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MANUFACTURES DES PRODUITS MINÉRAUX

Classes 15, 16, 17, 18.

Passons en revue la quinzième classe, qui a trait aux aciers bruts et ouvrés. [l'est un genre d’acier qui maintenant se confectionne en grand, et dont l’usage se généralise avec une grande rapidité dans la confection des outils communs, des pièces de machines à vapeur et des voitures ordinaires mêmes. Cet acier se nomme acier puddlé. Il west pas plus coûteux que le fer malléable, attendu qu'il n'est le produit que de l'arrét, à temps donné, du procédé destiné à décarboniser la fonte pour en faire du fer malléable ; l'acier puddlé est donc tout simplement de la fonte moins chargé de carbone que la fonte des hauts-fournaux, ou du fer plus chargé de carbone que le fer malléable. Or, cette découverte si simple, due à un prussien, M. Stengel, et perfectionnée en Belgique et en France, est aujourd’hui “ le fait capital de l'exposition métallurg'ique ” suivant l’expression d’un connaisseur. Pas un pays n’est mieux situé que le Canada pour la production de cet acier qui doit remplacer le fer avec toutes sortes d'avantages dans un grand nombre de cas.

Le Yorkshire plaçait l'Angleterre au premier rang des nations qui produisent les aciers du commerce sous le rapport de la quantité. Ces aciers anglais sont confectionnés avec les fers de Suède; à la suite de l'Angleterre viennent comme importance, l'Autriche, dont les provinces de Styrie et de Carinthie surtout fabriquent bien et beaucoup; puis la France, repr'sentée principaleinent par les aciéries de la Loire, et la Prusse et la Suède, etc., etc.

On emploie maintenant Pacier fondu à mille usages auxquels on ne songeait pas il y a à peine quelques années. On voyait à l’exposition des cloches, des chaudières, des canons, des lames pour la gravure suracier, des ressorts, des pièces de mécanismes, des rails de chemin de fer (chemins d’acier alors) en acier fo1du, qui donnent Pavantage d’une résistance plus grande à poids égal, et on ajoutera probablement, à prix plus réduit avant qu’il soit longtemps.

Dans la fabrication des outils communs et d’un usage ordinaire, et autres objets de ce genre, trois pays seulement semblent fournir à une grande exportation, ce sont dans l’ordre de l’importance de la production

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Le problème à résoudre dans la production des outils, comme des autres objets de consommation ordinaire, c’est de réunir l’excellence du produit au bon marché du prix de revient; sous ce double rapport on citait, à mérite égal, la France, l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse et Le Canada. T’Autriche a pris pour la fabrication des faulx, une prééminence qu’elle a toujours conservée: on confectionne en Autriche environ 6,000,000 faulx par année et environ 1,250,000 faucilles et hachoirs. Pour donner une idée, d’un côté, de la beauté du goût et du luxe de certains produits, et de l’autre, du bon marché de certains autres, disons qu’il y a des ciseaux de 200 francs la paire et des ciseaux de 2 sols la paire, des rasoirs à 1 franc la douzaine qui ne rasent guère, et des rasoirs à 1 franc pièce qui rasent bien.

Inutile d’entrer dans de plus grands détails sur les produits de ectte classe. Nous ne pouvons que sisnaler les succès de nremier ordre obtenus, et les tendances nouvelles de production où d’i ge, afin de ne pas laisser perdre pour nos compatriotes Îes fruits d’une exposition qu’ils n’ont pu visiter, mais à laquelle ils ont noblement contribué.

La seizième classe à laquelle nous sommes arrivés, a trait à la fabricalion des ouvrages en métaux d'un travail ordinaire. Il serait assez oiseux de mentionner tous les articles qui font le sujet de l'exposition considérable de cette classe, dans laquelle une foule d’exposants ont envoyé leurs produits, mais dans laquelle on ne remarquait pas de progrès comparables à ceux qu'on signale dans les autres classes qui ont trait à la fabrication des métaux ; pour la raison toute simple, probablement, que les articles de cette classe, étant de ceux qui servent pour la plupart aux usages ordinaires, l'industrie qui s'occupe de leur confection a plus vite atteint une certaine perfection, qu’on ne peut dépasser que par le long procédé du temps.

Nous avons eu occasion de signaler l’intelligente fabrication des fontes en Europe, et de noter la belle exposition en ce genre de la compagnie an glaise de Coalbrookdale, dont les produits étaient voisins de notre section. On citait entre autres fabricants encore, M. Ducel et l’usine de Val d’Osne, en France, MM. Réquilé et Pecqueur et Buckens, de Belgique ; mais il serait trop long d’énumérer , pour n'avoir pas à les accompagner de remarques pratiques, les diverses industries quicomposaient les sections de cette classe qui se rattache en outre avec les classes qui précèdent et suivent.

Dans l’ensemble des produits en cuivre, on remarquait les superbes grandes toiles et tainis métalliques envoyés par les Etats Allemands, et les piaques de cuivre laminé, par les usines de la Prusse et de la France. N'oublions pas de mentionner l?s collections d’ustensiles et autres objets en zinc, de la société de la Vieille-Montagne. On citait encore, pour les métaux précieux appliqués aux usages ordinaires, comme aux ustensiles mis en usage par la chimie, parexemple, les produits de MM. Desmontis, Chapuis et Cie., de France, et ceux de MM. Benhams et Froud, d'Angleterre.

Les plus grands succès obtenus dans la fabrication des métaux d’un usage ordinaire Pont été par MM. Delloye-Mathieu de Belgique, la sociéié de Bochum de Prusse et MM. Dietrich, Barbezat, Mouchel Roswag et la société de Romilly, de France.

La classe suivante, dix-septième, a trait uniquement à des articles de luxe, et comprend l’orfévrerie, la bijouterie et Pindustrie des bronzes.

Nous ne dirons rien de la bijouterie et de Porfèvrerie proprement dites, aitendu que ce qu’on pourrait en dire ne serait qu’une nomenclature qui, après tout, donnerait une bien faible idée des richesses exposées; au reste, cette nomenclature se trouver dans la série qui précède; mais disons un mot de la dernière se on de cette classe qui a trait aux bronzes d’art.

Cette industrie qui tient à Part d’une manière indissoluble, est surtout une industrie parisienne. Depuis peu d’années, la découverte de la galvanoplastie, celle des procédés de réduetion mécanique des chefs-d’œuvre de la statuaire, et l’emploi du zinc ou de compositions économiques, ont donné à cette industrie une grande extension en permettant de vendre, à des prix à la portée des fortunes médiocres, de belles reproductions des grandes œuvres. Quand on songe par exemple, qu’au moyen dé la galvanoplastie, on peut se procurer une reproduction d’un bas-relief dans un cadre réduit, mais avec toutes les proportions relatives, et cela pour quelques francs.

Les procédés de réduction mécanique dont on vient de faire mention, sont dus à deux fabricants artistes dont on doit mentionner les noms, MM. Collas et Sauvage, dont les procédés diffèrent sans cesser d’être parfaits. La vente à bas prix de véritables œuvres d’art, doit, on le

conçoit facilement, avoir une influence immense sur le goût des peuples.

MM. Susse, Barbédienne et autres, par exemple, sont prêts à fournir, à des conditions qui atteignent toutes les aisances communes, des Vénus de Milo, des Appollon du Belvédère, enfin toutes les œuvres de la statuaire antique et moderne en plâtre, et des réductions en métal à des prix encore atteignables.

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A ce genre se rattachent encore ces belles reproductions des plantes, avec couleurs naturelles en mé':'}; les fontaines des édifices de Pexposition étaient ornées de ces plante aux feuilles indestructibles etauxfleurs qui ne se fanent point, La Pru:se semble conserver encore le privilége exclusif, le monopole, de ces belles fontes veloutées, dont on fait des dentelles qui défient la critique, et des ornements qui n’ont jamais pu être imités ailleurs.

L'exposition universelle de 1855 était très riche d'objets de la classe dix-huitième, comprenant les industries de la verrerie et de la céramique ; tant sous le rapport de la qualité que de la quantité.

Dans la confection du verre à bouteilles, les peuples vignicoles étaient nature‘: ment les premiers, puisque ces! du besoin que naît l'industrie ; ainsi is : us belles expositions de bouteilles et de verres du genre venant de j'rance, d'Autriche et des bords du Rhin; P Autriche avait dans l'annexe un trophée de bouteilles pleines de vins, montrant à la fois les vins et les vases dans lesquels on les dépose pour lexportation.

De nombreux produits, dans le genre des verres à vitres et a glaces, ét ntexposés par tous les pays européens; on remarquaitsurtout, comme perfection et diflicultés vaincues, les deux grandes glaces de France et la grande glace de Belgique, aussi une collection de bocaux en verre qui, au nombre de cent quatre, se recouvrent les uns les autres.

Dans les cristaux, se distinguaient, entre toutes, les expositions de la France, de l'Autriche dans ces tant célèbres critaux de Bohème, et du Royaume de Bavière. Quant à la lustrerie en cristal, la France et l'Angleterre ont seules le monopole, et cette industrie de luxe était magnifiquement représentée, surtout par les deux candelàäbres et le grand lustr: de la cristallerie francaise de Baccarat, et par le cendeläbre de MM. Osler et Cie., d'Angleterre.

Noionsuneexpérience faite en France avec pleinsuceès dans Pindustrie de la cristallerie, et qui consiste à substituer l'acide bo:ique ou la silice ct le zine au plomb, ce qui constitue un produit plus dur et moins fusible, etrend ce verre infiniment préférable aux autres pour la confection des verres d'optique, mais plus réfractaire à la gravure et à la dorure au feu.

La fabrication des cristaux de Bohème, en Autriche, présente un fait, qui au reste se voit ailleurs pour d’autres jadusiries, qui doit être noté et mis sans cesse devant les yeux des éconornistes et des chefs d'industrie: Nous voulons parler du travail à la maison en famille. Ces magnifiques cristaux de Bohême, si bien taillés et si bien polis, sont ainsi polis et taillés par lex paysans et leurs famiiles, à la chaumière, pendant les saisons qui leur interdisent le travail des champs. Il y a dans ce fait, que nous mavons pas le temps de commenter, toute une solution d'un pro-

blème social économique, qui consiste à maintenir un équilibre salutaire entre le chiffre de la population et le nombre des agriculteurs, et à empêcher lagglomération des populations, origine et causes de la misère et de la démoralisation.

L'art du potier a pris un essort vraiment merveilleux, et on fabrique maintenant des portiques en terre, comme on fabriquait autrefois le simple pot au lait. Le potier devient un artiste, des statues, des groupes sortent de ses mains, car c’est la forme qui fait tout qu'importe, la matière, dans les arts!

Il serait bien trop long de dire tout ce qu’on exposait en fait de poteries, communes ou monumentales, de faiences et de porcelaines, industries dans lesquels les nations se disputaient à envie la palme, en mettant toutefois à part les porcelaines de Sèvres, que personne n’égale, bien que beaucoup les imitent ; mais disons un mot de ces machines à malaxer la terre, pour briques et tuyaux, et de ces machines à moulage mécanique, qui nous délivrent des briques et des tuyaux en terre, tous faits avec une économie de temps et de dépenses surprenantes, plusieurs de ces machines fonctionnaient dans l’annexe, surtout dans les départements de la France et de l'Angleterre. La partie la plus importante peutêtre, de cette fabrication mécanique, est dans le fait de permettre, à des prix raisonnables, de se procurer ces tuyaux de drainage profond qui sont appelés, par la généralisation de leur emploi, à changer totalement les conditions agricoles du monde entier. Comme nous n’avons pas l'espace de dire un mot de ces applications, qui se généralisent et qui font que l’art du potier prête à l’agriculture un si grand concours, citons les noms des deux hommes qui ont le plus fait dans ce sens, et dont les publications devraient être lues par tous les agriculteurs instruits et surtout possédant des capitaux; on a déjà deviné que l’on veut parler de M. le marquis de Bryas, célèbre agronome de France et de M. l'ingénieur anglais Parkes.

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