‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 226 sur 243 · DES EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

DES EAUX MINÉRALES

Les sources minérales du Canada sortent toutes des roches palæozoïques non métamorphisées, et offrent, par leur nombre et la variété de leur composition, un sujet d’études très-intéressantes. Les rapports annuels publiés par la commission géologique donnent les analyses par M. T. Sterry-Hunt, des eaux de cinquante-neuf sources, dont cinquante-quatre sont plus ou moins salines, et peuvent être divisées en deux classes: cellè des eaux neutres, qui contiennent, outre les sels de soude, des chlorures calciques et magnésiques, et celle des eaux alcalines qui contiennent du carbonate de soude. Les eaux de ces deux classes offrent presque toujours des bromures et des iodures en petites quantités, ainsi que des bicarbonates calciques et magnésiques qui sont souvent très-abondants. Dans Îles sources qui ne contiennen pas de sulfates, on rencontre toujours des sels de baryte et de strontiane, et a. ns toutes, des petites portions des oxydes de fer et de manganèse.

Dans quelques-unes des salines neutres, les quantités de chlorures calciques et magnésiques sont si considérables que les eaux sont fort amères; mais d’autres, qui en contiennent moins, sont très agréables au goût et beaucoup fréquentées par des invalides. Dans le rapport de la cominission géologique pour 1853, on a fourni une liste de vingt sources de cette classe, donnant depuis quatre à trente-six grammes de matières solides par litre. Parmi ces sources, les mieux connues sont celles de Saint-Léon, Caxton, Plantagenet, Lanoraie et Point-du-Jour; mais d’autres également bonnes se trouvent à Nicolet, Sainte-Geneviève et ailleurs. Les quantités de bromures et d’iodures, et des sels de baryte et de ‘rontiane que contiennent plusieurs de ces sources, leur donnent des propriétés médicinales qui les rendent trés-précieuses.

Dans le rapport déjà cité, se trouve une liste de dix-huit sources alcalines, dont douze fournissent de deux à douze grammes de matières solides par litre; parmi ces douze, il y en a neuf qui contiennent des carbonates de baryte et de strontiane, ces deux bases étant presque toujours associées. Dans les plus salines de ces eaux, la proportion de carbonate de soude est relativement petite, égalant de un à douze centièmes du poids total des sels à base de soude, tandis que dans les eaux plus faibles, elle monte jusqu’à cinquante et même quatre-vingts centièmes, La plupart de ces

eaux contiennent de petites quantités variables de borate de soude, qui est comprise acve le carbonate de la même base, dans les chiffres que nous venons de donner.

Les mieux connues de ces sources sont celles de Varennes et de Calédonia, qui sont faiblement alcalines et très-agréables au goût. Une source à Chambly donne deux millièmes de matières solides, dont la moitié est du carbonate de soude, et une autre à Nicolet contiert, dans un litre, 14, 135 de carbonate alcalin, et seulement 0 #r, 423 de chlorures. La proportion de potasse dans ces sels mixtes ne s'élève que rarement au-dessus de deux ou trois centièmes; mais les alcalis d’une source de Saint-Ours, dosés à l’état de chlorure, donnent vingt-cinq centièmes de chlorure potassique. Les eaux de cette source contiennent 08", 53 de matières solides par litre, principalement des carbonates alcalir:. Toutes les eaux de cette classe tiennent en solution de la silice, souvent en assez grande quantité, et déposent par ébullition des silicates de c’aux et de magnésie, mêlés avec des carbonates de ces bases. La silice, sous une forme soluble, se trouve toujours même dans les eaux salines neutres.

A quelques exceptions près, les sources de ces deux classes sortent des couches appartenant à l'étage silurien inférieur ; les eaux des calcaires qui en forment la base sont généralement neutres, tandis que les sources qui traversent les schistes qui recouvrent ces calcaires, sont souvent alcalines.

Parmi les sources du terrain silurien supérieur, il y a quelques salines neutres, et celles des eaux acides dont nous avons déjà parlé à l’égard des gypses du Haut-Canada. Les analyses de quatre de ces sources ont donné de 2 grammes à 4, 2 d’acide sulfurique libre, et de 0#', 60 à 1er, 87 de sulfates de fer, alumine, chaux, magnésie, et d’acalis, par litre. De ces caux acides, celle de Tuscarora est la plus connue, et a une grande renommée parmi les habitants du lieu dans le traitement de plusieurs maladies: toutes ces sources contiennent un peu d'hydrogène sulfuré,. Plusieurs des sources du terrain silurien sont légèrement sulfureuses ; mais la source de Charlotteville, qui se trouve sur lPaffleurement des roches devoniennes, contient 2%, 50 de chlorures et sulfates, et 110 cent. cubes d'hydrogène sulfuré par litre.

Les sources acides dont on vient de parler, ainsi qu'un grand nombre de salines, déchargent du gaz hydrogène carburé, et souvent en quantités considérables. Aucune des sources du Canada, jusqu'à présent observée, ne paraît mériter le titre de thermale,

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