‹ Le Canada, empire des bois et des blésChapitre 57 sur 135 · CHAPITRE VU Ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU Ii

on a toujours du chauffage préparé, sont plutôt une fantaisie qu'une nécessité. La science de ces installations atteint une grande perfection : on ne ressent jamais ces différences de température d'une pièce à l'autre qui, dans l'ouest de l'Europe, sont si désagréables. A ce propos, quoique les Canadiens chauffent beaucoup moins que les Américains, il y a peutêtre encore chez eux un excès. Mais s'ils se fatiguent de l'hiver à cause de sa monotonie, en général, ils ne songent même pas au froid, et c'est pour eux, en somme, une saison agréable.

Toutes ces petites villes de l'Ontario se ressemblent beaucoup, comme le pays agricole qui les entoure : celles au bord des lacs ont des intérêts dans la navigation, avec l'agrément du yachting et du canotage; celles plus loin dans l'intérieur des terres se donnent à l'exploitation des forêts; celles de la péninsule que forment les grands lacs, à l'agriculture; mais toutes fabriquent, sur une plus ou moins grande échelle, des machines, des chaudières, des pompes, des scies, des outils de toute sorte, des tapis, des lainages, etc. Et l'on se demande alors pour quels acheteurs travaillent ces petites villes industrielles, en dehors de leur clientèle locale. On se rendra facilement compte des débouchés que trouvent leurs produits, si l'on songe que les moissonneuses Massey-Harris, par exemple, sont répandues dans le monde entier, et que les machines Mac Culloch, de Galt, sont universellement réputées. vT^Stefôis, l'écoufement naturel des industries de l'Ontario est naturellement le Nord-Ouest du Canada, agricole et minier.

Il ne faut pas oublier, cependant, que la forme allongée et comme éparpillée du Dominion et ses contours découpés sont, pour lui, une source réelle de dif-

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licultés au point de vue économique qui nous occupe en ce moment. Le Canada n'est, en somme, qu'une bande étroite allant de l'Atlantique au Paciiique, et qui s'élargit peu à peu, mais pas assez pour modifier la situation. Si l'on songe que les Provinces Maritimes sont séparées par une région inculte du Canada français, que l'Ontario est également séparé de la zone des prairies par près de seize cents kilomètres de désert, tandis qu'entre les prairies et la Colombie Britannique se succèdent les différentes chaînes des Montagnes Rocheuses, on comprend qu'il soit plus naturel que ces régions, si nettement délimitées, soient en rapport d'affaires avec les Etats situés au sud de la frontière qu'entre elles. Aussi, Boston est-il toujours le centre de l'univers pour le campagnard de Cap Breton ou du Nouveau-Brunswick. Chicago, Buffalo et New- York sont les pôles d'attraction de la jeunesse active de l'Ontario, et des droits modérés ne peuvent guère empêcher les fermiers du Grand-Ouest de faire venir leurs machines des grandes usines américaines les plus rapprochées. L'élévation des tarifs douaniers serait donc, en ce qui concerne cette clientèle encore peu développée, une affaire d'or pour les usines de l'Ontario; en attendant, il envoie ses produits en Europe, en Australie, aux Indes et au Cap.

Les hôtels font, en général, de bonnes affaires, mais à part quelques exceptions, ils n'ont rien de remarquable. Ils vous donnent des repas abondants, mais la cuisson insuffisante et le service primitif sont légendaires parmi les Canadiens sensés. Ils ont adopté le système, si répandu aux Etats-Unis, en dehors des établissements de premier ordre, qui consiste à vous servir une quantité énorme de petit plats, et ils croient avoir ainsi atteint le comble du raffinement culinaire. La

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