CHAPITRE III
velle-Ecosse. Une troisième ligne part de Lévis vers le sud, dans la direction de Sherbrooke et des Cantons de l'Est.
Quant aux grandes routes rayonnant autour de Québec, elles sont convenables, mais au delà des faubourgs, elles sont meilleures pour les voitures que pour les cyclistes. La plus fréquentée est la route Saint- Louis qui, comme nous l'avons vu plus haut, traverse les plaines d'Abraham et se dirige vers Sillery et Cap Rouge. De plus, pendant sept ou huit kilomètres encore, elle est bordée de délicieuses propriétés, vastes et boisées, s'êtendant généralement jusqu'aux rives à pic du Saint-Laurent et d'oii l'on jouit de magnifiques points de vue sur le fleuve, en amont et en aval.
Il y a, au Canada, quantité d'agréables résidences champêtres, généralement modernes, et dans des sites choisis pour leur beauté, mais qui ne vivent jamais, il faut se le rappeler, du rapport des champs avoisinants. Entre toutes, les vieilles demeures près du Saint-Laurent, au-dessus de Québec, en dehors de leur situation unique, ont un caractère particulier ; im certain nombre d'entre elles remontent au dix-huitième siècle et sont le foyer d'hommes et de familles qui ont joué un rôle dans la vie politique et sociale du pays depuis la conquête anglaise.
La Grande Allée sur laquelle s'ouvre l'entrée de la plupart de ces domaines se transforme bientôt en route rurale au delà des plaines d'Abraham. On peut faire une agréable excursion d'une vingtaine de kilomètres en allant en voiture à Cap Rouge et en revenant par le village de Sainte-Foy et la porte de Kent. La route est charmante, surtout aux premiers jours de l'automne. L'épinette, peut-être parfois un peu trop dominante dans les paysages du Bas-Canada, cède ici assez
souvent la place au feuillage plus riche de l'érable et de l'orme, du frêne et du chêne qui ombragent la route. On aperçoit de place en place le fleuve par des échappées traversant les bois et les parcs. Cette longue promenade fait passer le visiteur dans la région la plus anciennement colonisée du pays. En revenant vers Québec, on distingue, par delà les détours du Saint- Charles, les villages de Lorette et de Charlesbourg, groupés sur le vert tapis de la vallée, les hauteurs boisées des Laurentides, s'élevant derrière et fuyant ondulées vers la région des lacs et des cours d'eau.
Lévis, qui garde l'autre rive à l'étranglement du fleuve, est, au contraire, en fait, une ville neuve et comprend avec ses faubourg plus de dix mille habitants. D'immenses bâtiments religieux, séminaires, monastères et églises semblent dominer même cette ruche d'industrie moderne qui s'occupe surtout du commerce des bois. Des bacs relient constamment les deux villes ; mais le but principal d'une visite à Lévis, si ce n'est d'aller voir les chutes de Chaudière, situées à une dizaine de kilomètres, est de contempler le panorama saisissant qu'offre Québec de ce point de vue.
La rive nord, à partir de l'embouchure du Saint- Charles, est occupée par la vieille seignerie de Beauport; des trains fréquents mènent au village de ce nom, oii l'on peut visiter l'emplacement du vieux manoir, maintenant incendié, qui abrita le quartier général de Montcalm pendant tout le siège.
Si les chutes de Montmorency se trouvaient au milieu d'un désert et ne rappelaient aucun souvenir historique, elles seraient tout de même fameuses : c'est un magnifique spectacle que cette rivière tumultueuse se précipitant du haut d'une falaise de 80 mètres dans une cuvette bouillonnante. De la plate-forme bâtie pour