CHAPITRE III
Aux portes de Québec. — Les chutes de Montmorency. — Sainte- Anne de Beaupré. — En descendant le Saint-Laurent. — Une station estivale très fréquentée. — Modes américaines. — Histoire de Murray Bay. — En villégiature sur les bords du Saint- Laurent. — En remontant la Murray. — Scènes champêtres. — L'église paroissiale. — Le clergé canadien.
Ce n'est pas seulement le charme de Québec luimême, avec son site incomparable, qui captive l'imagination, mais peut-être autant celui de ses environs qui se découvrent si plaisamment à de grandes distances et presque dans toutes les directions, lorsque l'on se promène dans la ville haute et ses alentours. Tous ces paysages fuyant au loin sont naturellement beaux, mais, différant en cela de beaucoup de régions de l'Amérique du Nord, ils sont comme enrichis et rendus plus agréables par la présence d'une race que ne tourmente pas la soit de la prospérité matérielle comme ses voisins, et dont le caractère, par compensation, trouve un plaisir égal ou supérieur à jouir autrement de la vie.
Les villages gais, pimpants, qui parsèment les ondulations du paysage autour de Québec, sont habités par de bonnes gens qui s'entêtent à perdre leur temps et leur argent à peindre et à blanchir leurs demeures, excitant le mépris et la dérision du petit fermier de l'Ontario, à qui la nature a refusé ou chez qui le sang