‹ Le Canada, empire des bois et des blésChapitre 55 sur 135 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

les modes et les articles de verrerie ou de fantaisie, dopassent tuiit ce (juc l'on peut voir dans une ville d'Europe équivalente. Des magasins reçoivent annuellement de grands envois de modes de Paris qui y trouvent une vente rapide. Les maisons de commerce sont partout, maintenant, de pierre ou de briques; les trottoirs, autrefois de bois, ont été, généralement, refaits en béton. Les rues sont larges et fréquemment asphaltées. Beaucoup de villes de dix à douze mille habitants ont un service de trams électriques; toutes jusqu'aux plus petites sont éclairées à l'électricité depuis vingt-cinq ans. Les rues sont bordées de poteaux chargés de nombreux fils télégraphiques et téléphoniques : c'est, évidemment, peu esthétique, mais témoigne d'une grande activité.

Toutes ces villes ont des écoles de filles et de garçons, pour l'instruction primaire et secondaire, presque gratuites. On y trouve toujours une salle de lecture et, souvent, une bibliothèque publique. Il n'est sans doute pas nécessaire d'ajouter qu'il n'y a guère de véritables indigents dans ces ruches prospères.

Les différentes sectes religieuses s'épanouissent côte à côte dans la province. L'Eglise anglicane et l'Eglise écossaise se partagent la plus grande partie des classes riches et instruites dans les villes, mais les méthodistes, quoique déjà forts dans les cités de province, sont encore plus nombreux que les presbytériens dans les centres agricoles, où, par contre, l'Eglise anglicane n'existe pour ainsi dire pas.

Une certaine partie du capital et de l'initiative qui ont renouvelé la vie et augmenté la prospérité dans ces villes est d'origine américaine. On y trouve, en effet, partout des Américains, soit comme capitalistes, soit occupant des postes importants, et ce ne sont pas les

moins enthousiastes en ce qui regarde l'avenir du Canada. Du reste, lorsqu'on a vu une demi-douzaine de ces petites villes, si rapprochées l'une de l'autre, on ne peut méconnaître le caractère manufacturier de l'Ontario, sans parler de villes plus grandes, que nous n'avons pas encore décrites. Mais peut-être, ces petites cités affairées et prospères, dans un gras pays de fermages, font-elles plus d'impression qu'une grande ville ramassée sur elle-même, à cause de leurs marchés locaux, de la vie plus saine qu'elles offrent aux travailleurs. Elles ont aussi l'avantage de fournir de l'occupation, par exemple, à des ûlles de fermiers qui gagnent ainsi, dans leurs m.oments de loisir, une moyenne de six à sept francs par jour, dans les fabriques de lainages. Ce n'est pas à dire, pourtant, que ces jeunes Elles soient très nombreuses parmi les ouvrières qui sont généralement du métier et changent suivant les époques : ce travail sédentaire et mécanique, qui dure dix heures par jour, doit, en effet, sembler dur à beaucoup d'entre elles, même lorsqu'il leur permet de prendre leur part des distractions de la ville et de s'acheter des chapeaux de Paris.

Ceci nous amène, en nous rappelant la question des domestiques, terreur permanente des intérieurs canadiens, à quitter les faubourgs industriels pour gagner les quartiers de résidence des gens aisés qui, dans les villes canadiennes de second ordre, sont généralement agréables. Les maisons de toute taille, en bois, en pierre ou en brique, s'élèvent au milieu de jardins soignés, proportionnés avec leurs dimensions. Les petites villes ont, à cet égard, souvent suivi l'exemple des grandes : on y a enlevé les clôtures, sauf là oii elles sont constituées, comme c'est parfois le cas, par des haies de cèdres, et on a laissé les pelouses ouvertes sur

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