‹ Le Canada et la Doctrine de MonroeChapitre 17 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La période que nous allons étudier maintenant prépare directement notre dernier chapitre, qui présentera l’état actuel des rapports entre le Canada et la doctrine de Monroe, et notre conclusion. Les incidents qui vont maintenant nous occuper, nous fourniront, en effet, des indications précieuses sur la politique que le Canada, suit actuellement, tant à l’intérieur de l'Empire, qu’à l’égard des États-Unis.

La guerre, nous allons le voir, a régularisé la politique du Canada. Elle a donné au pays une grande confiance en soi et une grande confiance dans la Grande Bretagne, ainsi que dans la solidité de l’Empire. Elle a montré à l'Amérique que le Canada était une nation unie, capable d’avoir une politique étrangère active et de se faire écouter dans les discussions internationales, et en même temps, l'intervention canadienne a montré à l'Amérique que le Canada préférait suivre la politique impériale, que de se cantonner dans les principes continentalistes de la doctrine de Monroe. Nous verrons, en conséquence, l'Amérique reléguer au second plan sa politique annexioniste, tout en s’efforçant de faire accepter par le Canada le principe de la note Olney, la doctrine de sa primauté sur le continent américain.

Le Canada se lancera définitivement dans la politique qui nous parait être pour lui la politique de l’avenir. Il va essayer de s’entremettre, partout et toujours, entre les États- Unis et l’Angleterre, voire entre les États-Unis et l’Europe,

rôle difficile, rôle d’arbitre et d’interprète, disent les auteurs optimistes, rôle avertisseur et de « tampon », croyons-nous pouvoir dire plus justement. <

Nous allons d’abord étudier une période — celle de la guerre — qui est marquée au Canada par un profond ressentiment contre l’Amérique, ressentiment dû à l’incompréhension habituelle des États-Unis devant lé problème canadien. « Les Américains, dit M. Keenleyside, peuvent offenser le Canada sans s’en apercevoir, car les Canadiens qui ne peuvent échapper à l’ombre de l'Amérique, en surveillent avec soin toutes les réactions », même les plus insignifiantes et les plus enfantines.

Au cours de la guerre, les relations avec l’Empire se préciseront dans le cadre connu de la coopération et de la consultation.

Après la guerre tout changera et nous verrons le Canada mener, de main de maître, une politique qui le mettra à même de tirer tout l’avantage possible de son voisinage avec les États-Unis, en précisant et resserrant encore ses liens avec la Grande Bretagne.

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