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Ces idées poétiques, je les trouve admirablement exposées dans le livre intitulé Le Saguenay, par M. A. Buies, Non content, d'accumuler sur cette riche cone trée les données, les statistiques les plus intéressantes, l'auteur, retraçant avec une imagination de feu, le bouleversement terrible qui, d'après lui, fit un jour communiquer brusquement le Saint-Laurent et le lac Saint-Jean par une crevasse véritablement plutonique, nous fait assister à ce qu’il appelle le cataclysme, Tout un chapitre de l'ouvrage est consacré à ce phénomène grandiose, et, telle est la magie du. style, tel est le coloris des images, que ce panorama géologique se déroule pour ainsi dire sous nos yeux, avec tous ses épisodes et ses palpitantes péripéties, : .
Nous ne sommes pas partisan des cataclysmes géologiques en général, et, si le temps nous le permettait, nous -examinerions cette théorie déjà ancienne. de l'origine du Saguenay. Il y aurait une foule de re: cherches, de rapprochements intéressants à faire, En attendant, contentons-nous de mettre un point d'in: terrogation ou d'exclamation à la suite du cataclysme Saguenayen. Au point où nous en sommes rendus dans notre étude, nous ne possédons pas encore tous les faits dont la connaissance est requise pour entreprendre avec profit cette intéressante monographie,
Avant de dire adieu à notre glacier, je dois en jus: tice répondre à deux questions que vous vous êtes peut-être mer posées à son sujet. On peut se demander en premier lieu quelic a été la cause de sa formation, Cette cause a dàù être muitiple, muis, sans aucun doute une des plus puissantes a été l'élévation de la partie nord de l'Amérique septentrionale, Nos montagnes, si humbles maintenant, atteignaient alors les hauteurs où la neige des sommets ne fond plus. Les glaciers ont ainsi commencé à se former, puis ils ont augmenté peu à peu, jusqu’à recouvrir une grande partie des possessions anglaises de l'Amérique du nord, Ces glaciers se sont accru très vite, gräce à une abondante précipitation de neige. Eneffet, les mers polaires étant fermées aux courants chauds de l’Equateur, l'Atlantique était plus tempéré qu'aujourd'hui, l’évaporation était plus abondante et la chute de la pluie ou de la neigesur sea
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rivages pus considérable, Jn savant va même jusqu’à expliquer la formation de la glace de l’époque glaciaire, en supposant que le soleil était alors plus ardent que de nos jours! Laissons-lui toute la responsabilité de cette théorie originale.
On peut se demander, en second lieu, comment expliquer la marche du glacier vers le sud. Les glaciers actuels ne se déplacent que sur des pentes dont l'inciinaison atteint au moins deux ow trois degrés. Si nous admettions les mêmes conditions comme nécessaires au déplacement du grand glacier, il faudrait supposer aux parties nord du continent une hauteur verticale de huit ou neuf milles, ce qui est absolument impossible et évidemment absurde. A cela nous pouvons répondre par une comparaison qui fera voir qu'un déplacement d’une substance plastique comme la glace. est possible, même si le fond est rigoureusement horizontal.Je laisse tomber sur une table un filet de goudron. Le liquide sirupeux s’accumule d’abord au point de chute. Mais peu à peu, grâce précisément à cette accumulation continue en un même point, il se déplace à la surface de la table, se dirigeant de l’endroit où se trouve l'épaisseur la plus grande vers les parties voisines. Le lit sur lequel il coule reste pourtant horizontal, il suffit donc que la surface du goudron soit inclinée.— La glace est plastique comme le goudron; autrement le mouvement des glaciers serait impossible. Donc, il suffit de supposer sur les parties septentrionales de notre continent une accumulation considérable de glace pour que celle-ci se mette immédiatement en mouvement vers les latitudes plus basses; et cela même si la surface du sol n’est pas inclinée, même si elle présente des irrégularités,
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A cette période de notre travail, nous savons comment la plupart des matériaux qui composent notre sol arable ont été arrachés aux flancs de nos montagnes et distribués sur toute la surface du pays par de puissants glaciers coulant, comme direction générale, du nord vers le sud.—Que se pasea-t-il quand le glacier
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