‹ Le Canada, empire des bois et des blésChapitre 44 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'Ontario. — Les Loyalistes de l'Union. — La guerre de 1S12. — Le développement de l'Ontario. — De Montréal à Ottawa. — Ottawa. — Son climat. — La vie mondaine. — Le Canada et la métropole. — Problèmes de l'avenir. — Les forces militaires.

L'Ontario, qui renferme les deux cinquièmes de la population du Dominion (2350000 habitants), en est province la plus importante. Il est entièrement anglais, à part quelques petites colonies françaises et autres : c'est le noyau et, pour ainsi dire, la souche du Canada, à la façon dont l'entendent les Anglais. La Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l'île du Prince-Edouard, que l'on désigne généralement sous le nom de Provinces Maritimes, sont aussi anglais que l'Ontario, mais, sans parler de l'infériorité collective de leur population, ces possessions sont moins progressistes et plus provinciales. Elles envoient au dehors plus d'émigrants qu'elles n'en reçoivent, ce qui peut paraître paradoxal dans une province comme le Nouveau-Brunswick, par exemple, qui renferme de grandes étendues encore non défrichées.

Il serait long d'expliquer cet état de choses : l'île du Prince-Edouard est un beau pays, bien cultivé; elle est occupée par une population anglaise très dense et prospère et dotée de deux Chambres; la Nouvelle- Ecosse est surtout anglaise, avec un élément assez con-

cidérable d'Ecossais, et principalement de Highlanders, parmi lesquels un certain nombre, à ("ap Breton, parlent encore le gaélique; bien que ce soit un pays agréable et varié, il n'attire, en fait d'émigrants, que des mineurs. Les terres qui valaient la peine d'être défrichées, du moins au point de vue où se place rémigrant moderne, le sont depuis longtemps, et flalifax, la seule ville des Provinces Maritimes dont le nom soit un peu connu au dehors, n'a pas cinquante mille habitants. Eniin, le Nouveau-Brunswick, qui renferme encore de vastes surfaces boisées qu'on défricherait à bon compte, voit les émigrants passer sans s'arrêter et aller occuper au loin, à l'intérieur du continent, des terres qui ne valent pas plus que les siennes.

Bref, l'Ontario est le cœur du Canada : avec ses industries variées et sa vie active, il attire l'étranger, à conditions égales, avec une force magnétique que ne possède aucune autre des anciennes provinces. Naturellement, les capitalistes qui recherchent le bois ou les gisements de minéraux s'établissent là oii ils les trouvent, sans s'occuper du reste. Sydney, par exemple, dans Cap Breton, au nord de la Nouvelle-Ecosse, qui, jusqu'à ces derniers temps, était considéré comme un point extrême des provinces de l'Est, est devenu maintenant, avec ses industries se rattachant à la houille et à l'acier, un petit Newcastle. Mais ce sont là des points isolés, approvisionnés par mer de toutes les directions, et qui envoient leurs produits à travers le monde : ils ont peu d'influence sur les vastes territoires qui les entourent si rien ne vient les seconder. La Nouvelle-Ecosse est couverte de belles prairies, de fermes bien cultivées; elle produit les plus belles pommes du monde entier; on pourrait y acquérir de

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