‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 150 sur 243 · QUATRIEME GROUPE · texte numérisé non relu

QUATRIEME GROUPE

INDUSTRIES SE RATTACHANT AUX PROFESSIONS SAVANTES. Classes 12, 13, 14.

Les articles exposés dans la douzième classe, dans cette section de l’industrie appliquée à l'hygiène publique étaient peu nombreux ; dans ce qui a rapport à Papprovisionnement des grandes villes d’eau de bonne qualité,onne voyait exposé queues filtres, qui encore n’offraient rien de bien nouveau. Sur ce chapitre, consignons quelques remarques faites par les Journaux de Paris : il paraît admis que la quantité requise d’eau, par jour pour mettre une ville, sous ce rapport, dans des conditions hygiéniques favorables, est d'à peu près 16 gallons par jour, ou un peu plus que trois pieds eubes, par individu ; à Rome on donne près de 160 gallons par jour, à chaque habitant,—bien entendu que ces quantités comprennent les bains publics, les lavoirs publics et toutes leseaux ménagères. Il aurait fait bon voir, à côté de nos modèles de ponts et de canaux, quelque chose donnant une idée de nos superbes aquedues de Québec et Montréal, car il est évident que sous le rapport de l’approvisionnement d’eau et du système d’égoûts, ces villes seront bientôt placées parmi les villes les mieux pourvues du monde entier,

On voyait à Pexposition plusieurs modèles de soupapes pour les égoûts et fosses d’'aisances, mais il n’y avait vraiment rien de tellement nouveau, ou de tellement remarquable, comme apportant des idées neuves dans le sysiène d'assainissement, pour nécessiter une mention spéciale.

Où notiit comme apportant des changements désirables dans la con:truction des édifices, sous le point de vue hygiénique, l'emploi des briqes creuses dont les concavités, s'adaptant de manière à faire suite, établissent par [à une espèce de ventilation dans la masse des murailles, ventilation qui empêche l'humidité ; et encore l’emploi du stuc comme revêtemont des murailles et plafonds des chambres des hôpitaux, amphithéâtres de dissection, et autres lieux placés sous des circonstances analogues,

Naturellement, il serait impossibie de donner ici une description détaillée des systèmes divers de ventilation et de chauffage des édifices publies et maisons privées.

Où pouvait admirer, dans l'exposition de cette classe, les belles voitures d’ambulance de l’armée française, voitures pour les blessés, fourgons d’ambulance,etcantines d’ambulance : tous ces objetsavaient étéenvoyés à l'exposition par le ministère de la guerre.

Il y avait plusieurs appareils pour bains d’exposés ; mais rien de nouveau dans les systèmes ; si ce n’était un appareil pour la prise des bains d'air comprimé ou raréfié, soit bains locaux, soit bains généraux.

Il ne serait pas d'un grand intérêt général de parler ici des diverses préparations pharmaceutiques exposées, et pour les hommes spéciaux, il serait inutile de n’en dire que quelques mots. Les pays qui se distinguaient dans ce genre, étaient la France, l'Allemagne, l'Autriche et PAngleterre.

Dans la coutellerie chirurgicale, la supériorité des Français est incontestable et incontestée. Les pays qui ont le plus et le mieux contribué, après la France, étaient la Belgique, le Danemark, la Hollande, la Norvège, la Hesse Electorale, le Portugal et les Etats du Pape. Il y avait une nombreuse exposition, venant de différents pays, de membres artificiels, de bras, de jambes, etc., destinés à rendre aux mutilés une partie des services dont ils ont été privés par l'amputation; comme ces appareils font, en quelque sorte, partie de Parsenal chirurgical, leur confeetion suit les progrès et les perfectionnements des fabriques d’instruments de chirurgie. Les trois maisons françaises qui se distingrent de tous les fabricants du monde entier, par la perfection de leur coutellerie chirurgicale, comme invention et comme exécution, sont les maisons Charrière, Mathieu et Luer, de Paris,

Le temps n'est pas bien éloigné où les fabricants anglais de Londres, favorisés par les con litions métallurgiques de leur pays, avaient dans le genre uue supériorité marquée ; la France doit aux chefs de la maison Charrière le sceptre de cette industrie, et cette maison doit à son énergie sa réputation universelle et son immense fortnne. Comme l'histoire des efforts, en définitive si heureux, de cette maison, sont une bonne leçon à prendre, on permettra de citer un passage écrit par M. le docteur Giraldès dans la Patrie : “ Il (M. Charrière) accueillait ‘“ avec empressement les ouvriers étrangers qui venaient à Paris, il “ donnait une grande attention aux critiques fondées qu'on lui adres- “ gait. En contact avec de jeunes médecins à imagination vive et ‘ intelligente, il mettait volontiers ses ateliers à leur service, etexécutait ‘à ses frais les instruments qu’ils imaginaient. Les réserves sont “ remplies de ces projets avortés, elle ressemblent plutôt à un magasin & d’antiquaire, qu'à un dépôt de coutellerie ; il s’y trouve les modèles “ Les plus bizarres ; quelques-uns à peine ébauchés, d’autres complete-

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“ ment achevés, mais délaissés comme impossibles. C'est par cette “ série de procédés, et en escomptant hardiment son avenir, qu’il a ercé “ce maguifique établissement de coutellerie de la rue de PEcole de “ Médecine.”

Celui dont lexposition était la plus belle sans contredit et par “on étendue et par la beauté, la perfection et Putilité des produits, dans ta section des pièces anatomiques et pathologiques, était M. le docteur Auzoux, de Paris; aux pièces anatomiques et pathologiques, M. Auzoux avait ajouté ses belles pièces d'histoire naturelle et d'anatomie comparée, au moyen desquelles on peut étudier la zoologie sans dissection; bien entendu qu’on ne parle pas ici des études des médecins et des savants qui, eux, ne peuvent en aucune façon se passer de dissection.

On admirait encore les belles préparations d’ostéologie de M. Vasseur, aussi de Paris, surtout des têtes désarticulées, mais dont les parties sont placées naturellement et maintenues en position rapprochée. mais non contiguë, au moyen de vis en métal qui en permettent le maniement.

Les pays qui ont surtout envoyé des animaux et oiseaux empaillés, sont la France, la Savoie, le Wurtemberg ct la Prusse; toutes ces préparations étaient très belles de pose, de formes et de conservation. La collection des oiseaux du Canada a beaucoup été admirée.

La treizième classe, qui suit, était consacrée aux objets qui ont trait à la marine et à l’art militaire, ettirait un intérêt nouveau de lPétat actuel de guerre, qui a n‘cessité le déploiement de toutes l?s ressources de l’art moderne ; jamais dans l’histoire on a eu à signaler la mise en œuvre d’un matériel comme celui qu’a nécessité le siége de Sébastopol, et jamais les moyens de transport n’ont effectué de merveilles comparables à celles dont les escadres anglo-françcaises ont étonné le monde. Cette circonstance à bien un peu nui à l'exposition universelle de 1855, et de superbes machines à vapeur pour la marine, construites en vue de l'exposition, ont dû être reprises de cette destination pacifique pour servir aux escadres alliées; aussi à part des modèles, il y avai-t-1l moins de ces machines qu’il y en avait à l'exposition de Londres ; mais en revanche, des tendances nouvelles, des progrès notables se manifestent et donnent l'assurance qu’on est sur la voie de découvertes importantes et d'applications neuves.

Signalons quelques tendances générales de l'industrie qui s'occupe de la confection des machines à vapeur destinées à être installées sur les navires.

L'agrandissement successif des appareils moteurs et l’application de machines d’une grande puissance est le fait le plus général de l'époque :

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mais encore de les mouvoir avec plus de rapidité, et les travaux de ce genre ont presque consacré, comme une vérité, le principe que “a vitesse & voulue nécessite un accroissement de force motrice, dans la propor- & racine carrée de celte vilesse.”?

Une autre tendance, c'est la substitution des appareils à helices à tous autres, pour la navigation océanique, et surtout la navigation mixte à vapeur et à voile. C’est dans le but d'augmenter la puissance motrice des hélices, sans nuire à la force de voilure, quand il y a lieu, que des ingénieurs français ont inventé l’hélice à quatre branches, pouvant par articulation se réduire à deux, et n’occuper que le volume des hélices à deux branches.

Deux systèmes nouveaux sont en regard à lexposition, quant au placement et à l'enménagement des machines dans la coque des navires ; un système français établit sa machine dans les dévoyures de l'arrière du vaisseau pour épargner l’espace ; un système hollandais répartit le poids de la machine sur la longueur totale du navire, afin de prévenir les déformations, que cause l'application d'un poids considérable et agissant constamment sur un point isolé de la charpente.

Enfin, en France, on s'est déclaré en faveur de Papplication directe de la force motrice à l’hélice; en Angleterre, on semble revenir à Papplication transmise par engrenage ; l’adoption de la transmission directe a principalement pour but de ménager l’espace, Pautre, rendant plus doux les frottements et permettant de ralentir la course du piston, fait qu’il y a moins d'usure dans les machines. Remarquons que l'emploi de lacier dans différentes pièces des machines diminue les dangers d’usure et d'accidents qui en résultent,

Parmi les nombreux exposants de cette classe se distinguait, avant tous, le ministère de la marine de France ; son exposition se composait d’une foule de modèles de navires et de leurs apparaux.

Cette exposition faisait adinirer surtout les objets suivants, savoir : le modèle de ia machine du vaissean le Napoléon; cette machine à hélice, de la force de 960 chevaux, est à transmission par engrenage : On dit que ce vaisseau est le plus rapide de tous les navires de son espèce qui flottent surles mers ; le modèle de la machine à hélice, à transmission directe, du vaisseau l’ Algérien, de la force de 900 chevaux ; une hélice en bronze du poids de 25,000 livres, destinée au vaisseau l’Impérial : cette hélice est à quatre aïles fixes, mais elle est néanmoins amovible ; un modèle de la bombarde à vapeur le Vautour, le premier vaisseau à vapeur de guerre sur lequel on ait osé installer et faire jouer des mortiers ; cette bombarde est à Sébastopol. Le modèle des appareils employés pour la mise à l'eau du vaisseau de guerre l’Ulm, sur la Charente, est digne d’un intérêt spécial ; il s’agissait, vu le peu de largeur de la

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rivière, de faire prendre au vaisseau, lancé hors des calles, une direction dans le sens du cours du chenal; pour cela le vaisseau fat muni, de chaque côté d’une forte chaîne raccourcie par le croisement de ses mailles attachées au moyen de cordages destinés à se rompre successivement, mais avec des résistances variables et calculées. Ce procédé a parfaitement réussi, et appliqué à une masse comme celle de P'Um, il témoigne de l’habileté des ingénieurs.

L'Angleterre exposait de sa marine militaire, des modèles de poupes et de proues de navires et des articles de divers genres, Dans l'exposition de la marine de la Hollande, on remarquait des modèles de vaisseaux de guerre de petites dimensions, construits à varangues plates ; ces fonds plats sont destinés à la navigation et à l'attaque ou à Ja défense des côtes, présentant une profondeur d'eau pen considérable ; la guerre maritime de la Baltique faisait qu’on attachait beaucoup d'importance à lPétude de ces constructions.

Venons en maintenant aux expositions de ia marine marchande océanique et fluviatile. [Il est à remarquer que exposition en ce genre, bien que très intéressante ne traduisait pas, par son importance relative, toute la pensée de notre époque relativement à la marine.

Dans l'exposition de ce genre les premières choses qui frappaient, non pas comme invention, mais par ia hardiesse de Pentreprise dont elles donnaientl’idée, étaient les modèles et dessins de différentes portions de ee navire géant qui se construit à Londres ans les ateliers de MM. KScoti et Russel sous la direction et d’après les plans de l'ingénieur M, Brunel, On sait que ce gigantesque bâtiment jaugera 23,000 tonneaux, aura. chiffres ronds, près de 700 pieds de longueur, 80 de largenr ct des machines de la force collective de 2,600 chevaux. L’Angeterre avait encore un trophée de marine qui contenait des modeles des grands navires, l'Himalaya, le Persia et autres, des appareils de plongeurs, de sauvetage, et unefoule d'articles en rapport avec la navigation des mers et des rivières ; dans l'exposition anglaise de la section des constructions navales, le nom qui s’inscrivait et ressortait avec le plus d’éciat était celui de la maison Napier de Glasgow.

L’Angleterre est la première nation du monde pour le nombre des grands atelisrs de construction de machines à vapeur pour navires, Sous le rapport de la perfection des proc®d£s et de la beauté des produits, presque toutes les nations européennes sont au même niveau sens'ble ; quand à la partie expérimentale de Part, la France semble tenirle premier rang. [l ne sera pas sans intérêt de savoir qu’il y a en Europe à peu près 60grands:teliers spéciaux de fabrication pour machines à vapeur destinées à des navires ; sur ce nombre le Royaume-Uni en compte 80 et la France 15, les autres se partagent entre les divers autres états, en raison de leur population, ou plus encore, en raison de leur position maritime.

Un des plus beaux articles de l’exposition de la marine marchande française, était le modèle superbe du vaisseau le Danube, ap rartenant à la compagnie des messageries ; ce modèle nous montrait ce beau grand navire dans tous ses détails de constraction, de voilure et d’emménagement, avecsa machine à hélice en mouvement: C'était un chef-d'œuvre de travailet d'imitation. On notait, parmi les nombreux échantillons fran- Gais, les modèles de construction moitié fer et moitié bois de l'inventeur de ce système, M. Arman qui a reçu la grande médailie d’honneur dans cette section ; dex modèles nombreux de clippers français ; une exposition de vastes lames de fer de près de 3 pieds de large sur une longueur de 15 pieds et une épaisseur d'environ 3 pouces; cex planches laminées étaient destinées à Parinature de ces batteries flotantes imaginées par P’empéreur Napoléon pour l’aitaque des citadelles de Cronstait, cette redoutable griffe de l’Ours du Nord.

Dans les autres expositions, on citait le modède d’un vapeur de rivière employé par les Autrichiens sur le Danube, de la force de 240 chevaux et d’un tirant d’eau excessivement fuible ; le modèle de l'American, vapeur de rivière des Etats-Unis, de la force de 1,000 chevaux ; ane très belle machine à hélice à mouvement direct et renversé, exposée par l'usine Suédoise de Molala, dont ce produit donnait une très haute idés un étambot en fer avec gouvernail d’une nouvelle forme, fourni par la Belgique.

Dans la second: division de cette treizième classe ayant trait à Part militaire et à la fabrication des arines, on s'nt de suite que la France se placait au premier rang ; la Belgique venait immédiatement ensuite pour la confection, eU surtout la confection des armex de chasse. L'Angleterre à pett exposé dans ce genre.

Lesarmesde Parméefrancaisectaientréunies dans la nefdu palris, dans untrophée superbe, dontle dessin est l'œuvre de M, Pingénieur Panguilly- Haridon., Mais avaut de dire quelques mots de détails, qui tiraient un interèt particulier de !a cirecnstance de la guerre qui se poursuivait alors, il n'est pas mal de résumer les progrès qui se sont faits depuis quelques années dans l’industrie qui s'occupe de la confection des armes, et dans l'art qui en enseigne le maniement et FPemploi. Voici done en quelques mots la nomenclature des améliorations apportées : justesse inusitée du tir des mortiers, par lPusage de la connaissance acquise du mouvement de rotation des bombes sur Paxe deleurtrajectoire ; perfection nement et simplification de Pusage des fusées dans les guerres de campagne ; la résistance au tir, dans la confection des pièces d'artillerie, portée an point de soutenir, sans dommages sensibles, 3000 coups, quand autrefois on ne pouvait aller qu'à 200 coups, pour les pièces de siége

de gros calibre ; une méthode nou elle de conservation des poudres :

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Pabri des injures du temps et des explosions; la rapidité de chargement combinée avee la port'e et la justesse de tir dans les carabines. A toutes ces améliorations s'ajoutent les perfectionnements généraux \ Fe apportés dans la confection et la matière employée. On est encore parvenu à généraliser Pemploi des fusils de chasse se chargeant par la culasse, et les réformes qui se font tous les jours dans ce système d’armes, promettent de pouvoir le faire adopter dans quelques corps de Parmée ; déjà quelques brigades en sont munies, tel que le bataillon des cent gardes de l'Empereur. Pour donner une idée de l'attention qu’on apporte à l’économie dans la confection des armes, disons qu'it y a de bons fusils à . FOR nl 2 :

À vendre en gros, en France et en Belgique

pour 19 francs ; et pour mettre en regard le luxe qu’on peut apporter dans l'ornementation, qu’il suflise d’énoncer qu’il se vend des fusils de chasse pour des sommes ailant jusqu’à 10,000 francs.

On reinarquait dans l'exposition de France le mousqueton des centgardes, se chargeant par la culasse, comme on vient de le voir. A ce mousqueton s'adapte un sabre droit, de la longnieur des anciennes rapières, et qui fait de l’arme, ainsi complétée, une lance de plus de 7 pieds de longueur. Venuit ensuite la carabine célèbre, connne sous le nom de Minté, mais dont les perfectionnements sont dus à deux officiers français, MM. Minié et Delvigne On sait que ja forme de la balle, qui a subi et subit encore des modifications, est pour beaucoup dans la justesse dutir de cette arme redoutable. Les pistolets rotateurs ont subi une foule de changements dont la plupart sont des progrès, M. Gastine- Renette, de Paris, expose des canons de fusil dont Ia résistance est inouïe: cette propriété d’être, pour ainsi dire à Pabri de crever, est due à un procédé nouveau de fabrication qni consiste à employer, au lieu de rubans plats, enroulés sur mandrin en spirale, dont les rebords sont contigus d’abord, pour être soudés ensuite, à employer, disonsnous, deux rubans triangulaires s’emboitant Pun dans Pautre pour ensuite être réunis par la soudure ; ces rubans ainsi enroulés sur le mandrin se tronvent à l'égard l’un de l’antre dans les rapports de la vis avec son écrou la recouvrant.

J’oubliais de mentionner le canon de campazne qui porte le nom de système de l'empereur ; ce canon, destiné au tir des obus comme des boulets, exempte de la nécessité d'ajouter des obusiers aux batteries de campagne, et en rendant l’obus égal de calibre avec le boulet, simplifie le service et facilite le pourvuiement.

La Belyique, et surtout la ville de Liége, se distinguait par une vaste exposition d'armesde guerre et de chasse; tous les progrès, à part quelques spécialités, signalés dans la manufacture des armes, en France et surtout

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à Paris, sont connus et mis à contribution au même degré de perfectionnement.

La Prusse avait une belle exposition d’armes, parmi lesquelles on remarquait surtout le canon en acier fondu de M. Krupp.

Dans l'exposition anglaise, un exposant M. Niedham, montrait un fusil se chargeant par la culasse, dans lequel le fulminate est enflammé par une aiguille. C’est une invention prussiene, maisque M. Niedham prétend avoir perfectionné.

On faisait de grands éloges des ornementations d'armes exposées par M. Zuloaga, d'Espagne On citait comme un chef-d'œuvre de confection une carabine ciselée de M. Rinzi, de Milan ; enfin, dans lPexposition sarde, on remarquait un modèle de Padoption proposée d'un grain mobile pour les canons, qui exempterait d’avoir recours aux appareils de l’arsenal ou des ateliers pour la réparation d'une lumière de pièce devenue mauvaise,

La quatorzième classe contenait, sous le titre de constructions civiles, une masse d'objets se rattachant aux habitations privées de l’homme, et aux édifices et constructions publiques, que nécessitent les habitudes sociales de la civilisation.

Voyons à lahâte,—car c’est impossible autrement, —ce que l'exposition en général offrait de plus intéressant pour nous dans cette quatorzième classe, Dans la nombreuse exposition des pierres à bâtir, on distinguait, en première ligne, la collection du Wurtemberg, qui était arrangée en pyramide dans l’ordre géologique du gisement, et qui comprennait des granits, des grès et des calcaires de différentes descriptions et de différents âges: venait ensuite la belle collection des calcaires des environ de {'aën, dans la Normandie, dont le prix d'extraction varie sur les lieux, entre 15 et 30 francs le mètre cube (30 piedscubes). On citait encore les échantillons de calcaires carbonifères et colorés des environs

de Bristol, cctte collection est la même que celle de l’exposition anglaise de 1851.

On s’occupe maintenant, surtout en France, de la question si largement posée déjà depuis longtemps, de la confection de pierres artificieiles, remplaçant le moëllon avec économie de matériel et de main-d'œuvre et une solidité comparative plus grande. M. Coignet, de Saint-Denis, exposait une pierre artificielle composée de cendres de houille et de chaux grasse, où également bien de sable, cailloutis el chaux ou encore de sable, terre cuil2 pilée, cendres et chaux ; cette matière coûte entre 6 à 10 francs le mètre cube; on le coule comme du béton, et de fait on construit en jetant Pédifice en moule, par portions plus ou moins considérables, Une maison des environs de Paris a été ainsi fondue dans toutes ses parties

et ses ornementations ; on a également érigé des murs isolés de 59

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pieds d’élévation, comme expériences. On fait encore des blocs de pierre artificielle où le plâtre entre pour principale matière. M. Bérard exposait des échantillons en petit de ses larges blocs, qu’il confectionne pour le port de Cherbourg, d’une substance artificielle vitrifiée qui parait avoir l’avantage sur les ciments hydrauliques et les bétons ; cette substance est obtenue de la terre plastique, malaxée et soumise à un

excès de cuisson.

La France, l'Angleterre, et le Wurtemberg semblaient marcher en tête

pour l'étude des ciments; l’exposition offrait des preuves matérielles des travaux de MM. de Villeneuve et Vicat, ingénieurs, surtout dans l’étude des sous-carbonates de chaux et des chaux magnésiennes

Il serait aussi long qu'oiseux de donner les noms des nombreux marbres qui sont venus de tous les pays; mais il y en avait d’une telle beauté qu’il ne serait pas juste de les passer sous silence: PAlsérie avait envoyé, entre autres marbres, cette espèce, qu’on appelle vgate ou pierre d’Onyx dont la blancheur vainée et translucide est admirable de tons et de beauté ; encore de ce même pays le beau jaune de Nunidie,— ces deux marbres étaient célèbres chez les anciens ; Florence montrait une collection de ces magnifiques marbres de la ‘Toseane que tout le monde connaît; la Grèce et lIle de Corse, des échantillons superbes de rouge antique, de porphyre vert, de vert antique et autres ; l’Angleterre montrait de beaux grands spécimens de serpentine Cornouailles.

Beaucoup de pays avaient expédié des ardoises, des tuiles, des briques de formes et de qualités variées, Les briques creuses semblent prendre une faveur toute spéciale, due à leur légèreté comparative et à leur économie de fabrication, Où démontre en eflet, que dans la produetion de ce nouvel élément de construction, il y a économie dans la quantité et la manipulation de matière première, dans le séchage et Ja cuisson; l'exposition de là maison frençaise de MM, Borie frères était admirable en ce genre. La terre ruile recoit aussi des applications nouvelles, employée comme enduit dans les endroits où Phumidité détruit les crépis ordinaires,

A la suite du Canata, dans Pexposition des bois, comme matériaux à bâtir, venaient se placer la Jamaïque, la Guyane Anglaise, la Nouvelle Galle du Sud, la terre de Van Dieman et l'Algerie, surtout pour les bois pour parquets et décorations in'érieurcs des édifices. Dans l'exposition de cette dernière colonie, on remarquuait ce bois de Thuya ou Citre si recherché par les anciens Roinains. Ciceron, dit-on, paya une table de bois de Thuya une somme équivalant à £5,000 livres de notre monnaie du Canada, Dans la collection d'Algérie, on a eu le soin de montrer des échantillons pris dans la racine, la tige, les branches et les loupes, afin de montrer la variété des mouchetures de chacune de ces parties.

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La Suède, la Norvège, l'Autriche, la Toscane et plusieurs autres pays exposaient des échantillons de bois de construction et de menuiserie, nous avons eu occasion de parler de ces bois sous un point de vue général à la classe des produits forestiers.

Disons un mot des procédés de deux inventeurs français, un pour la conservation du bois contre la pourriture, et autre pour mettre la pierre tendre à Pabri du salpétrage et de la décrépitude. M. Boucherie produit par la pression l’interpénétration d’une solution de sulfate de cuivre dans les fibres du bois, encore pleines de leur sève. Le coût de Popération et de la matière première de l’infiltration s’élève à environ {5 francs par mètre cube pour bois tendres; ainsi done des pièces de pin de qualité supérieure, coûtant 12 sols le pied cube, coûteraient un chelin après leur préparation, M. Boucherie offre, comme garantie, une expérience de 18 années ; des traverses de bouleau placés sur les chemins de fer, il ya neuf ans, ont été retirées de terre pour être produites à l'exposition, elles étaient dans un état parfait de conservation, tandis que de semblables pièces, placées à côté d’elles dans le même temps, étaient entièrement pourries. M. Kulman, lui, enduit par arrosages successifs sur la surface des pierres tendres, enduit, disons-nous, ces pierres d’une couche de silicale, et cela s'appelle silicatiser ; or cette silicatisation coûte à peu près 1 franc le mètre en superficie, et donne à la pierre la plus tendre la durée de. la pierre la plus dure,

On permettra de reproduire ici le compliment flatteur donné au Canada par M. Tresca, voici: Le Cunada nous entraîne dans des prévisions que ‘nous ne pouvons croire hasardées. Plus active, plus intelligente, plus “ audarieuse que des pruples lointains aussi bien pourvu d’élements de ‘ production, cetle nation attire particulièrement sur elle l'attention.”

Dans la section des métaux, comme matériaux de constructions civiles, on remarquait, entre mille objets, des piliers en fonte de fer et en fer pour phares, quais et ponts ; les fers en ‘'T' pour la construction des planchers, venant de plusieurs usines de France, où l'emploi de cet élément de construction est très répandu ; les tôles ondulées de usine française de Montataire, qui s’'emploient à couvrir les édifices, sans faire usage de chevrons ni de ferrures ; les tuyaux d’aqueduc de 10 pieds de longueur st: un diamètre de 3 pieds, fondus à l’usine de Fourchambault, en France, pour la ville de Madrid.

N'oublions pas de dire que MM. Neveu et Cie., de Paris, exposaient de grands modèles de tréteaux, d’échaffaudages et de combles, et autres objets divers se rattachant aux constructions ; parce que M. Neveu est un maître dans son art, et un de ceux qui soutiennent et défendent l'application du bois, dans les constructions, contre les empiétations du fer.

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Il est impossible de donner ici une étude même rapide des nombreux modèles de travaux publics tant français qu’étrangers qui étaient exposés. C’étaient, pour la France, des barrages de rivières soit temporaires, soit permanents, des tunnels, des aqueducs, viadues et ponts, modèles de phares ; un modèle du pont qui se construit en ce moment sur la Seine, en face de l'hôtel de ville, pont en fer d’une seule arche, qui offre dans son plan une hardiesse jnouïe jusqu’à ce jour dans la disposition, si faible en apparence, de la clef de Parche. Un ingénieur, M. Martin, qui est en même temps artiste, choqué de la différence entre les ponts en pierre et les ponts en fer, comme œuvres d’art, et de la mesquine apparence des ponts en fer comparés aux autres, atâché, dans la construction de son pont de Tarascon, de donner aux ponts en métal, avec la durée des ponts en pierre, leur belle apparence monumentale. Honneur à M. Martin, de cultiver avec le culte de lntile, le culte nor moins nécessaire du beau !

Dans Pexposition anglaise on avait le modèle du pont tubulaire du détroit de Menai, qui pâlit un peu en ce moment devant Pentreprise du Pont Victoria ; des modèles des ports de Griinsby, à l'embouchure de lP'Humber, et d’un autre port, à embouchure de la Wear.

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