‹ Le Canada, empire des bois et des blésChapitre 78 sur 135 · CHAPITRE IX l6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX l6l

dans les grands bols canadiens, où, même par les jours les plus chauds, de saines brises aux senteurs de cèdre soufflent sur les lacs qu'elles agitent. Les levers et les couchers de soleil y sont superbes. Le soir, les grands feux flamboient sur le décor sombre des bois. Autour de leurs brasiers, les heures passent gaiement, en société, tandis que retentit dans les marais le beuglement intermittent de la grenouille-bœuf, et que l'on entend au loin dans la nuit la plainte des plongeons ou leur rire lugubre.

Et quelle embarcation peut valoir le canot canadien de tilleul ou de cèdre ? Solidement appuyé contre la banquette, les genoux sur un coussin ou une peau de mouton, la pagaie à un seul plat dans ses mains expertes, face aux vastes étendues d'eau qu'il parcourt, le Canadien n'est-il pas le plus enviable des bateliers ? Jamais de bruits ou d'éclaboussures d'avirons; il file doucement, dans cette coque légère mais sûre, le long des bras sinueux, frôlant les bancs de nénuphars ou glissant parmi les hautes herbes; il l'entraîne contre le vent, sur les lames frangées d'écume des grands lacs, descend comme une flèche les rapides, ou encore, s'il en est besoin, la hisse sur son épaule et l'emporte à travers bois.

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