CHAPITRE IV
La province ecclésiastique d'Ottawa.
Les origines.
La colonisation des territoires d’Ontario et de Québec compris dans notre diocèse remonte dans ses origines aux premières années du siècle dernier. Lors de la division des deux provinces du Bas et du Haut Canada (1791) les lignes de démarcation furent tirées au petit bonheur, comme on dit, ce qui occasionna des difficultés entre MM. Lemoyne de Longueuil, seigneur de Soulanges, et Chartier de Lotbinière, seigneur de Vaudreuil, d’une part, et les émigrants établis dans les comtés actuels de Prescott et de Glengarry d’autre part. Citons, pour mémoire, la cession faite, le 24 mai 1797, par le chevalier de Longueuil, pour la somme de mille guinées, de la seigneurie de l’Orignal à Nath. Hazard Treadwell, et le règlement signé, l’année suivante, par MM. de Lotbinière, et William Fortune, fondateur de la Pointe-Fortune, pour la délimitation de leurs propriétés respectives.
Le premier habitant de Lachute, comté d’Argenteuil, fut un Américain du Vermont du nom de Clarke qui s’établit avec sa famille en pleine forêt vierge en 1796. Dès 1801, la première école ouverte dans cette région abritait une quarantaine d’enfants.
En 1799, le capitaine Robertson reçut deux mille acres de terres sur la rivière la Lièvre canton de Buckingham, et avec lui plusieurs autres soldats réformés s’établirent sur la même rivière.
En 1804, l’Hon. Jos. Papineau acheta du Séminaire de Québec la seigneurie de la Petite Nation sur laquelle il s’établit en 1810. Il était le seul catholique et Canadien-français de la région.
Il est temps de parler du plus illustre des pionniers de l’époque.
Un Anglais venu de Massachussets, Philémon Wright, conçut l’idée de fonder une colonie dans notre vallée. Une route conduisait alors de Montréal au Long Sault. Là commençait la forêt vierge, sans autre chemin que la rivière \
Philémon Wright remonta donc l’Ottawa jusqu’au pied de la Chaudière. Il obtint, le 22 mars 1801, une patente d’un quart de canton, à 80 milles de tout lieu habité, et fonda un établissement auquel, en souvenir de sa patrie, il donna le nom de Hull. Cet homme doué d’une indomptable