‹ Le Canada-français et la providence [microforme]Chapitre 10 sur 11 · NOTRE MISSION COMME PEUPILHYE · texte numérisé non relu

NOTRE MISSION COMME PEUPILHYE

‘Le dessein général de la Providence, c'est de sauver l’homme. ; à Cet être, créé à l'image de Dieu, et qui a reçu une intelligence pour comprendre, une volonté pour sé déterminer, doit soumettre cette intelligence et cetts volonté à Dieu. C’est là son devoir, mais ce devoir lui laisse toute faculté de choisir; l’homme peut choisir le mal, uais alors, il abuse de sa liberté, d’un don divin qui lui a

été donné pour opérer son salut. La liberté .

appliquée au choix du mal n'est plus la liberté ; c'est: la licence, c’est la dépravation, c’est l'égarement, c’est erreur. " :: fat® té 101r660

‘Un devoir correspond toujours à un droit.

Ainsi, débiteur, j'ai un devoir à accomplir envers

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mon créancier, j' ai le devoir de le payer ; en retour, créancier, j ai un droit sur mon débiteur, j'ai le droit d'être payé. De même, l'homme a non seulement:le devoir dé se sauver; ce devoir devieut un droit pour lui: Il'exerce ce droit à l'égard de la société civile, qui doit non-seulement permettre à l'individu d'accomplir le devoir du salut, mais encore l'aider à l’accoïaplir, le défendre contre toute oppression immorale et anti-religieuse. : Car, enfin, si l'essentiel devoir de l'homme est de se sauver, s'il ne peut pas marcher dansrune voie opposée aux lois divines sans éncourir la damnation éternelle, s’il ne lui est pas permis de pratiquer l’erreur:sans perdre son ‘âme, cet:essentiel devoir: est assurément le droit essentiel de Fhomme.

En tous: les temps, en tous les lieux, cela a été méconnu par un certain nombre d'hommes.

On a vu;:ét l'on voit encore l'individu oublier son origine et sa fin, etse jeter à:pas perdus dans les sentiers du vice et de l'erreur, On a. vu, et l'onvoit encore les sociétés civiles agir comme si elles n'avaient à s’ocenper uhiquement que des:intérêts matériels et passagers de l'individu au détriment des intérêts infiniment plus élevés de l'âme iimmortelle. ;« ::

“Et:cependänt, la. misériconté Mivine est toujours venüeraw secours de Phumanité, par:ses lécons, par ses avertissements. : Elle a eu pitié de la faiblesse dé notre nature; des égarements de notreentendément. Elle à mis dans le monde uhé: voix sinstructive à laquelle trop. d'oreilles ail toujours restées insensibles.

Et voyez d’abord la multitude des destodidénte

du premier homme, entièrement corrompue.

Une famille seule est demeurée fidèle au culte de Dieu. Noé, le chef de cette famille, est choisi d'en haut pour appeler ses frères au devoir: 1] les avertit qu'une humbleet sincère pénitence fléchira la colère du Seigneur-Souveraih, maïs ue la résistance à l'invitation divine amènera le déluge sur le monde. : Car: Dieu veut purifier la terre ; la pénitence: est la meilleuré purification, elle désarme le courroux du Fout-Puissant dont elle rapproche: Fhomnie en retirant ‘6e dernier des profondeurs dw crime::: Il:y a une aütre purification, c’est celle de larcolkère divine, purification terrible! Et Noé bâtit l'arche, : Il emploie à cette construction cent ans. Cerit ans d’avertissements, de menacés! Maisiles-hommes résistent aveuglément:à l'instruction divine, et le déluge vient les engloutir qui épargne seule. famille de Noé; la seule à Vabri : d l'arche de salut:

Plus tard, la voix inspirée des Prophètes: n het relever le courage abattu des Juifs en prédisant l'avénement du Sauveur du monde; et ‘faïtentendre dé temps à autre au mode les loçons” et les menaces divines::

Enfin, le Sauveur naît déc Peer et: fénde

l'Église. L'Église n’est pas a religion du seul peuple juif, ‘elle est aussi la religion des gentils. Elle invite à elle toutes-les langues;'toutes les | er tous lespeuples; toutes lés rations: ‘C’ebt

l'Église! universelle,/ c'est-à-dire: Carmoriqui. Elle reçoit en dépôt les vérités:qüeïle Christ lui confie, mais non: ‘pes: pour les garder; il! faut qu’elle les prêche, qu’elle les” ‘proclame; ere

elle

les enseigne, qu'elle les explique, qu'elle les fasse entendre et recevoir par tout le monde. Douze. hommes, choisis par le Sauveur, sont investis de cette mission, de cet apostolat ; ils sont le commencement de l'Église enseignante, c'està-dire APOSTOLIQUE. L'un d’eux est la pierre élue, le fondement, la base de l'Église. C’est Simon, le chef visible des Apôtres et de l'Église, surnommé Pierre. Il établit son siège à Rome, et de là l’Église ROMAINE. :

t depuis dix-huit siècles, cette sainte Église, catholique, apostolique et romaine accomplit la mission que le Christ lui a léguée : celle d’enseigner les vérités du salut aux individus et aux peuples. | | és

L'histoire prouve donc que le dessein général de la Providence est de sauver | homme,

Or, nous somines une race CATHOLIQUE, possédant en conséquence la seule vraie foi, celle que Jésus-Christ est venu apporter luimême au monde pour le guider sûrement dans les yoïies qui conduisent à, la vie éternelle, Notre devoir est donc de la garder ‘pure. et intacte, nous soumettant en toute obéissance à la voix du Pontife Infaillible qui règne à Rome, à la direction &e nos évêques et de notre clergé qu sont chargés de nous instruire de. nos

evoirs, et de gouverner, nos âmes. (C'est. là notre devoir, c’est là notre mission : de demeurer catholiques, fidèles aux vues, aux desseins de la Providence. qui veut que nous donnions, en Amérique cet exemple, rare aujourd’hui dans le monde, d’une race, d’une nation sur laquelle le Christ règne socialement. se

Ni nous sommes aujourd'hui canadiens-franais, si nous formons une naticnalité distincte, si nous représentons en Amérique des idées et des institutions qui sont les nôtres et nous donnent un caractère exclusif comme peuple, un cachét particulier à notre race, nous le devons avant tout at CATHOLICISME. Après la conquête anglaise, notre clergé seul nous resta pour nous défendre contre les menées, les ruses, les tentaiives oppressives de la tyrannie. Longtemps, il fut le seul chef politique auquel nous pûmes confier la conservation même de nos intérêts ci. ils. C'ést lui, c’est le clergé senl qui formu à la défense des saints priviléges de “otre nationalité ces hommes énergiques qui surent tenir si ferme le drapeau de nos aspirations. Le clergé fut la seule vraie sauvegarde de la langue française ; car, tandis que nos conquérants cherchaient par tous les moyens à nous imposer leur langue, la proclamant la langue officieile dans les cours dé justice et dans les assemblées législatives, nos prêtres nous instruisoient des vérités de l'Evangile daus la langue de la France, notre mère. D’un . tatre côté, l’enseignement de 1a langue française “était, après celni de la Peligion, l’enseignement fondamental dans les séminaires et les colléges.

Le‘but constant dé l’Église Catholiqäé est de conduire !’homme dans des voïes dignes de son origine et de sa fin. 1/homme a été créé par Dieu pour Dieu. Aussi l’Église Catholique subordonne-1- Elle aux devoirs qui découlent de cette origine et qu'iraposé cette fin, tous Îles

intérêts temporcels et passagers de la terre. Ces derniers n’exisient même qu'en vue de l’Ix- TÉRET UNIQUE, l'intérêt de l’âme immortelle.

C’est ce qui explique pourquoi nous sommes demeurés français et catholiques. L'Eglise, représentée par notre clergé, nous a considérés comme des hommes possédant la Véfité qui mène dans la vraie Voie, et qui donne la véritable Vie. La possession de la Vérité implique essentiellement le devoir de la garder. C’est pourquoi le clersé canadien-f. ançais s’est appliqué constamment à nous conserver catholiques. La tyrannie anglaise d'autre part, tendait à nous faire perdre notre foi. Pour arriver à son but, elle cherchait à nous amener dans une communauté d’idées avec elle. Les idées se communiquent et se mêlent plus facilement entre les hommes qui. parlent la même langue. De là, tentativs de nos gouvernants pour tuer la langue française. Le clergé canadien-français a déjoué cette tentative par son énergique et vigoureuse résistance. Nous devons donc surtout à l’ Eglise Catholique le maintien de notre race comme nationalité distincte, comme peuple à part sux ce sol d'Amérique.

Résumons-nous.--Le dessein général de la Providence est de sauver l’homm”. A cette fin, Elle a toujours fait entendre au monde une voix pour le rappeler à ses devoirs. Cette voix est aujourd'hui, et sera jusqu'à la fin des s:cles, l'Eglise Catholique. Nous devons donc dememier CATHOLIQUES, afin de correspondre à ce dessein de la Providence sur nous. pra

Mais la vérité que nous possédons eît la vérité

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CATHOLIQUE, c’est-à-dire la vérité universelle, la vérité à laquelle ont droit toutes les langues, toutes les races, tous les peuples, toutes les nations. Nous avons donc le devoir de la conserver, non seulement pour nous, mais aussi pour les autres races qui habitent le nouveau continent, et qui sont plongées dans lés ténèbres de l'erreur. mnt

Nous sommes en meilleure posit;on qu'aucune antre race pour répandre la vérité religieuse. Nous formons un peuple dont les membres sont réunis.eh corps Sur un même territoire, s’honorent et se glorifient d'un même passé, parlent la même langue, tendent à un avenir commun. La Province de Québec est véritablement une nouveile France, petite-fille de, l'Eglise, gouvernée en vertu des loïs de sa mère, ayant ses institutions propres, et parlant une langue particulière qui lui donne un cachet national distinct. Au contraire, les autres races sont dispersées, disséminées çà et là. On n’en voit pas une qui forme un groupe national gouverné en vertu de ses lois. Les Etats-Unis portent dans leur sein tons les germes de la désunion : ï y a là a mg allemands, norvégiens, irlandais, chinois, français, etc., mêlés ensemble, vivant sur un sol qui ne leur rappelle rien de leur histoire. L'intérêt matériel séul les réunit, mais l'intérêt matériel seul ne forme qu’une union passagère que détruit nécessairement l’antagonisme des races, des langues, des religions, des passés, des aspirations particulières. re

I n’y a pas à en douter : au point de vue

même de la Foi, nous sommes appelés à pro-

pager en Amérique la vérité religieuse, la seule véritablement civilisatrice. D'ailleurs, la propagation de la foi a toujours été notre œuvre. Les missionnaires français, venus avec les fondateurs de notre colonie, ont fait entendre les enseignements de l'Evangile, non seulement sur les bords du St. Laurent, mais aussi sur les bords du Mississipi. Actuellèment nos séminaires fournissent des apôtres aux missions étrangères, à la Rivière-Rouge et aux Etats-Unis.

La Providence, par la protection toute spéciale qu'elle nous a accordée, a donc voulu nous conserver pour être en Amérique l'instrument de son dessein général sur les hommes, dessein qui est de les sauver en lénr enseignant les voies de la Vérité.

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