LE PIONNIER PHILEMON WRIGHT
Le commerce du bois carré date des premières années du dernier siècle. En voici l’histoire ; nous nous citons1 2 :
« Un riche Anglais établi depuis plusieurs années dans le Massachusetts, Philémon Wright, conçut le projet de fonder une colonie dans la vallée de l'Ottawa. Une route conduisait alors de Montréal au Long-Sault. Là commençait la forêt vierge, sans autre chemin que la rivière et sans autre moyen de transport que les canots.
Après plusieurs explorations qui lui firent connaître le pays, Philémon fixa son choix, et obtint du gouvernement, le 28 mars 1801, une patente d’octroi de terres comprenant le quart d’un canton à prendre à la tête de la navigation, c’est-à-dire au pied des Chaudières décrites jadis par Charnplain, à 80 milles de tout lieu habité.
Notre aventurier mesura donc une longue bande de terrain sur les bords de l’Ottawa, depuis le lac Aylmer jusqu’à la bouche de la Gatineau, et lui donna, en souvenir de sa lointaine patrie, le nom de Hull qu’elle porte encore aujourd’hui.
Doué d’une indomptable énergie, il se mit incontinent à l’œuvre avec les trente ouvriers qui l’avaient accompagné. Les défrichements commencèrent malgré l’opposition de quelques Indiens des environs. Philémon Wright eut facilement raison, peut-être grâce au whiskey, des objections. Il en fut quitte, dit la légende, en se laissant proclamer roi : « Toutes les squaws l’embrassèrent, et on enterra solennellement la hache de guerre. Pendant une semaine on fit festin, et les Sauvages, épuisant tous les raffinements de leur art culinaire, forcèrent leurs hôtes à manger avec eux
1. Histoire de la Province Ecclésiastique d’Ottawa et de la Colonisation
dans la Vallée de l’Ottawa. Par le R. P. Alexis, cap.