CHAPITRE XIII
qui ont grandi sous ce climat prouvent, par leur énergie et leur santé, que c'est bien là celui qui convient à une race active et vigoureuse. Quant aux étés, ce sont les meilleurs de toute l'Amérique du Nord. Aux Etats- Unis, ils sont habituellement trop chauds, amollissants et souvent malsains. D'ailleurs, peu de régions des Etats-Unis peuvent entrer en ligne avec le Nord- Ouest canadien ; beaucoup d'Etats, en effet, renferment d'énormes étendues de terres pauvres et stériles; leurs récoltes, même de blé, leur bétail, ne peuvent se comparer avec le grain et le bétail canadiens. Les routes sont, en général, inférieures; enfin, les terres fertiles sont déjà toutes occupées.
D'immenses régions de la Saskatchewan et de l'Alberta, et les contreforts des Rocheuses, recèlent de la houille et des minerais variés et non encore exploités ; en outre, la limite septentrionale de la culture et de la vie humaine normale a été considérablement reculée, par une connaissance plus approfondie du pays. Edmonton, naguère considéré comme une avant-garde perdue, maintenant capitale de l'Alberta, devient le centre de vastes régions où le blé pousse aussi bien qu'au Manitoba, régions grandes comme la moitié de l'Europe.
Il faut, évidemment, compter sur les mauvaises années dans le grand nombre des bonnes, et il peut se produire beaucoup de mécomptes et d'échecs, dus à des causes variées, dans une contrée vers laquelle se dirigent des milliers de gens sans expérience, mais on ne peut dire d'une contrée aussi riche en grain et en bétail, qui possède de la houille, du bois, de la force hydraulique et des minerais en abondance, qu'elle soit surfaite : un pays qui produit tous les articles nécessaires à la vie ne peut pas être trop peuplé.