AU GRAND REGRET DES SIENS ET AU REGRET MÊME DE SES ENNEMIS
bataille qu'après la défaite, et avait dû battre en retraite. Le chevalier de Lévis était au lac Champlain pour contenir et arrêter l'invasion. En l'absence des officiers les plus distingués, on prit le regrettable parti dn se retirer au fort de Jacques -Cartier, situé à une petite distance, en abandonnant Québec, la capitale, à la garde de quelques compfîgnies de miliciens démoralisés, placés sous les ordres d'un capitaine irrésolu , appelé Ramsay.
M. de Lévis, dès qu'il apprit les désastres du 13 septembre, revint en toute hâte à Jacques- Cartier pour se mettre à la tête des débris de la petite armée. Aussitôt il comprit qu'il fallait retourn-r à Québec, afin d'empêcher l'ennemi de s'en emparer. On fit toute diligence, et le 19, cinq jours après la défaite, nos bataillons se trouvaient a une petite distance de la ville; il et lit trop tard! l^a veille, Ramsay, au lieu de relever le moral de sa troupe privée de vivres et de munitions, avait eul'msigne faiblesse de capituler, avant même que le siège fût commencé.
L'année suivante, M. de Lévis, affligé, mais non découragé, revint à Jacques-Cartier, réunit les débris de ses troupes, et résolut de reprendre Québec. Il partit de Montréal en avril 1760, et arriva le 28 de ce mois sur la plateau même où Montcalm et Wolf s'étaient rencontrés quelques mois auparavant ; efficacement secondé par M. de Buurlamaque, il britit les Anglais, les mit en déroute, prit leur artillerie, tua ou blessa huit cents hommes, et força leurs épais bataillons à chercher un refuge dans la ville dont ils avaient chassé les habitants, parce qu'ils craignaient de leur part un soulèvement pendant la bataille.
Le chevalier de Lévis vint assiéger la ville. Il manquait
LE 14 SEPTEMBRE DE l'aN DU SEIGNEUR 1759,