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de chou-croute, et n’entendant rien en littérature, enfin c’est le coin du monde où l’on se connait le moins en beaux-arts.”
Ou bien, si vous aimez mieux les observations d'un autre canadien sur le même pays, lisez: ‘ Deux causes de décadence preuvent que le peuple français est destiné à périr bientôt: 10. Les nombreux vignobles dont ce pays est couvert, qui attirent nécessairement chaque homme vers l’intempérance ; 20. Le climat, presque constamment égal et doux, prive cette nation des éléments de vigueur et de santé que nous fournit la température des hivers canadiens.
‘“ On ne sera pas étonné si je dis que tous les Français sont chauves et que tous ont perdu un œil. J'ai remarqué que plusieurs G’entre eux couvrent le seul œil qui leur reste, d’un petit morceau de verre laillé en rond, sans doute pour le préserver des accidents qui asoutiraient à les rendre complètement aveugles. Sur le chapitre de la calvitie, je suis encore mieux renseigné, car j'ai eu pour voisin de chambre, un Français dépourvu de tous ses cheveux. Voilà où en est rendue cette race, autrefois si belle.
“ Je ferai, néanmoins, une distinction en faveur des paysans et des ouvriers.
“ Les paysans naissent, vivent et meurent sans apprendre à lire, sans s'inquiéter de ce qui se passe au-delà de la porte de leurs maisons. Aussi sont-ils persuadés que rien au monde n’approche en valeur et en :nérite du peuple français : c’est la sauvegarde de leur nationalité. En Canada, nous nous sommes habitués, au contraire, à instruire les gens de la campagne et à leur conférer le privilège de savoir, lorsqu'ils le désirent, ce qui se passe dans le monde; vous voyez chez nous cetie classe de la société vivre dans des demeures spacieuses, commodes, bien meublés, tandis que le paysan français se contente du modeste réduit et de l'existence passive que lui font ses compatriotes, à
“ L’ouvrier français est le plus avantageusement pourvu sous le double rappcsrt de l'intelligence et de l'éducation. Il lit le Siècle. Résultat clair et net : il est plus instruit que les classes gouvernantes, aussi réclame-t-il sans cesse sa place à la tête des affaires. On sera peiné d'apprendre que les moyens les plus violents ont été employés jusqu'ici pour le repousser de ce terrain où l'appellent ses facultés extraordinaires. Il n’est pas jusqu’à la blouse, taillée d’une certaine façon, qui ne soit restée le costume de ces deshérités du sort : je n’ai pas pu m'en assurer, mais je crois qu’il existe une loi qui défend à l’ouvrier d’endosser aucune autre espèce d’habit,—sans cela, il est raisonnable de conclure qu’il ne tarderait pas à se vêtir comme le sont nos artisans du Canada.
“ Les Français ont conservé l'häbitude de raser leur barbe, à l'exception de la moustache, ;uw’ils portent ainsi que faisaient les Gaulois. Cette mode des temps où la barbarie régnait en Europe, fait assez voir que les descendants des Francs et des Gaulois n’ont pas encore dépouillé tout-à-fait le vieil homme et qu'au milieu de la civilisation dont ils se vantent d’être les guides éclairés, l’observateur peut indiquer des restes de l’état primitif dans lequel vivaient ces peuples.
“J'ai parlé de dégénérescence. Il est certain que nous ne pourrions comparer un Français qui pèse cent-trente livres, qui ne mesure en hauteur que cinq pieds six pouces, et dont l'estomac s’accommode d’un seul repas solide par jour, avec les Canadiensfrançais, muscuŸeux et robustes, hauts de stature, et capables d’absorber quotidiennement leurs trois repas de viande.”
Tout le monde,—même en Canada,—voit qu'il y a dans ce qui précède autant de choses inexactes que de mots. Pourtant, c’est là la manière dont nous sommes traités par presque tous les voyageurs européens qui daignent s'occuper du Canada. Le parti pris de ne voir en nous que des hommes blancs redevenus à moitié sauvages, milite victorieusement contre les faits les plus avérés, contre l'évidence la plus palpable, et contre le sens-commun. On va jusqu’à nier la clarté du soleil en notre pays,—tandis qu’il est peu de contrées où il brille plus constamment et d’un plus vif éclat. La bêtise humaine est grande !
SommaiRe.—De Québec à la Colomhie-Anglaise.—La chute du Niagara.—L'eau des grands lacs.—-Le fleuve MacKenzie confondu avec le Saint-Laurent.— Pour, quiimportons-nous des marchandises d'Europe ? — Un Canadien... du Mexique.—Tous scieurs de bois!—Franconhobie du Times.—Les travaux et les lultes d’un passé tout récent.— Venez y voir, messieurs !—Nos frères des AVI Comme ils nous connaissent :—Guérissez-vous d’abord, s’il vous plait.
Il w’y a pas longtemps qu'une dépiche du bureau colonial de Londres invitait le gouvernement canadien à faire passer directement de Québec à Victoria, dans la Colombic-Anglaise, une consignation d'armes et d’accoutrements militaires, au lieu de les expédier par mer. Les ministres anglais furent bien étonnés lorsqu'on les invita à consulter la carte. Ils croyaient que la Colombie se trouve au bout de la banlieue de Québec. S'il en était ainsi, le chemin de fer du Pacifique, que nôus nous proposons de construire bientôt, serait raccourci de neuf cents lieues.
En 1812, un homme d'Etat du parlement anglais proposait d’envoyer une forte escadre jusqu’au fond de l'Erié, pour balayer le littoral américain de ce lac. Il oubliait tout simplement la chute de Niagara. On le prit cependant au sérieux et des frégates partirent pour cette mission. Afin de ne manque: de rien à bord, on avait muni ces vaisseaux d'appareils à purifier l’eau de mer pour la rendre potable. Purifier l’eau des lacs canadiens, et franchir d'un bond le Niagara, deux bourdes qui me paraissent dignes de passer à la postérité la plus reculée.
Un Canadien qui sembarquait au Hâvre pour revenir au pays, lia momentanément connaissance avec un employé chargé par quatre ou cinq maisons de commerce, de surveiller l'expédition d’une centaine de ballots destinés au Canada. Apprenant ‘d’où venait et où s’en retournait le voyageur, l'employé se montra tout de suite disposé à parler de cette lointaine contrée. all —Le Canada ! ah, monsieur ! c’est un rude pays que celui-là ! De la neige, hein ! quatre pieds, cinq pieds, six, et parfois davan- 4 tage. Avec ça un froid de trente-six mille loups, n’est-ce pas? On
k connaît ça!
Lil —Je vois que vous y êtes allé.
1 — Nox pas! Je vous demande pardon. Saperlotte, vous n’y pen- |A sez pas ! Il faut avoir été pris jeune... j'ai cependant un ami qui en revient.
—Alors, vous savez ce qui en est, c'est tout comme si vous y aviez passé douze mois de calendrier.
—Je ie crois bien ! Figurez-vous que mon ami a été cinq mois saus voir de visages blancs autres que les personnes du poste de traite où il séjournait.
—Bigre ! et où donc ça, s’il vous plait!
—Ah, voilà : c'est un nom anglais, qui m’échappe par conséquent mais le fleuve qui y passe s'appelle MaKinsie.
—Parfaitement, le fleuve MacKenzie c’est comme si vous me parliez d’un faubourg de Paris qui se trouverait à sept cents lieues du dôme des Invalides...
—Allons donc !
—Mais oui, s’il vous plait. Et du reste avez-vous réfléchi à quoi ou à qui pouvait servir le contenu des ballots que vous embarauez en ce moment? Vous nous expédiez des étoffes de haut prix, des fleurs artificielles, des rubans, des soieries, des gravures de modes, des livres, de la musique, des tapis, des draps fins ,\des bijcuteries. pour les ours blancs ou les renards verts ? Convenez que les deux bouts de votre raisonnement ne se joignent pas.
M. J. A. N, Provencher est à Paris depuis l'automne dernier.
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pop. an. HS:
Voici un trait emprunté à l’une de ses lettres : Le lendemain de son arrivée, M. Bossanges le présente à un journaliste :
—Mon cher ami, vous voyez devant vous un Sauvage du Canada, qui nous est arrivé hier dans l'accoutrement de sa tribu, brayet, mitasses, bonnet à plumes, enfin tout l’attirail. Vous comprenez que nous l'avons mené sans retard chez un tailleur. Tel que le voilà, il n’est pas si mal après lout.
—Certes, non! Je dirai même sans compliment qu’il porte nos habits à ravir. Mais attendez donc! par quel prodige avez-vous pu traverser la moitié de la France sous votre costume national ?
—Je voudrais bien voir qu'on me molestât, réplique vivement Provencher de son: air le plus iroquois, je suis sujet britannique, mes papiers sont en ordre, et mon gouvernement ne permettrait pas.
—C'est très-juste, reprend le journaliste, très-juste, M. Thiers a raison : nous avons bien assez de la Prusse, n’allons pas nous mettre l'Angleterre sur les bras!
Et le reste de la conversation à l'avenant.
Un dictionnaire de géographie publié en Angleterre, il n’y a pas longtemps, nous informe que Québec est la ville principale du Canada, et que le dit Canada renferme une population de sept mille âmes.
L'Européen vend des marchandises, mais il ne connaît pas la géographie.
L’Anglais a des flottes dans toutes Les mers du globe, maisilne connait pas la géographie.
Le Français porte des moustaches, mais il ne connait pas la géographie.
L’Italien se faradase, mais il ne connaît pas la géographie.
L'Espagnol a découvert la moitié de l’univers, mais il ne connaît pas la géographie.
L’Aliemand réclame toute terre que foule un pied de Teuton, mais il ne connaît pas la géographie.
Mr. Napoléon Bourassa étant à Rome, vit son hôte entrer un matin dans sa chambre, la figure rayonnante de plaisir :
— Je viens, monsieur, vous annoncer une bonne nouvelle.
— Tant mieux, tant mieux! dit Mr. Bourassa, de quoi s'agit-il ? — Nous avons, depuis hier soir, un de vos compatriotes..
— Ici même ?
-- Oui, monsieur ; je l’ai mis en face de vous, au numéro 30. — Bien obligé de l'intention, je cours le voir.
Et Mr. Bourassa se hâte d'aller frapper au numéro Li Une
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voix répond de l’intérieur, il pousse la porte et se trouve en présence ... d’un Mexicain !
M. Anthony Trolloppe a écrit, il y a une vingtaine d'années : ‘“ À Montréal et à Québec, les Canadiens-français sont tous porteurs d’eau ou scieurs de bois.”
Un autre écrivain anglais qui avait vu une servante rousse dans une auberge du Hâvre, ne disait-il pas qu’en France toutes les servantes étaient rousses |!
Mais ce qui dépasse les bornes de la plaisanterie, ou plutôt ce dont il est difficile de se moquer, vu la gravité de l’assertion et l'importance du journal qui la publie, c’est le passage suivant d’un article du Times de Londres, daté du mois dernier:
“Voyez les Canadiens-Français, et songez de quelle énergie étaient doués leurs ancêtres quand ils quittèrent la Normandie et la Bretagne pour s'établir sur les bords du Saint-Laurent, Que sont-ils aujourd’hui ? C’est Le peuple le plusaimable de l'Amérique, mais la tutelle a abaissé le niveau de leur intelligence presqu’à ceile de l’'aborigène indien.”
Voilà deux cent cinquante ans que nous habitons ce pays. Durant tout ce temps on nous a trouvé en lutte avec la forêt et avec les hommes, défrichant le sol, fondant des villes, ouvrant des routes, établissant des villages, des écoles et des colléges. Les guerres contre les Indiens nous ont coûté et du sang et des peines. Les guerres contre les Anglais nous ont écrasés parce que la France nous abandonnait contre des forces dix fois supérieures. La conquête venue, les persécutions ont commencé contre nous. Nous nous sommes réfugiés sur nos terres, sur ce sol arrosé des sueurs et du sang de nos pères, nous sommes devenus les paysans, le corps et la force du pays. Malgré la tyrannie, malgré notre pauvreté, il nous restait assez de cœur et de capacités intellectuelles pour entreprendre les luttes politiques. Nous les avons entreprises résolument; elles ont duré soixante-quinze ans, et pied à pied durant cette longue période nous avons regagné le terrain perdu par la faute de notre ancienne mère-patrie, nous nous sommes refaits politiquement, commercialement, et comme nation. Aujourd'hui, d’un océan à l’autre, sur les territoires découverts et livrés à la civilisation par nos pères et par leurs fils, nous sommes le principal groupe autour duquel viennent se ranger ou contre lequel combattent les phalanges politiques. Le rang que nous avons ainsi fait à notre race sur ce continent est digne d'envie et le serait pour n'importe quel peuple, et voilà que par un simple besoin de dénigrement, pour obéir à un instinct de fraucophobie assez
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évident, le principal organe de la presse d'Angleterre nous ravale au niveau des Indiens et des Parias!
Il est juste de dire aussi que la presse anglaise du Canada s'est soulevée d’indignation et qu'elle a enregistré plus d'une verte réplique à l'adresse du Times. Mais qui les lira en Angleterre !
‘ Où donc, dit la Minerve, le grand journal a-til puisé ses renseignements sur les Canadiens-français? Il aura probablement ouvert un de ces livres écrits par quelques fanatiques qui viennent ici sans rien voir et retournent chez eux nous dénigrer. Qu'ils viennent ici ces flers écrivains du Times, et ils verront que pour s'être conservés au milieu des populations étrangères, les Canadiensfrancais abandonnés au moment de la conquête par les familles nobles, par les riches, qui repassèrenten France, ont déployé autant d'énergie que leurs ancètres et qu'ils n’ont pas dégénéré, Ils seront témoins d’un spectacle unique dans l’histoire, et si après avoir vu nos institutions, notre force, nos hommes d'état, ils ne changent pas d'avis,ils mériteront bien d'écrire toute leur vie des articles aussi sots que celui que nous venons d'analyser. ?
Mais ce n’est pas tout, on peut veuir jusqu'en Amérique cueillir des perles de ce genre : Le Meschacébé de la Nouvelle-Orléans, publie un article, reproduit par le Courrier des Etats-Unis Au 18 novembre 1872, sur l'union des Français aux Etats-Unis. Dans cet article, il se plaint de la perte de l'influence française en Louisiane : “ Qu'’ontils fait, ces négociants français, de l'héritage de leurs pères? Les Français étaient tout jadis, et ne sont plus rien aujourd'hui dans la ville et l'Etat ..…...La race française a visiblement le dessous, et sa honteuse défaite éclate partout dans la ville de la Nouvelle-Orléans où scn quartier spécial n’est qu’une nécropole, —dans l'intérieur de l'Etat, où elle est chaque jour rayée du livre de la propriété conquise par ses sueurs. Elle s’est conservée au Canada parce qu'elle n’a pas eu de concurrence, mais en quel état d'ignorance, de sujétion, de routine et de superstitions! ”
La parole et l'écriture ont été données à l’homme pour déguiser
la vérité,—c’est reconnu et pratiqué.
Messieürs, un bon conseil, en guise de réplique : Guérissez-vous d’abord ; ensuite vous tâcherez de nous connaître, et nous en causerons. Si vous lisiez l’histoire de la Louisiane et si vous la compariez à celle du Canada, ce serait un bon commencement d’instruction pour vous, et, je le répète,il est convenable d'étudier un peu les gens que vous calomniez par dépit.
Soumarme.—Les Habitants—Education et instruction.—Une opinion non suspecte.—Première application du régime britannique.—Autres opinions sur notre compte.- Instruction.—Notre presse politique.—L'œuvre atteste l'ouvrier.
En Canada, nous aoanons le nom d'habitants aux gens de la campagne. Cette désignation remonte à l’origine même de la colonie ; elle servit d’abord à distinguer les Français résidant à poste fixe sur des terres, des employés des compagnies de traite, des domestiques des maisons religieuses et de quelques particuliers qui n'étaient point du nombre des habitants sur lesquels l'on comptait pour fonder le pays. En France, on appelle ‘“ paysan” celui qui cultive le sol, qui y est en quelque sorte attaché, Notre mot habitant” est beaucoup plus relevé, et nos gens s'en sont toujours montrés fiers avec raison. Il y a un siècle, Bougainville écrivait: ‘ Les simples habitants du Canada seraient scandalisés d'être appelés paysans. En effet, ils sont d’une meilleure étoffe et ont plus d'esprit, plus d'éducation que ceux de France.”
J'ajouterai, pour ce qui a trait à l'éducation, que Bougainville donne à ce mot le sens de savoir-vivre, bonnes manières, politesse, urbanité, etc., que lui donne aussi le dictionnaire, mais pour re qui touche à l'instruction, elle était presque disparue de la colonie à l’époque (1757) où il écrivait. Les premiers colons du Canada furent des personnes instruites, c’est-à-dire pouvant au moins lire etécrire. En consultant nos vieilles archives, on est tout étonné de voir que les sept-huitième des habitants savaient signer, et la plupart d’une main qui atteste l'habitude de se servir de la plume.
Un siècle après, l'incurie ‘de l'administration française nous avait fait changé de rôle : le: gens qui font leur “ marque” sont en grande majorité...….mais, ccime l’atteste Bougainville, l’'éducauon de la famille et des relatisus sociales restait dans ce groupe de déshérités du sort.
Lord Durham, qui écrivait en 1839 et qui puisait à toutes les sources de renseignement, a cru devoir dire ce que ses compatriotes lui avaient appris touchant les Canadiens-français de l’époque qui suivit la conquête.
Il parle ainsi des habitants: ‘Il ne leur manquait ni les vertus d'une vie simple et iudustrieuse, ni celles que l’on reconnaît d’un commun a:cord à la race dont ils descendent. Les tentations qui, dans un autre état de société, poussent à exercer des violences contre la propriété ou la personne, leur étaient peu connues. Ils sont
doux et obligeants, frugals, industrieux et honnêtes, très-sociables avenants et hospitaliers, et distingués par une courtoisie et une, politesse réelle qui domine dans toutes les classes de leur société.” Parlant de nous en général, il s’exprime comme suit : ‘ Dès les commencements de l'administration anglaise en ce pays, les Canadiens-français furent exclus du pouvoir, et toutes les charges de confiance et les émoluments passèrent aux mains de personnes d’origine anglaise. Les plus hautes fonctions de la loi furent confiées à des étrangers. Les fonctionnaires du gouvernement civil, avec les officiers de l’armée, composaient une sorte de classe privilégiée, occupant les premières places de la société, éloignant les hautes classes des Caradiens-français de leur cercle comme aussi du gouvernement de leur propre pays.”
Lord Durham, haut commissaire de la couronne, envoyé en Canada pour étudier l'état politique de cette colonie et trouver les moyens de nous réduire, s'est acquitté d': sa tâche avec conscience et habileté. S'il ne nous a pas écrasés ce n'est pas sa faute, —ioutefois, tenons-lui compte des bonnes note: que la vérité historique a fait jaillir comme naturellement de sa plume:
Un Anglais qui a publié un livre vers 1814 (Anderson's views of Canada) n'hésite pas à nous faire une part agréable de ses souvenirs :
‘“ Les Canadiens-Français sont honnètes et droits dans leurs transactions d'affaires, à un dégré que l'in rencontrerait rarement chez une population sans instruction, ou même peut-être nulle part ailleurs. Ils sont srciables et polis dans leurs manières ; et pour ce qui est de leur gouverne, ils agissent sensément, sont ingénieux et industrieux.”
Un négociant, M. Parker, faisait la déclaration suivante devant un bureau d’enquête de la Chambre des Communes, en 1827 :
‘ Les Canadiens-français sont unis par une origine commune dont ils sont justement fiers, par leur religion, leurs mœurs et leurs vertus, et sont intéressés à soutenir une réputation qu'ils ont conservée jusqu'ici sans tache... Je les encouragerais. ”
Consultons encore lord Durham :
‘ La négligence soutenue du gouvernement anglais laisse (en 1839) la masse des Canadiens-français sans aucune des institutions qui les pourraient élever dans l’ordre de la liberté et de la civilisation. Ce gouvernement les a laissé sans moyens et sans leur conférer les institutions du self-government.….. Quoiqu'il en soit, l’assertion généralement répandue que toutes les classes de la société canadieune-française sont également ignorantes est tout-à-fait erronée, Car je ne connais point de peuple chez qui il existe une
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