est point divisé, et là où véritablement il est lumière, il est en même temps vie. // est la lumière de la vie. En lui est ta vie, et ta vie est la lumière du monde. « Défions-nous, a dit encore le frère que nous citions plus haut, défions-nous de la lumière qui ne produit point la vie, de la lumière qui enorgueillit celui qui l'a reçue et qui blesse les autres au lieu de les guérir. C'est la science qui enfle et à l'occasion de laquelle il est dit : Si quelqu'un présume de savoir quelque chose , il n'a encore

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rîen connu comme il faut connaître ( 1 Cor. , VIII )

La véritable lumière augmente en même temps la vie et la paix entre les enfants de Dieu, selon qu'il est écrit : « La sagesse qui vient d'en-haut , premièrement est pure, pais paisible, modérée, Iraitable, pleine de miséricorde et de bons fruits ; elle n'est point difficultueuse , ni dissimulée ( Jacq. , III). » — (( Dieu, dit le même auteur, nous donne la lumière, non pour incendier, mais pour éclairer, réchauffer et vivifier; et Christ est une lumière qui porte la santé dans ses rayons. »

Sûrement les abus que nous venons de rappeler eiûnt une conséquence naturelle de la plénitude de Christ d'une part, et de i'étroitesse, de l'infirmité de l'esprit humain de l'autre. Mais ils n'en sont pas moins regrettables. Le mal n'est certes pas de se préoccuper d'une vérité particulière de la révélation, si c'est pour un temps et dans le but de satisfaire un besoin actuel du cœur ou de la conscience ; il est bon, il est nécessaire de s'arrêter momentanément devant telle ou telle face de la rédemption. Mais le mal est peut-être de s'y arrêter systématiquement, d'une façon permanente et fixe et de manière à former avec d'autres chrétiens un groupe distinct, une catégorie spéciale. Le mal est surtout de ne vouloir comprendre et approuver que les frères de notre groupe, de ne sympathiser pleinement qu'avec ceux-là, de juger, de condamner ou mépri^r eti secret les autres.

Point de système en ces choses, point de principe absolu, à moins peut-être que ce ne soit celui d'appartenir à tous les cercles , à toutes les écoles en ce qu'elles ont de vrai (je dis écoles, et non églises ), et de n'appartenir entièrement à aucune. Ainsi que nous l'avons exprimé déjà , le besoin présent de notre conscience, de notre esprit ou de liotre cœur, la direction de l'Esprit saint, telle est ici notre règle. Livrons-

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